Navigation







Dessinateurs - Peintres - Décorateurs - Illustrateurs

STATZINSKY Vitaly (1928-2010)

28eme division
mardi 9 août 2016.
 

Dessinateur et conteur

Vitaly Statzynsky voit le jour le 6 octobre 1928 à Kzyl-Orda en Asie Centrale (Russie), il a fait l’Ecole des beaux-art de Moscou avant de devenir le directeur artistique du journal humoristique pour enfants Les Gaies images (9 millions d’exemplaires) et de Kolobok.

Il collabore régulièrement, en tant que graphiste, avec de nombreuses maisons d’éditions russes tout en en faisant de la peinture, des eaux fortes et de la lithographie dans son atelier.

Membre de l’Union des Peintres de l’URSS en 1978 dont il sera exclu jusqu’en 1998 à la suite d’une demande d’émigration.

Collaborateur comme graphiste et illustrateur de nombreuses maisons russes et françaises (La Pensée russe, Ymca-Presse, Le Bavard russe, Mirt, Syntaxis, Magnard Ipomée, Albin-Michel) et américaine (Antiquary).

Installé à Provins, après avoir résidé de longues années à Paris, il est décédé en novembre 2010.

Au revoir Vitaly... (Extraits)

"Petit-Âne ne redescendra pas du ciel. Ce n’est pas faute pour Vitaly Statzynsky et son ami l’ourson de l’avoir attendu...

Combien de fois ne l’ont-ils pas vu naviguer dans son bateau-lune au beau milieu de la nuit ? Alors de guerre lasse, c’est Vitaly qui s’en est allé, danser avec lui et Kolobok au milieu des étoiles.

Il n’a pas attendu la nuit. Il vient de partir par ce beau matin d’automne. L’occasion était trop belle, c’est celui de tous les saints.

Espérons qu’il n’a pas emporté avec lui cette petite écharde qui s’était plantée dans son cœur, il y a quelques années de cela, lorsque Petit-Âne s’envola entre ciel et terre pour ne pas revenir alors qu’il l’attendait fermement avec ses crayons et ses couleurs.

Allons ! Aurais-je oublié que Vitaly, pressentant sans doute qu’on ne lui donnerait pas le temps d‘en conter la suite, avait, pour finir, coupé d’un coup de son pinceau magique, la corde qui fit tant couler d’encre ?

Mais qui s’en aperçut ?

Sans aucun doute ces tout-petits qu’il captivait par ses dessins et son rire un peu cassé tout en s’obstinant à conter, dans sa langue natale, les mésaventures de Kolobok, du Renard, du Lièvre et du Coq, comptant sur Tatiana pour traduire, si d’aventure les images ne se suffisaient pas.

Dessinateur et coloriste talentueux certes, mais cabotin en diable et têtu ! Quand il avait dit : « C’est Russe ! » Il n’y avait plus rien à ajouter car, à ce moment-là tout au fond de son regard, à la fois malicieux et perçant, on voyait briller des étoiles.

Son père, ministre de la santé, fut fusillé sous Staline, sa mère, professeur de médecine spécialiste en ophtalmologie, fut condamnée à exercer son art dans des conditions misérables où elle ne disposa plus des moyens qu’elle méritait. Adolescent, il connut la prison « pour avoir volé une pomme » avant de devenir le célèbre dessinateur reconnu à Moscou et par la presse étrangère. Il créa Kolobok, un journal destiné aux enfants tiré à plus d’un million d’exemplaires. Mais son art, considéré comme « anti-soviétique », ne plaît pas au régime. Privé de nationalité soviétique, exclu de l’Union des peintres de l’URSS, il quitte le pays en 1978. Après maintes tribulations, il parvient à Lyon où il retrouva et sa sœur et quelques amis. Arrivé là, il n’hésita à se faire engager dans une entreprise sans connaître un seul mot de Français. Inutile de préciser que l’expérience ne dura pas longtemps.

À Paris, il fut accueilli à la cité des Arts où il séjourna pendant deux ans avant de s’installer au 17 rue des Orteaux. Là se retrouvaient pour boire chanter, rêver et pleurer, peintres, dessinateurs, écrivains, musiciens, chanteurs, cinéastes, champion d’échecs - je pense à Spastky - amis de passage venus le saluer depuis son pays natal.

Apatride, il acquit la nationalité française en 1999 ainsi que son épouse Tatiana rencontrée à Moscou après la chute du mur. Il retrouva en 2000 sa nationalité russe."

Bibliographie sélective :

Kolobok, le petit pain rond, conte populaire russe, 5-7 ans, éd. Ipomée, 1984.

Hop, hop, hop ! par le chemin, conte populaire russe, 5-7 ans, éd. Ipomée, 1987.

Le renard, le lièvre et le coq, conte populaire russe, 5-8 ans, éd. Ipomée, 1990.

Pin Pin le pingouin, 8-14 ans, [M. KISSELIOVA], éd. Ipomée Albin Michel, 1991.

Petit Âne, 8-12 ans, [Serge KOSLOV], éd. Ipomée Albin Michel, 1995.

Sources : Vitaly Statzynsky

(APPL 2016)