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Homme d’église et homme politique

PRADT Dominique abbé de (1759-1837)

43eme division (1ere ligne, O, 21)
vendredi 5 mai 2006.
 

Député et ambassadeur à Varsovie

Dominique Frédéric de Riom de Paulhiac de Fourt de Pradt est né le 23 avril 1759 à Allanches, en Auvergne. En 789, il est grand vicaire du cardinal de la Rochefoucauld, archevêque de Rouen. La même année, il est nommé député du clergé de Normandie aux Etats Généraux. Pradt se montre à ce poste un zélé défenseur de la religion et de la monarchie. A la fin de l’Assemblée législative, il émigre prudemment en Belgique, puis se retire en Westphalie lors de l’invasion conduite par le général Dumouriez en 1792. Il ne revient à Bruxelles qu’après l’entrée des troupes autrichiennes en 1793 après la bataille de Neerwinden. Il rencontre assez souvent le comte de Mercy-Argenteau, ancien ambassadeur d’Autriche à la cour de France.

Lors de la deuxième conquête de la Belgique par les troupes française en 1794, l’abbé de Pradt se réfugie à Hambourg où il s’occupe alors de menées et de publications anti-révolutionnaires. Il publie une Biographie des hommes de la Révolution, L’Antidote au Congrès de Rastadt, La Prusse et sa neutralité en 1800 en trois volumes. Il collabore aussi au Spectateur du Nord, de Baudus.

Il est le cousin du futur grand maréchal Duroc, ce qui lui permet de rentrer en France en 1802. Grâce à l’appui de ce dernier, il est nommé aumônier du Premier Consul Napoléon Bonaparte. Lorsque ce dernier se fait sacrer Empereur, il nomme notre abbé évêque de Poitiers et baron de l’Empire. Pradt accompagne l’Empereur en Italie en 1805. Il jouit alors de la plus haute faveur. Il est informé de tous les secrets politiques de l’Empire.

Il est nommé archevêque de Malines et grand Officier de la Légion d’Honneur en 1808. Dans les démêlés entre l’Empereur et le Pape en 1811, il joue un rôle déterminant. Il tente alors de négocier un raccommodement. En 1812, il est nommé ambassadeur de l’Empire à Varsovie par Napoléon. Il rentre à Malines au début de 1813. La situation se détériore, Pradt accourt à Paris à l‘approche des troupes coalisées. Il se met en rapport avec les cercles royalistes. Au retour de Louis XVIII, il se rallie à la Restauration. Il est nommé grand chancelier de la Légion d’Honneur. Après les Cent-Jours et Waterloo, il publie l’Histoire de l’ambassade dans le Grand duché de Varsovie. Cet ouvrage connaît un grand succès, l’Empereur déchu y consacre des notes de son exil de Saint Hélène.

Mais, ce personnage est très complexe et entame sous la seconde Restauration une curieuse et inattendue reconversion politique, on le voit professer des principes libéraux et constitutionnels, au point même d’être assigné à la Cour d’Assises en 1820 pour troubles à l’ordre public. Il est élu du Puy-de-Dôme en 1827, il siège aux côtés du général Foy et de Benjamin Constant. Il démissionne en 1829 et se retire sur sa terre de Breuil ; Il s’éteint à Paris le 18 mars 1837, en « désavouant tout ce que sa conduite et ses écrits avaient pu avoir de contraire à l’enseignement et à la discipline de l’église ».