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Ecrivains - Littérateurs - Romanciers

DEBROKA Maurice (1885-1973)

91eme division
vendredi 6 janvier 2017.
 

Ecrivain français

Maurice Dekobra, pseudonyme d’Ernest-Maurice Tessier, voit le jour le 26 mai 1885 à Paris (10e arr.)

Décédé à Paris (18e arr.) le 1er juin 1973.

Romancier, journaliste, grand reporter et traducteur français.

Jeune, dès l’âge de 17 ans, et après son baccalauréat, il voyage et vit à l’étranger (Allemagne d’abord, puis Angleterre). Il commence à écrire pour des journaux, effectue son service militaire, et repart découvrir le monde.

En 1914, il revient en France pour rejoindre l’armée. En effet, polyglotte, depuis avril 1913 il était officier interprète de 3e classe de réserve. Il fait une grande partie de la guerre au côté des troupes britanniques et américaines.

Après le conflit, la période de l’entre-deux-guerres va être celle de ses premiers livres, qui vont connaître rapidement un immense succès. Sa rencontre avec l’éditeur Baudinière est déterminante. Ce dernier va mettre au point avec Maurice Dekobra une véritable entreprise de marketing littéraire.

C’est avec Dekobra que l’on verra pour la première fois des livres vendus comme des évènements exceptionnels (campagne d’affiches, librairies ouvertes à minuit, etc.). La Madone des Sleepings est vendue à trois cent mille exemplaires dans l’année.

Dekobra est le père de la littérature cosmopolite, qui se partageait l’imaginaire des lecteurs avec le mouvement surréaliste. Il est l’écrivain français le plus lu de l’entre-deux-guerres. Il vendra plus de 90 millions de livres et sera une véritable star mondiale. Pour faire signer un livre par Dekobra à New-York, au Waldorf-Astoria, il fallait faire jusqu’à 6 kilomètres de queue...

Voyageur, il rapporte généralement deux livres de ses périples : un livre de voyage et un roman. Il est un des premiers écrivains à écrire ses romans avec une véritable précision géographique. Il est à ce titre l’inventeur d’un nouveau type de littérature.

On pense qu’il a été un des inspirateurs du Tintin de Hergé. Il émigre aux États-Unis en 1940. De retour en France, il se lance, avec une certaine réussite, dans l’écriture de romans policiers. Mais c’est sous un pseudonyme qu’il obtiendra le Prix du Quai des Orfèvres en 1951.

Membre de la Société des gens de lettres, de la Société des auteurs dramatiques, du Syndicat des journalistes et de l’Association des journalistes parisiens, il était officier de la Légion d’honneur depuis août 1935 (et chevalier depuis mars 1925)4.

Il connut un succès international avec le plus célèbre de ses romans, La Madone des sleepings, paru en 1925 (et adapté deux fois au cinéma). Un autre de ses succès, Macao, l’enfer du jeu, paru en 1938, fut porté à l’écran par Jean Delannoy avec Erich von Stroheim dans le rôle de Werner von Krall.

Le style dans La Madone des Sleepings :

L’académicien Dominique Fernandez a lu Maurice Dekobra et analysé son style :

« Le titre ridicule, la réputation déplorable de l’auteur, l’éviction de son nom des histoires de la littérature et des dictionnaires, tout dissuaderait de rouvrir un tel livre. Pourtant, ce n’est pas si mauvais. À la différence de Victor Margueritte, dont le succès n’a été que de scandale, Dekobra est un écrivain. On a beaucoup de plaisir et d’intérêt à le lire, et pas seulement à cause d’une intrigue bien faite. (...) Ce qui est le plus à mettre au crédit de Dekobra, c’est le changement d’écriture dans cette seconde partie. Le voilà sobre, tout à coup, économe, comme s’il avait compris que sa virtuosité langagière serait ici déplacée. Car son style naturel, pour ainsi dire, c’est l’ornementation, la pointe, la préciosité, le chic mondain, qualités qui font mouche dans la première partie. (...) Dekobra cite Alexandre Blok et Vladimir Maïakovski, mais ses références sont plutôt du côté de Paris-Match de l’époque. Sauf qu’il est capable de soutenir au fil des pages ce style brillant et persifleur, qu’on admire quand on le trouve chez un Aldous Huxley, un Paul Morand.

"J’avoue ne m’être jamais trouvé dans un cas plus baroque", dit le narrateur (...). Le mot et la notion de « baroque » étaient alors en plein discrédit, rappelons-le. L’esthétique puritaine de La Nouvelle Revue française proscrivait les fanfreluches et les paillettes. Il est possible que Dekobra n’ait pas été mû seulement par la recherche du succès populaire, et qu’il ait voulu réagir contre cette sorte de grisaille qui menaçait le roman français et le condamnerait quand il serait tombé aux mains d’épigones moins doués qu’André Gide.

Seulement, il s’est trompé en croyant écrire un roman « baroque ». Amusant, scintillant, tant qu’on veut, mais ne ressortissant, comme les châteaux de Louis II en Bavière, qu’à ce genre inférieur qu’est le kitsch. Il y flotte comme un écho de toutes les choses drôles, piquantes et tarabiscotées qu’on échange dans les salons entre gens d’esprit. reste que, dans cette branche secondaire de l’art de raconter, on ne peut dénier à Dekobra le talent"6. »

Œuvres :

Sources : Wikipédia et divers (2017)

Archives numérisées de l’état civil de Paris, acte de naissance no 10/2341/1885, avec mention marginale du décès. Autre mention : par décret du Président de la République du 13 novembre 1929, est autorisé à ajouter à son nom patronymique celui de Dekobra (consulté le 13 décembre 2012)

Annuaire de l’armée française pour 1914, Paris, Berger-Levrault, 1914, 2041 p.

Dominique Fernandez, L’art de raconter, 2007 [archive].

Archives nationales, dossiers de Légion d’honneur, cote 19800035/1192/37842 (consultable sur internet via la base leonore).

La Garçonne, 1922.

Dominique Fernandez, ’L’art de raconter, 2006 [archive].

« Bibliothèque nationale de France catalogue général » [archive] (consulté le 12 janvier 2013)