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Musiciens - Compositeurs - Editeurs de musique

PEZZER Raymond de (1885-1924)

86eme division
lundi 11 avril 2016.
 

Compositeur français

Raymond Fernand Pierre de Pezzer voit le jour le 21 novembre 1885 à Paris

Décédé le 5 août 1924 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques)

Raymond Fernand Pierre de Pezzer est le fils du Docteur Oscar Michel Bienvenu de Pezzer (1853-1920, inhumé au Père-Lachaise) et de Marguerite Marie Vial.

Installée vers 1895 au n° 102 de la rue de Miromesnil, il est probable que la famille de Pezzer a fréquenté le Salon de Geneviève Strauss, née Halévy (1849-1926). Fille de Fromental Halévy, elle avait épousé en 1869 et en premières noces Georges Bizet, avant de convoler en secondes noces, en 1886, avec Emile Strauss (1844-1939), l’avocat-conseil des Rothschild.

En cette fin du XIXème elle tenait son Salon siècle dans son hôtel particulier du numéro 104 de cette même rue. S’y rencontraient des artistes, écrivains, journalistes, hommes d’affaires et autres hommes politiques de renom, parmi lesquels Reynaldo Hahn, Marcel Proust, Arthur Meyer, Fernand Gregh, Robert de Flers, Henri Barbusse, Léon Blum, Georges de Porto-Riche, Paul Hervieu...

La musique était en effet à l’honneur chez le Dr. de Pezzer qui était très lié au chanteur (basse) Pierre Samson [dit Pedro] Gailhard (1848-1918), futur directeur de l’Opéra de Paris (1884 à 1891, puis 1893 à 1907) puis du Conservatoire de New York.

D’ailleurs, il donna ses prénoms à son second fils (Pierre André Samson), hélas décédé à l’âge de huit jours le 9 mars 1889. C’est ainsi que Raymond de Pezzer entreprit des études musicales au Conservatoire de Paris, tout en effectuant parallèlement des études de droit à l’Université de Paris. Avocat à la cour de Paris, en 1911 il présentait sa thèse de doctorat L’Opéra devant la loi et la jurisprudence (Paris, chez A. Manier, 148 p.).

En 1914, à la veille de la première guerre mondiale, il se présentait au Concours du Prix de Rome et obtenait, derrière Marcel Dupré, un premier Second Grand Prix, avec la cantate Psyché. Le jury, qui s’était réuni le 3 juillet, comprenait notamment Saint-Saëns parmi ses neuf membres.

En 1912 et 1913 de Pezzer s’était déjà présenté à cette épreuve et avait échoué, mais le Concours n’ayant pu se dérouler entre 1915 et 1918, il dut attendre sa reprise en 1919 pour se présenter une ultime fois. Cette-année-là, il concourait aux côtés de Marguerite Canal, Georges Becker, Jean Déré, Jacques Ibert et Marc Delmas, mais le jury de l’Académie des Beaux-Arts ne lui décerna aucune récompense !

Sous-officier d’infanterie durant la Grande Guerre, il fit partie des "compositeurs aux armées" dont des œuvres sont données, en avril 1917 au Théâtre de Monte-Carlo, au cours d’un concert dirigé par Henri Busser et organisé au bénéfice des œuvres de bienfaisance des militaires. Figuraient également des pages de Fernand Halphen (lieutenant d’infanterie), Philippe Gaubert (Sous-officier d’infanterie), Marcel Tournier (adjudant d’infanterie), André Gailhard (chef de section au 1er génie) et Claude Delvincourt (Sous-lieutenant d’infanterie). Ce dernier, présent dans la salle, était longuement applaudi pour son poème symphonique Typhon.

A partir de mars 1919, le Théâtre des Champs-Elysées, qui venait d’être repris par une nouvelle Société sous la gérance de M. Bravard, engage Raymond de Pezzer pour organiser, chaque vendredi, des séances de musique de chambre. Plus tard, en 1922, le Théâtre Femina monte sa scène lyrique sur la Judith de Béthulie et la même année, lors de l’ouverture du 12ème Salon des Musiciens Français (31 octobre), son nom apparaît dans la liste des œuvres données lors du concert dans la Salle des concerts du Conservatoire, sous le haut patronage du Président de la République et dirigé par Maxime Thomas, avec le concours de quarante solistes et de quatre-vingt choristes, (œuvres de Henry Rabaud, Georges Hue, Paul Bazelaire, Camille Chevillard, Grumbach, Hillemacher, Fernand Jouteux, Paul Ladmirault, Raymond de Pezzer, Achille Philip, Gabriel Pierné, Camille Saint-Saëns.)

Au cours des années 1920, Raymond de Pezzer faisait également paraître des mélodies chez Ricordi (23 rue de la Pépinière, Paris), notamment :

L’Ombre sur les yeux (paroles de l’auteur),

Le Cimetière ensoleillé (paroles de l’auteur),

Aubade (paroles de Samain) et Chant pastoral (paroles de Pihonys).

On lui doit aussi la musique du mystère en 1 acte et 2 tableaux de P. Gaillard et Armand Sylvestre, Le bon laboureur (Paris, C. Lévy, 1912, in-16, 13 p.)

Célibataire, domicilié avec sa mère 33 rue Erlanger à Paris XVI°, Raymond de Pezzer décède à l’âge de 37 ans, le 5 août 1924 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), dans la Villa Etchegorria où il séjournait.

Cette maison avait autrefois été habitée par Edmond Rostand, venu à Cambo-les-Bains pour soigner une pneumonie dont il s’était mal remis. De 1900 à 1906, il avait résidé dans ce lieu, avant d’habiter dans la Villa Arnaga qu’il venait de faire construire.

Denis Havard de la Montagne

Sources : Musimem.com - Denis Havard de la Montagne (Extraits)

Photo1 : Raymond de Pezzer en 1914

Photo2 : Wikimédia Commons (P-Y Beaudoin)

(APPL 2016)