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Paris et Ile-de-France

Le cimetière du CHESNAY

Le cimetière et l’église Saint Germain
jeudi 20 avril 2006.
 

L’église Saint Germain

Une première église Saint Germain est construite à la fin du XIIe siècle sur un terrain cédé par l’abbé de Saint-Germain des Prés. La guerre de Cent ans la réduit à l’état de ruine. Elle est sauvée de l’abandon par le châtelain seigneur du Chesnay Maignart de Bernières. Elle possède sa relique, une relique de Saint Germain. .

Elle reçoit l’appellation de « Temple » sous la révolution, en partie détruite, elle survit malgré tout à la tourmente révolutionnaire. En 1805, avec l’Empire, voici la nouvelle église Saint Germain et son cimetière. Construits hors du parc du château aux frais de J.B Caruel, le Chesnay devient alors une paroisse à part entière. Les deux bas cotés sont exécutés en 1857 et complètent l’église. Pour les Chesnaysiens, elle remplace alors l’église de Roquencourt.

Le cimetière du Chesnay serré contre l’église, conserve un petit air provincial à cet ensemble, malgré les petits immeubles s’inscrivant dans son prolongement. Quelques arbres dont un cèdre couvrant de son ombre la sépulture de l’aviateur et combattant de la France libre, Pierre Clostermann, récemment disparu. Jean-Louis Forain y repose également, caricaturiste au coup de crayon acéré et peinte aux accents de Rembrandt. Quelques vieilles tombes parlent d’un passé nous ramenant au Second Empire, pour combien de temps encore ? ...

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Pierre Clostermann (1921-2006)

Le Grand cirque

Pierre Clostermann est né le 28 février 1921 à Curitiba au Brésil, pays dans lequel son père est diplomate. Il découvre le monde de l’aéronautique grâce à un pilote allemand. Il est breveté pilote en novembre 1937. Refusant d’admettre la défaite de la France en 1940, il quitte l’Amérique du sud et gagne l’Angleterre pour s’engager dans les Forces Aériennes Françaises Libres en mars 1942.

Après un assez long entraînement au Pays de Galles, avec pour compagnon d’armes Jacques Reimlinger, au cours duquel ils assistent à divers accidents. Ils partent pour rejoindre le Squadron 341, groupe de chasse français libre « Alsace », Jacques pour la 602e, cela se passe en janvier 1943.

Au groupe Alsace, sous le commandement de René Mouchotte, P. Clostermann obtient cinq victoires en combat aérien. Le 27 août 1943, il est le second de Mouchotte pour une opération d’envergure au dessus de Saint Omer. En voulant suivre ce dernier qui exécute un virage serré en grimpant presque à la verticale, Clostermann tire trop sec et son moteur se coupe pendant de précieuses secondes, quand son moteur reprend, il a perdu contact avec sa section et donc avec Mouchotte qui se retrouve sans second. Après avoir descendu un Focke Wulf et n’ayant plus de munition, il décide de rentrer en Angleterre. Quelques secondes après, il entend pour la dernière fois la voix du commandant Mouchotte appelant : « I am alone ! » (Je suis seul). René Mouchotte ne rentrera pas de cette mission et personne ne saura ce qui s’est passé !

« Il aura été pour nous le chef exemplaire, juste, tolérant, hardi et calme au combat, vrai français à l’âme trempée, sachant, quelles que soient les circonstances, imposer le respect. »

Le 28 septembre 1943, P. Clostermann est transféré à la 602 où il rejoint Jacques. Ce Squadron équipé de Spitfires V.D, a la particularité d’être composé de pilotes de toutes nationalités. Il y remporte d’autres victoires. Le 17 janvier 1944, la 602 par pour les Orcades. Le 7 mars P. Clostermann échappe de peu à la mort lors d’un atterrissage mouvementé. Le 4 mai 1944, l’escadre 125 quitte Detling pour Ford près de Brighton. Le 15 du même mois, il accompagne le group-captain Rankin en tant qu’aide de camp du G.Q.G des forces aériennes expéditionnaires alliées à Uxbridge. Il y reste quinze jours au cours desquels, tout en participant à diverses discussions, il apprend le lieu et la date approximative du débarquement.

Après ce repos d’une quinzaine de jours, il regagne son escadrille à Ford, en s’étant engagé à ne rien dévoiler de ce qu’il avait entendu et vu et à ne pas voler au dessus des territoires occupés par l’ennemi avant le jour J + 10 heures.

Le 6 juin, il patrouille avec son escadrille entre Montebourg et Carenton, et a pour nom de code Utah Beach. "Nous couvrons les 101e et 82e divisions aéroportées américaines". La deuxième patrouille est sur Omaha Beach de nuit.

Le 11 juin 1944, c’est la première nuit en France. Le 7 juillet, P. Clostermann, de retour de mission, apprend qu’il est retiré du théâtre des opérations actives et doit regagner le Royaume Uni pour sept jours de permission. Avant son départ, sir Archibald Sinclair lui remet discrètement la D.F.C (Distingued Flying Cross). Le soir même il embarque à bord d’un transporteur de tanks. En juillet, il est affecté à l’état-major, avec le grade de sous-lieutenant. En décembre, il demande à retourner en opération active, ce qui lui est d’abord refusé par le ministre de l’air, à Paris. C’est le colonel Coustey qui lui vient en aide et l’envoie à Aston Down pour faire un cours de conversion sur Typhoon et sur Tempest, au vu de ses états de services et de son nombre d’heures de vol, la formation est abrégée. En janvier 1945, il rejoint la base de Volkel, en Hollande, où il prend le commandement de la première escadrille du Squadron 274 de la 122e escadre équipée de Tempest. Il a alors à son actif 300 missions de guerre, en même temps, P. Clostermann a hâte de reprendre les opérations car l’ambiance en France est détestable, tout le monde pense qu’ils ont eus leurs promotions et les palmes de Croix de Guerre sans rien faire, et qu’ils n’ont pas souffert.

Le 24 mars 1945, il est blessé par un Junker JU88. Le 30 mars, il part pour le Squadron 3, que désormais il commande au Wing 122 (B 112 Rheine). Son nouveau Tempest tout neuf est baptisé « Le Grand Charles », (en référence à Guynemer ou à Charles de Gaulle ? Je ne sais...). Ses prouesses au combat lui valurent même d’être nommé, fait très rare, commandant d’un Wing de la Royale Air Force le 27 avril 1945.

Le 12 mai, après l’armistice, lors de la grande parade aérienne de Bremeshaven, quatre avions dont le sien se percutent, les trois autres pilotes ne s’en sortent pas. Le 1er juillet, n’écoutant pas son instinct, P. Clostermann, lors d’un défilé aérien a des problèmes avec son avion et éventre à 300 kms /h la roulotte de contrôle. Il sort indemne de cet accident, mais comprend qu’il est temps de raccrocher.

Le 27 août 1945, il demande sa démobilisation immédiate, qui est acceptée. P. Clostermann termine la guerre avec 33 victoires homologuées à son actif et 5 probables, ayant accomplit plus de 400 missions. Il fut ainsi l’As des As de la Chasse Française de la Seconde Guerre Mondiale. Ce score fait de lui le 3eme As interallié, sans compter les As Soviétiques.

En 1948, il publia un livre, Le Grand Cirque, qui connut un succès phénoménal (plus de 3 millions d’exemplaires vendus dans le monde), dans lequel il raconte une partie de sa vie dans les escadrons de la Royale air Force.

Pierre Clostermann fut ensuite élu député. Il sera rappelé sous les drapeaux lors de la guerre d’Algérie (1954-1962) pendant dix huit mois. Il sera réélu huit fois au parlement, qu’il quittera définitivement au départ du général de Gaulle en 1969. Il fut le créateur de l’usine Reims-Aviation. P. Clostermann sera aussi vice-président aux Etats-Unis de Cessna, puis administrateur de Renault et de la société des Avions Marcel Dassault. Il était colonel de réserve.

Pierre Clostermann était titulaire des décorations suivantes : Grand-Croix de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération, Médaille Militaire, Croix de Guerre 1939-1945 avec 19 citations, Croix de la Valeur militaire avec deux citations, Médaille de la Résistance avec rosette, Distinguished service order, Distinguished Flying Cross avec bar, Silver Star, Air medal, Chevalier de l’Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Médaille de l’Ordre du Dannebröd (par le Roi Christian X de Danemark le 23 juin 1945).

Pierre Clostermann s’est éteint le 22 mars 2006 à Montesquiou-des-Albères, dans les Pyrénées-Orientales. Il repose dans le cimetière du Chesnay dans les Yvelines, prés de Versailles.

Sources : Pierre Clostermann, Le Grand Cirque Flammarion Editeur Paris 1948.

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Jean-Louis Forain (1852-1931)

Louis-Henri dit Jean-Louis Forain est né à Reims, rue des Moulins le 23 octobre 1852, c’est un peintre et un dessinateur, très connu surtout pour ses caricatures qu’il publia dans des journaux de son époque, Le Monde Parisien et Le Rire, journal satirique. Il est issu d’une famille de fileurs et de tisserands. Il commence sa carrière en exposant avec les Impressionnistes en 1884, Le Veuf, tableau que l’on peut admirer aujourd’hui au Musée d’Orsay. Forain s’affirme très vite par d’innombrables caricatures. Il fait preuve d’une ironie et d’une impertinence pleines de verve, bien souvent amère.

Pendant l’affaire Dreyfus, au cours du procès de Rennes, il dessine ses meilleures compositions, on peut les voir aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Reims. Avec le dessinateur Caran d’Ache, il fonde le journal Psst. !, feuille antidreyfusarde, qui n’a qu’une durée éphémère. Forain est un familier assidu du salon de la comtesse de Loynes. Il est attaché profondément à sa ville natale, il lui offre pour son Musée en 1921, un lot important de dessins préparatoires.

Il se marie en 1891 avec Jeanne Bosc (1865-1954), artiste sculpteur. On le compare fréquemment à Rembrandt pour la puissance émotive qui se dégage de ses tableaux. C’est un observateur avisé de la vie sociale parisienne. Il est inspiré par Claude Monet, Manet. Forain expose avec les impressionnistes de 1884 à 1886, et encore en 1888.

Jean-Louis Forain est décédé à Paris le 11 juillet 1931. Il repose au Chesnay, prés de Versailles, où il possédait une propriété du XVIIIe siècle, habitée de nos jours par sa petite-fille.

Crédit photos : Christine D./R. D.Forrestier (APPL 2006)