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Hommes politiques - Représentants du Peuple - Ministres

BARTHOU Louis (1862-1934)

11ème division (1ere ligne)
mardi 19 juillet 2005.
 

Homme politique français

A quelques encablures de Talma, dans la 11ème division, se trouve le sarcophage à l’antique de Louis Barthou. Injustement oublié, la chronique de ce numéro se propose d’en rappeler le souvenir. Béarnais issu d’un milieu modeste, avocat de formation, Louis Barthou fut également journaliste et auteur (de livres d’histoire mais également de littérature). Républicain modéré, sa carrière politique fut précoce puisqu’il fut élu député à 27 ans, et ministre à 32. Il entra à l’Académie française en 1918.

Son allure bonhomme, qui n’est pas sans rappeler celle d’Erik Satie, dont il était un contemporain, ne doit pas dissimuler l’intelligence remarquable dont il fit preuve : en bien des points, Louis Barthou fut un visionnaire malheureusement peu écouté. Le combat de sa vie, dans les divers ministères qu’il occupa, fut celui de contrecarrer les plans d’une Allemagne expansionniste et belliqueuse. En 1913, il fut un éphémère président du Conseil qui fit voter la loi qui porta à trois ans le service militaire, face à l’Allemagne menaçante. Le fait qu’il perdit son fils au front au début de la guerre ne fut pas sans influer sur son évolution politique.

Marseille, 9 octobre 1934, attentat contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie et Louis Barthou. Monté sur le marchepied, l’assassin est frappé par le colonel Piolett.

Personnage incontournable des années 20, il ne cessa de rappeler, dans un contexte pacifique où tout devait inciter au rapprochement franco-allemand, que l’Allemagne demeurait un danger pour la France. Face à Hitler, il était prêt au rapprochement avec l’Italie mussolinienne. Sa politique n’eut alors qu’une priorité : constituer un vaste réseau d’alliances destiné à isoler l’Allemagne.

Il oeuvra au rapprochement des Etats d’Europe centrale, son but étant d’établir un glacis protecteur tout autour de notre remuant voisin. Dans cette logique, il reçut à Marseille en octobre 1934 le roi Alexandre de Yougoslavie.

Tous deux tombèrent sous les balles d’un terroriste croate. On raconte que, dans la panique, les soins se portant sur le souverain, on négligea Barthou qui mourut peu après.

Les conséquences de sa mort furent considérables : avec lui périt la politique de méfiance. Pierre Laval qui le remplaça mena une politique inverse : conciliant avec l’Allemagne, il négligea les appels de Mussolini, poussant ce dernier, dépité par les « démocraties pacifiques », à se rapprocher d’Hitler.

Obsèques de Louis Barthou (Gallica - BNF)

Plus rien ne pouvait empêcher la marche à la guerre. Face au danger allemand, Louis Barthou fut en quelque sorte un De Gaulle au destin brisé.

tombe de Louis Barthou - 67.5 ko

tombe de Louis Barthou

Philippe Landru

Crédut photos : P. Landru/Annie_photos (APPL 2008)

Photo obsèques de Louis Barthou (Gallica - BNF) Thierry Engels (APPL 2017)

(APPL 2017)