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Grande Guerre 14-18 - Corps des Infirmières

KOENIG Marie Lucy de (D.en 1918)

86eme division
mardi 22 mars 2016.
 

Grande Guerre 14-18

Madame F. de KOENIG née Marie Lucy LEGA

décédée le 17 octobre 1918

infirmière bénévole des armées de France

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Les infirmières bénévoles 1914-1918

Les hommes partis au combat, les femmes se mobilisent et 70.000 bénévoles s’engagent rapidement aux côtés des infirmières diplômées. La demande de personnel soignant est forte : outre les 754 hôpitaux militaires, 1400 hôpitaux auxiliaires gérés par la Croix Rouge seront aménagés dans des écoles, hôtels ou châteaux.

Des femmes médecins qui ne sont pas autorisées à exercer dans les hôpitaux militaires, préfèrent servir leur patrie comme infirmières plutôt que rester à l’arrière.

L’infirmière, l’« ange blanc » qui soigne et réconforte le soldat blessé est une véritable icône de la Première Guerre Mondiale. Elle forme avec ses pairs la « quatrième armée » glorifiée dans les colonnes du Figaro sous la plume d’Emile Bergerat (1845-1923), poète, auteur dramatique et gendre de Théophile Gautier.

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17 octobre 1918. Mort, à l’âge de trente-trois ans, des suites d’une maladie contractée dans son service, de Mme Frédéric de Kœnig, née Marie Lucy Leca, infirmière de la Croix Rouge (Association des Dames Françaises).

-  86ème division -

Août 1914. Quand sonne le tocsin de la déclaration de guerre, la Croix-Rouge française se prépare depuis des décennies à soutenir l’effort du Service de santé de l’armée auprès des malades et blessés militaires. C’est son rôle premier, celui pour lequel la Croix-Rouge a été créée après la bataille de Solferino.

Mobilisées dès les premiers jours de la mobilisation en août 1914, les trois sociétés qui composent la Croix-Rouge Française - Société française de secours aux blessés militaires (SSBM), l’Association des Dames Françaises (ADF), l’Union des femmes de France (UFF) - mettent en place des hôpitaux auxiliaires et des infirmeries et cantines de gare, mobilisent les infirmières qu’elles ont formées et développent de nombreuses actions sur tout le territoire.

Forte de 192 000 adhérents, de près de 900 comités locaux et de la confiance de l’armée, la Croix-Rouge française entre dans la guerre prête à recevoir les flots de soldats blessés.

Tout au long de ces quatre ans de guerre, elle mettra en place près de 1500 hôpitaux auxiliaires dans la zone arrière, 89 infirmeries de gare et 90 cantines de gare, fonctionnant 68 000 infirmières diplômées. La Croix-Rouge se dote partout où elle intervient d’un matériel de pointe, qu’il s’agisse de radiographie, de stérilisation des instruments ou de rééducation en passant par l’aménagement des convois d’automobiles chirurgicales. Elle sera présente jusque dans les tranchées dans les cantines du front, par les colis qu’elle envoie aux soldats, mais aussi par le biais de ses infirmières que l’armée réclamera en nombre toujours croissant : 3000 d’entre elles seront engagées dans des hôpitaux militaires.

Dans les infirmeries et les cantines de gare, elles soignent et ravitaillent les soldats de passage, blessés, convalescents ou en permission. Beaucoup de civils réfugiés également. Avec le changement de tactique et l’enterrement de la guerre dans les tranchées en 1915, on décide de ne plus évacuer systématiquement les blessés vers l’arrière et de les soigner sur place. Les soldats malades et convalescents affluent toujours. Si l’activité de ces structures se réduit quelque peu auprès des blessés militaires, elle ne fait qu’augmenter en faveur des populations civiles en exode.

Du côté de la zone des armées, dès les premiers jours, alors que l’on se bat de Somme aux Vosges, les avant-postes de la Croix-Rouge sont constitués par les Postes de secours aux frontières. Organisés depuis 1911, ils sont munis de matériels, de voitures aménagées ou d’équipages de fortune, de brancardiers et d’infirmiers. 7 postes fonctionnent en Woëvre, 93 aux avancées du Grand Couronné à l’Est de Nancy, déployant 2000 brancardiers, face à la première bataille de la Marne. A Reims déjà, après le premier bombardement, ils ont relevé les blessés entre les lignes. Tout au long de la guerre de mouvement, ils vont devoir s’adapter, déplaçant leur centre d’action au rythme des batailles. Quand certainement formations reçoivent l’ordre de se replier, nombre d’hôpitaux auxiliaires créées dans les villes de la zone des armées sont maintenus et vivent les arrivées sanglantes des blessés du front et les incursions allemandes. Des infirmières sont même prises en otage, au mépris des Conventions de Genève.

Car elles aussi, désormais, sont au front, réquisitionnées de façon croissante par l’armée, elles servent dans les hôpitaux d’évacuation (HOE) situés en arrière des lignes, dans les « Autochirs », voitures automobiles chirurgicales. Cet engagement les mène au cœur du danger, partout où se battent les soldats alliés : dans les garnisons du Maroc, aux Dardanelles, à Moudros et Salonique, en Roumanie... Elles sont actives aussi bien dans des bâtiments installés, des baraquements que sous des tentes d’expédition ou des camps improvisés, des ambulances fixes ou mobiles, à bord des navires hôpitaux. Certaines y perdront la vie, beaucoup se réengageront après la guerre dans les dispensaires des comités locaux.

Croix-Rouge Française - M.L. de KONIG

Sources : « Les anges blancs : naissance difficile d’une profession féminine » de Yvonne Knibiehler in « Combats de femmes 1914-1918 : Les françaises, pilier de l’effort de guerre », Evelyne Morin Rotureau, collectif, éd. Autrement.

Photos : Services des Armées (1916) Le général Pétain décorant une infirmière blessée dans l’exercice de sa mission.

Wikimédia Commons (P-Y Beaudoin)

(APPL 2016)