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Révolution et Empire

PAJOL Pierre Claude (1772-1844)

35eme division (transféré)
mercredi 17 mai 2006.
 

Une grande figure de la cavalerie légère

Pierre Claude Pajot dit aussi Pajol est né à Besançon le 3 février 1772. Il est issu d’une famille de la haute bourgeoisie, il suit tout d’abord des études de droit avant d’intégrer la Garde Nationale comme volontaire en 1789. Cet engagement le conduira jusqu’à devenir une grande figure de la cavalerie légère du premier Empire.

Pajol s’engage le 21 août 1791, dans le 1er bataillon des Volontaires du Doubs. Il est très vite élu sergent-major de la compagnie des grenadiers. Il passe sous-lieutenant le 12 janvier 1792, au 82eme régiment d’infanterie (ex régiment de Saintonge). Il est blessé en compagnie du général Custine devant Spire le 30 septembre de la même année. Au cours du siège de Mayence, en 1793, il est à nouveau blessé. Pajol est fait prisonnier, il est libéré lors de la capitulation de la ville, il revient alors se soigner à Besançon.

Le 12 mai 1794, il est nommé capitaine à l’armée de Sambre-et-Meuse, puis devient aide de camp du général Kléber. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec Michel Ney futur maréchal et duc d’Elchingen, alors adjudant-général dans le même état major. Il passe ensuite au 4eme Hussards à l’armée de Mayence avec le grade de chef de bataillon, en 1797, puis il gagne l’armée du Danube. Il est de nouveau fait prisonnier en mai 1799, à Winterthur, et dépouillé de son uniforme par les austro-russes. Il parvient à se libérer, rejoint son escadron et repart à l’assaut, en simple chemise. Cette action d’éclat lui vaut d’être nommé chef de brigade. Il prend le commandement du 6eme régiment de Hussards.

Sa carrière sous l’Empire est exemplaire. Il est à l’armée du Rhin en 1800, et en 1805, il rejoint le 2e corps de Marmont dans la division de cavalerie du général de Lacoste avant de passer sous les ordres du maréchal Davout. Il rejoint la Grande Armée à Elbing, en 1807. Il est nommé là général de brigade à la tête de « L’Infernale », la première brigade de la division du général Lasalle (5e et 7e Hussards et 3e Chasseurs). Pajol se distingue à Gutsdadt, Heilsberg et Koenisberg. Il est fait baron de l’Empire le 19 mars 1808. Il est alors stationné en Autriche. Il se couvre de gloire à Eckmühl au sein de la division du général Montbrun, il combat aussi à Wagram le 6 juillet.

Puis c’est la campagne de Russie en 1812. Pajol est au 1er corps du maréchal Davout, sa brigade regroupe le 2e Chasseurs à cheval et de Lanciers Polonais. Il est nommé général de division après Mohilev et Soltanowska. Il se distingue à la bataille de la Moskowa les 5 et 7 septembre 1812, aux côtés de Montbrun lorsque ce dernier est frappé a mort par un boulet. A son tour, Pajol est grièvement blessé le 9 septembre 1812, à son poste et est remplacé par Exelmans.

Rentré en France en convalescence, Pajol ne rejoint sa division qu’en mai 1813, qui est intégrée au 14e corps du maréchal Gouvion Saint-Cyr. Il obtient une belle victoire à Dresde les 26 et 27 août. Il combat ensuite à Leipzig à la tête du 5e corps de cavalerie incorporant la division légère de Subervie et les Dragons de Lhéritier et Milhaud. Mais, il est de nouveau blessé à Leipzig et est évacué en France. Il est fait comte de l’Empire le 25 novembre 1813. En 1814, pendant l’invasion de la France par les alliés, il est chargé de défendre la vallée de la Seine. Il effectue une charge restée célèbre à Montereau et citée dans les annales.

Au retour des Bourbons, sous la première Restauration, grâce à l’appui de son beau-père le maréchal Oudinot, il se voit confier une division de cavalerie, mais qui sera dissoute en 1815. Pendant le retour de l’Aigle, sous les Cent-Jours, Pajol reçoit le commandement de l’armée de la Loire, puis de la cavalerie de Vendée et enfin du 1er corps de cavalerie de l’armée du Nord. Il combat à Ligny, sous Grouchy, puis à Limal et à Wavre, il couvre la retraite de l’armée sur la Loire. A la seconde Restauration son hostilité au Roi Louis XVIII, le contraint à prendre sa retraite à sa demande) à la fin 1815, il entame alors une carrière d’industriel. Après les Trois Glorieuses en 1830, Louis Philippe le rappelle et le nomme Gouverneur de Paris, puis Pair de France en 1831. Pierre Claude Pajol est mort à Paris le 20 mars 1844. Il était titulaire de la Grand-Croix de la légion d’Honneur, chevalier de Saint-Louis,chevalier de l’ordre du Mérite de Bavière. Son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe. Avec lui repose son épouse fille du maréchal Oudinot duc de Reggio.