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Esotérisme - Littérateurs - Philosophes - Ecole industrialiste

SAINT SIMON Claude Henri de Rouvroy comte de (1760-1825)

28eme division (1ere ligne, Q, 28)
mardi 25 avril 2006.
 

La doctrine du saint-simonisme

Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon est né à Paris en 1760. Il est le petit cousin du duc de Saint-Simon (1675-1755), célèbre mémorialiste sous les règnes de Louis XIV et Louis XV. Ce curieux personnage prétendait descendre de Charlemagne et aussi avoir reçu des enseignements de Jean d’Alembert et Jean-Jacques Rousseau. Il reçoit son éducation d’un précepteur. Il suit les cours du célèbre mathématicien Gaspard Monge.

De 1777 à 1783, il est officier de marine et participe à la guerre d’indépendance américaine avec le corps expéditionnaire français de huit mille hommes placé sous le commandement du général Rochambeau et de La Fayette. Il quitte ensuite l’armée pour se lancer dans la création de projets économiques. Parmi toutes ses idées, il propose au gouvernement espagnol la construction d’un canal de Madrid à la mer.

La Révolution française ne le tente pas, le grand mouvement de 1789 emporte malgré tout, ses suffrages, se situant parmi l’aristocratie « éclairée ». Il est arrêté et emprisonné sous la Convention, mais il est libéré à la chute de Robespierre. Il se consacre alors à l’œuvre qu’il entend mener à bien depuis son séjour en Amérique : la recherche des lois qui règlent la vie en société et qui permettaient de parvenir rapidement au progrès social.

Mais, ses ressources se révèlent très insuffisantes, il décide de se constituer un patrimoine lui assurant l’indépendance financière nécessaire à l’élaboration de son œuvre. Il se lance alors dans une spéculation, associé à un banquier allemand, sur les biens du clergé et des émigrés, confisqués par la Révolution. Il se constitue ainsi une fortune de un million, ce qui est énorme pour l’époque. Sa résidence devient l’un des centres culturels et intellectuels de Paris où se donnent rendez vous des physiciens, des mathématiciens, des philosophes, des historiens et des économistes.

On lui doit une œuvre importante parmi laquelle : les Lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains, publié en 1802, De l’organisation sociale, lettre au conseiller d’Etat Fourcroy, publié en 1804. Il mène grand train, il a de nombreuses liaisons. Mais toute médaille a son revers, c’est un gestionnaire médiocre et désordonné, finalement, il tombe dans la misère en 1810 et ne survit que grâce à son ancien intendant, puis à une pension de famille.

Saint-Simon publie alors l’essentiel de son œuvre, aidé en cela par quelques prêtes-plume : Esquisse d’une nouvelle Encyclopédie, Histoire de l’homme (1809-1811), Mémoire sur la science de l’homme (1813), La Réorganisation de la société européenne (en collaboration avec son secrétaire Augustin Thierry en 1814), ouvrage dans lequel il préconise la Constitution d’une Fédération des Etats européens avec un parlement européen, L’Industrie (1817), L’Organisateur (1819-1820), Du Système industriel (1821-1822), Catéchisme des industriels (1823-1824), Le Nouveau christianisme (1825). L’ensemble de ses œuvres a été réédité à Paris en 1966, sous le titre général : Œuvres de C.H de Saint-Simon, Anthopos. En 1817, c’est Auguste Comte, congédié de l’Ecole Polytechnique, qui devient son secrétaire et son collaborateur. Il le quittera en 1824, agacé par les manières aristocratiques de Saint-Simon.

Claude-Henri de Saint-Simon est mort le 19 mai 1825, presque inconnu. Il a des obsèques uniquement civiles au Père Lachaise le 22 mai, sa famille était absente. Derrière son convoi se tiennent ceux qui iront développer sa doctrine jusqu’au délire : Olindes Rodriguès, Auguste Comte, Augustin Thierry et surtout Prosper Enfantin qui deviendra le maître d’œuvre du saint-simonisme. La presse d’alors se fait l’écho de l’évènement : le Constitutionnel, le Courrier des Pays-Bas, le Globe.

Citation :

Claude Henri de Rouvroy, comte de SAINT-SIMON 17 octobre 1760 - 19 mai 1825 28ème division.

« Admettons que la France conserve tous les hommes de génie qu’elle possède dans les sciences, dans les beaux-arts et dans les arts et métiers, mais qu’elle ait le malheur de perdre, le même jour, Monsieur, frère du Roi, Monseigneur le duc d’Angoulême, Monseigneur le duc de Berry, Monseigneur le duc d’Orléans, monseigneur le duc de Bourbon, Madame la duchesse d’Angoulême, Madame la duchesse de Berry, Madame la duchesse d’Orléans, Madame la duchesse de Bourbon, et Mademoiselle de Condé.

Qu’elle perde en même temps tous les grands officiers de la Couronne, tous les ministres d’état, avec ou sans département, tous les conseillers d’Etat, tous les maîtres des requêtes, tous ses maréchaux, tous ses cardinaux, archevêques, évêques, grands-vicaires et chanoines, tous les préfets et sous-préfets, tous les employés dans les ministères, tous les juges, et, en sus de cela, les dix mille propriétaires les plus riches parmi ceux qui vivent noblement.

Cet accident affligerait certainement les Français, parce qu’ils sont bons, parce qu’ils ne sauraient voir avec indifférence la disparition subite d’un aussi grand nombre de leurs compatriotes. Mais cette perte des trente mille individus réputés les plus importants de l’État ne leur causerait de chagrin que sous un rapport purement sentimental, car il n’en résulterait aucun mal politique pour l’État. »

Crédit photo : Hugo_photo (APPL 2005)

(APPL 2017)