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LAURENCIN Marie (1885-1956)

88eme division
lundi 8 mai 2006.
 

La Dame du cubisme

Marie Laurencin est née le 31 octobre 1883 à Paris de père inconnu. Ce peintre français expose pour la première fois en 1907 au Salon des Indépendants.

Cette même année, elle fait la connaissance de Guillaume Apollinaire par l’intermédiaire de Pablo Picasso. De cette rencontre va naître une liaison aussi passionnée que tumultueuse, avec des hauts et des bas, périodes d’embellies succédant à un état de quasi rupture.

Cette liaison dure jusqu’en 1912. En 1913, elle rencontre le baron Otto von Wätjen qu’elle épouse l’année suivante. Le couple s’exile en Espagne dès la déclaration de la guerre de 1914. Tout d’abords installés à Madrid puis ensuite à Barcelone.

Elle s’associe alors avec d’autres artistes parmi lesquels Sonia et Robert Delaunay, grâce à une rencontre organisée par Francis Picabia dont elle compose des poèmes pour la revue d’art en 1917. En 1920, elle est de retour à Paris.

Au début du XXe siècle, l’art de Marie Laurencin s’épanouit et se fond à l’ombre de Guillaume Apollinaire, ils sont alors indissociables comme le furent Rodin et Camille Claudel.

Comme telle, elle est considérée comme une muse passive de l’art cubiste au talent limité. C’est tout d’abord par la poésie que Marie Laurencin fait la connaissance de Picasso et Apollinaire.

Elle fréquente ensuite les ateliers de compagnonnage, le Bateau Lavoir, habité par Braque et Picasso. Cet immeuble de planches reçoit depuis 1904 des poètes comme Max Jacob, Guillaume Apollinaire, des critiques comme Maurice Raynal, André Salmon, des amateurs d’art comme Gertrude et Léo Stein, Princet et des marchands comme Kahnweiler et des comédiens comme Dullin, Harry Baur.

Il y aussi La Ruche où Fernand Léger partage son atelier avec André Mare, bientôt rejoint par le sculpteur Brancusi. Et puis il y a la Closerie des Lilas, cercle des cubistes comme Gleires, Metzinger, Le Fauconnier, Delaunnay et l’écrivain Roger Allard. Ces lieux devenus mythiques deviennent des chapelles qui parviennent à une certaine cohésion, mais bientôt, des failles se forment.

Marie Laurencin réussit le tour de force d’être acceptée dans toutes ces chapelles. Elle représente dans ce début de siècle régit de façon machiste par les hommes à se poser en femme. Professionnelle.

Elle est adoptée par tous les hommes des ateliers de compagnonnage par son talent. Marie Laurencin a commencé à peindre en 1902, cinq années avant sa rencontre avec Apollinaire et Picasso, mettant ainsi un terme aux allégations calomnieuses qui annonce ses débuts de peintre en 1908, année de la fameuse rencontre illustrée par son tableau le plus connu : Apollinaire et ses amis.

Marie Laurencin est le peintre de la féminité. Les créations de mode de Jeanne Lanvin dégagent un style célébrant la féminité. Un style qui résume la féminité a dit Louise de Vilmorin. Marie Laurencin à l’écoute de toute nouveauté, toute création, fait le tableau de Coco Chanel.

Dans ses tableaux, Marie Laurencin évolue vers un registre plus charmeur, axée sur une sélection de couleurs raffinées et toujours tendres. Elle privilégie la nuance plutôt que l’expression. Sa peinture évoque sans se lasser des jeunes filles qui ressemblent à des anges, ou des anges empreints de coquetterie.

C’est avec beaucoup de chagrin qu’elle apprend la mort de Guillaume Apollinaire en 1918. Plus jamais il ne frappera à sa porte en pleurant. Elle divorce de son mari von Wätjen en 1921.

Avec Jean Cocteau et Christian Bérard, elle décore le ballet Paul et Virginie créé par le chorégraphe Roland Petit en 1934 et d’Orphée et Eurydice. On lui doit également beaucoup d’aquarelles, des gravures, des eaux-fortes et des bois, notamment dans l’illustration, La Tentative amoureuse d’André Gide.

Elle réussit à inspirer par ses décors un argument de ballet, Les Biches en 1924, dont la musique est de Francis Poulenc. L’œuvre est présentée à Monte Carlo puis au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

En 1923, elle réalise le portrait de Coco Chanel. Marie Laurencin prend en charge l’éducation et la responsabilité d’éduquer Suzanne Moreau, la fille d’une de ses servantes qui deviendra sa fille adoptive en 1954.

Elle publie en 1942, un recueil de poèmes Le Carnet de nuit, souvenirs de sa jeunesse et de ses débuts. Elle retrouve en 1944, son appartement parisien réquisitionné par l’occupant au cours de la seconde guerre mondiale.

Marie Laurencin est décédée le 8 juin 1956 à Paris. Elle repose au Père-Lachaise dans une robe blanche tenant une rose dans une main et dans l’autre, une lettre d’amour de Guillaume Apollinaire qui repose à quelques pas de là. Ce furent ses dernières volontés.