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Peintres - Dessinateurs - Illustrateurs

DUBUFE Guillaume Edouard Marie (1853-1909)

10eme division (1ere ligne, chemin du Père éternel)
mercredi 17 mai 2006.
 

Peintre portraitiste et décorateur

Guillaume, Edouard, Marie Dubufe dont le nom est parfois orthographié Dubuffe (1853-1909) est un peintre décorateur et sculpteur Français, né à Paris le 16 mai 1853 et décédé en mer à Buenos Aires Argentine en 1909.

Fils du peintre Édouard Louis Dubufe et de Juliette Dubufe née Zimmermann, sculpteur, il voit le jour à Paris, entouré de son grand-père paternel également peintre ; Claude Marie Paul Dubufe et de son oncle maternel, le compositeur Charles Gounod (1818-1893) qui avait épousé en 1852, Maria Zimmermann la soeur de sa mère, dont le père était un pianiste renommé.

Élève tout d’abord de son père et de sa mère qui lui enseigne la sculpture, il poursuivra sa formation avec Alexis Joseph Mazerolle (1826-1889).

En 1875 il épouse Cécile Woog et le couple aura 5 enfants, dont Juliette Dubufe-Wehrlé, qui devient peintre à son tour. Il rachète à un peintre qui l’avait fait construire en 1878, un hôtel particulier au 43 Avenue de Villiers à Paris XVIIè. Sa nièce Mme Jules Henner fera l’acquisition à sa demande de cette demeure et la transformera en musée en 1921, avant d’en faire don à l’État en 1926.

En 1885 il décore le plafond du foyer de la Comédie-Française.

La famille fait de longs séjours dans leur grande villa d’Anacapri dans l’Ile de Capri en Italie, ou Guillaume réalise des tableaux représentant sa maison et qui seront exposés en 1906 à la Galerie Georges Petit.

Il semble qu’il y travailla de 1888 à 1890 à une série de grands tableaux sur la Vierge Marie. En 1891 Il réalise la décoration des plafond de la galerie Lobau à l’Hôtel de ville de Paris et de la salle des fêtes du Palais de l’Élysée en 1894, de la Bibliothèque de la Sorbonne en 1896. Cette même année il conçoit et réalise le décor pour le Salon National des Beaux-Arts de Paris.

Ami de Auguste Rodin avec lequel il échange une correspondance, ou ce dernier lui recommande de faire quelque chose pour repêcher Cécile Desliens qui vient d’être refusée au Salon au grand désespoir de Monsieur Turquet, alors que sa sœur Marie Desliens a été acceptée.

Monsieur Dervillé, en 1900 Directeur de la Société des Chemins de Fer ; Paris-Lyon-Méditerranée, (PLM), lui passe commande ainsi qu’à plusieurs autres peintres, d’un tableau pour la décoration de la Grande Salle du restaurant de la Gare de Lyon à Paris ; " Le Train Bleu " sous le contrôle de l’architecte Marius Toudoire en charge de la surveillance de la décoration le sujet en sera la représentation de la ville de " Lyon ".

Son confrère et ami Émile Friant (1863-1932), fait son portrait en 1905 qu’il lui dédicace. Ce tableau est conservé au Musée d’Orsay (Inv n°RF1982-7).

Il réalise de 1906 à 1909 la décoration de l’ Hôtel de Ville de Saint-Mandé en compagnie d’Édouard Rosset-Granger [7]. Et expose cette année là en compagnie de sa fille Juliette Dubufe-Wehrlé au Salon de la Société nationale des beaux-arts, une aquarelle L’Amour et Psyché alors qu’elle présente trois oeuvres miniatures et pastels.

C’est son ami le sculpteur Albert Bartholomé qui est chargé par un comité s’occupant de l’érection du tombeau de l’artiste, de réaliser la sculpture, l’ornant de Juillet 1910 à Mars 1912, après sa disparition en mer au large de Buenos-Aires.

Le monument a été fait par l’architecte Jean-Guillaume Formigé en 1902

Revue de presse (Rubrique nécrologique)

24 mai 1909. Mort en mer, au large de Buenos Aires, du peintre Guillaume Dubufe.

[ Une dépêche de Rio deJaneiro annonce la mort de M. Guillaume Dubufe, secrétaire de la Société nationale des beaux-arts, à bord du bateau qui le transportait à Buenos Aires. Il est mort en vue des côtes du Brésil.

M. Dubufe, ainsi qu’il l’avait fait l’année dernière à Londres, se rendait a Buenos Aires pour y organiser un Salon français. Le corps, mis en bière à bord du paquebot, est emmené à Buenos Aires, où va le bateau, et sera ramené en France dans le courant de juin.

C’est pendant une séance de la délégation, réunie pour nommer les sociétaires nouveaux, que la Société nationale a reçu la nouvelle de la mort de Guillaume Dubufe. On sait la rôle rempli par Dubufe dans l’organisation des Salons de la Société. Cette mort brutale a causé le plus grand chagrin à tous ses confrères. La séance a été immédiatement levée en signe de deuil.

M. Guillaume Dubufe était né le 16 mai 1853 à Paris. On sait qu’il appartenait à une famille d’artistes. Son grand-père,Claude Marie, né en 1791 et mort en 1864, fut élève de David et obtint en 1810 un grand sucées avec son envoi au Salon : « Un Romain se laissant mourir de faim avec sa famille, plutôt que de toucher à un dépôt d’argent qui lui a été confié. ». Son père, Edouard, né en 1819, élève de Delaroche, fut connu comme portraitiste ; il avait fait le portrait de l’impératrice, de Mme Rouher, de Rosa Ronheur, d’Alexandre Dumas, d’Emile Augier, etc. La mère de Guillaume Dubufe, née Zimmermann, fut aussi un sculpteur de talent ; elle eut une médaille au Salon de 1812.

Guillaume Dubufe trouva le succès dès ses débuts ; il obtint une médaille au Salon de 1877 où il exposa pour la première fois. L’année suivante il eut une médaille de seconde classe ; en 1889, il recevait une médaille d’or et la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. En 1900, il obtenait la croix d’officier.

Guillaume Dubufe avait exécuté dé nombreuses commandes de décorations pour des monuments publics ou des hôtels particuliers. C’est ainsi qu’il fit, à l’intention du Conservatoire reconstruit, la Musique profane et la Musique sacrée, deux vastes toiles exposées aujourd’hui au musée d’Amiens ; un plafond qui fut placé, il y a quelque vingt ans, dans le foyer du public de la Comédie Française ; les apothéoses de Puvis de Chavannes et de Gounod, dont il était le parent ; d’autres peintures allégoriques pour la nouvelle Sorbonne, le palais de l’Elysée, l’Hôtel de Ville de Paris, etc.

Il s’était aussi fait connaître comme critique d’art et avait publié à la la Revue des Deux Mondes, à la Nouvelle Revue, des Etudes de critique artistique et, récemment, un livre d’esthétique intitulé la Valeur de l’Art.

Secrétaire trésorier de la Société nationale des beaux-arts, Guillaume Dubufe était encore président de la Société des aquarellistes français et président d’honneur de la Sociétés des décorateurs.

Il laisse deux filles, dont l’une est mariée et s’est fait connaître aussi par ses tableaux exposés aux derniers Salons. ]

Source : Journal des débats politiques et littéraires, édition du 29 mai 1909.