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Hommes politiques - Représentants du peuple - Ministres

SCHOELCHER Victor (1804-1893)

50eme division (1ere ligne, R, 17)
jeudi 11 mai 2006.
 

L’abolition de l’esclavage en 1848

La date du 10 mai a été choisie par le président de la république, comme journée du souvenir de l’esclavage. Cette tare de l’humanité au même titre que la peine de mort ou les génocides perpétrés au XXe siècle, doit être rappelée et condamnée. Des millions d’hommes de femmes et d’enfants ont été déracinés, déportés, avilis humainement dans leur chair et dans leur esprit. C’est la plus grande migration forcée.

Ils voyageaient dans des conditions abominables, souvent beaucoup mouraient avant le terme du voyage. Nos sociétés ont jeté longtemps un voile qui se voulait pudique, sur ces pratiques barbares. Dans notre pays, comme dans d’autres pays européens, des villes portuaires doivent leur richesse et leur situation à la traite négrière, au commerce de « bois d’ébène ». Victor Schoelcher ardent défenseur des droits de la femme, adversaire résolu de la peine de mort, fut l’initiateur du décret abolissant définitivement l’esclavage en France.

Victor Schoelcher est né le 22 juillet 1804 à Paris. Sa famille est originaire de Fessenheim en Alsace. Son père est un porcelainier de renom. Le jeune Victor est jugé désoeuvré par ce dernier qui l’envoie faire un séjour au Mexique pour affaires en 1830. Au cours de sa visite à Cuba, il est épouvanté et révolté par le sort des esclaves. Dès son retour en France, il publie des articles, des ouvrages, il multiplie les déplacements d’information, interpelle les élus et adhère à la Société pour l’abolition de l’esclavage. Cette lutte sera le but de son existence.

A la Révolution de 1848, il est nommé dans le Gouvernement provisoire comme Sous-secrétaire d’état à la Marine et aux colonies par le ministre François Arago. Il contribue, grâce à son poste, à faire adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage dans les Colonies. Le décret est signé par tous les membres du gouvernement. Il est député de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1848 et 1850, il siège à gauche.

Schoelcher, en tant que président de la commission d’abolition de l’esclavage, est l’initiateur du décret du 27 avril 1848 abolissant définitivement l’esclavage en France et dans ses colonies. Déjà, l’esclavage avait été aboli en France à l’initiative de l’Abbé Henri Grégoire, pendant la Révolution Française (4 février 1794, 16 pluviôse an II), puis rétabli par Bonaparte en 1802. La France est le seul pays à avoir par deux fois aboli l’esclavage.

Schoelcher est un ardent républicain, il est proscrit durant le Second Empire par le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte. Il s’exile d’abord en Angleterre où il a de fréquents contacts avec son ami Victor Hugo. Il revient en France en 1870 après la défaite de Sedan et la capture de l’Empereur Napoléon III. Après l’abdication de ce dernier, il est réélu député de la Martinique à l’assemblée Nationale en 1871. Il est élu sénateur inamovible en 1875.

Victor Schoelcher est demeuré célibataire toute sa vie et n’a pas eu d’enfant, à la fin de sa vie, il décida de donner tous ses biens. Victor Schoelcher est décédé à Houilles le 25 décembre 1893. Sa dépouille et celle de son père ont été transférées au Panthéon le 20 mai 1949 en même temps que la dépouille mortelle de Félix Eboué, premier noir à avoir les honneurs de cette nécropole.