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Faits divers - Crimes - Grands procès - Affaires célèbres

CAILLAUX Henriette (1874-1943)

58eme division (1ere ligne)
lundi 15 mai 2006.
 

L’assassinat du directeur du Figaro

Henriette Caillaux, personnage bien oublié aujourd’hui, défraya la chronique en 1914 en assassinant de plusieurs coups de feu Gaston Calmette alors directeur du journal le Figaro. Cette affaire fit grand bruit à son époque, le procès fut retentissant et son épilogue assez surprenant. Je dois à Bertrand Beyern la redécouverte de cette femme hors du commun, ainsi que celle de sa sépulture au Père Lachaise.....

Henriette Caillaux, née Henriette Raynouard est née en 1874. Epouse légitime de Joseph Caillaux, elle vécu avec lui une liaison amoureuse bien avant leur union alors qu’il était encore marié. Il l’épousa dès son divorce prononcé.

Joseph Caillaux, exerçait la fonction de Ministre des Finances dans le gouvernement du cabinet Doumergue, lorsqu’il eut à subir des attaques politiques virulentes orchestrées par ses adversaires Aristide Briand et Louis Barthou. Ces derniers, bien décidés à en finir avec lui ont chargé Gaston Calmette (1858-1914), directeur du journal Le Figaro, d’organiser l’offensive ; ils veulent abattre Caillaux qui selon eux menace le capital et surtout, ils l’accusent de germanophilie et d’intelligence avec cette puissance. Ce serait pour ce duo la fin de la politique de fermeté prônée par le président Poincaré.

Calmette n’hésite pas un instant à faire paraître dans les colonnes du Figaro des courriers échangés par Joseph Caillaux et Mme Caillaux rédigées avant leur mariage et pendant leur liaison. L’origine de ses lettres provient de Mme Geydan, première épouse de J. Caillaux, possédant par devers elle une correspondance de son mari avec sa maîtresse. Mme Caillaux est persuadée que G. Calmette n’hésitera pas à se servir de ces courriers contre son mari et son honneur. Elle pense aussi au futur mariage de sa fille qui risque d’être compromis, ainsi que sa présentation la cour d’Angleterre.

Mme Caillaux, bien décidée à défendre sa réputation et celle de son mari, prend rendez vous le 16 mars 1914 avec Calmette, au Figaro même, après quelques mots échangés, elle tire à bout portant sur le directeur du journal, lui loge deux balles dans les jambes, deux dans le ventre et une dans la poitrine. Calmette, transporté à l’hôpital décède quelques heures après, les deux balles reçues dans le ventre sont à l’origine de son décès. Il semble que les secours aient été mal dirigés, mal prodigués ce qui aurait causé immanquablement son trépas.

L’émotion dans le pays est à son comble. Dans le procès qui s’ensuit, Mme Caillaux plaide coupable. Fait exceptionnel, le président de la République est cité à comparaître, bon nombre de personnalités sont astreintes au même régime.

Les lettres produites au procès ne contiennent rien de politique, les soit disant révélations de G. Calmette se rapportent à une affaire de financier plus ou moins véreux, prétendument protégé par Caillaux.

A cette époque, le féminisme commence tout juste à entrer et à poser son empreinte sur la société française, la défense, très habile, en la personne de Maître Fernand Labori (1860-1917), ancien défenseur de Dreyfus et de Zola, exploite les stéréotypes encore bien ancrés dans les mœurs.

Le jury est convaincu que le crime n’est pas le fait d’un acte prémédité mais d’un réflexe féminin incontrôlé, transformant le crime mûrement préparé en crime passionnel. F. Labori obtient ainsi l’acquittement de sa cliente le 28 juillet 1914.

Mais le scandale oblige J. Caillaux à démissionner de son mandat, ce qui arrange Poincaré et ses amis et donne indirectement raison à G. Calmette. Le couple voyagera beaucoup. Joseph Caillaux et son épouse ne finiront pas leurs jours ensemble, c’est séparé de son mari qu’elle s’éteint en 1943.

Elle repose dans la chapelle Raynouard dans la 58e division.

Sources : Wiki et divers (APPL 2015)