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DOORNIK Jan (1905-1941)

61eme division
lundi 17 avril 2006.
 

La droiture et le courage

Jan Dooornik, de nationalité hollandaise, est à Paris le 26 juin 1905. Il commence ses études en France et les poursuit en Suisse. C’est en Belgique où il réside pour affaire que les évènements de mai 1940 le surprennent. Il se trouve dans l’impossibilité de rejoindre La Haye, il décide alors de gagner la France. Il est fermement décidé à résister et à combattre les Allemands, il arrive à Paris vers le 20 mai, les pieds en sang. Il se présente à l’attaché militaire néerlandais qui lui conseille d’attendre une convocation. Mais Jan Doornik ne veut pas attendre et, le 18 juin, il s’embarque à Bordeaux pour gagner Cardiff où il rejoint un corps hollandais dans lequel il s’engage comme volontaire dans une formation de choc. Il prend part alors avec son unité à des opérations sur les côtes françaises. C’est au cours de l’une d’entre elles, tous les officiers ayant été tués, qu’il prend le commandement du détachement. Il parvient à ramener ses camarades à la base. Cette action lui vaut une nomination au grade d’officier.

Il se met en rapport entre temps avec des officiers des Forces Françaises Libres. Avec l’appui du général de Gaulle et de la Reine Wilhelmine, l’autorisation de s’engager dans les FFL ; Il y est intégré avec le grade de lieutenant. Jan Doornik est volontaire immédiatement pour des missions en France occupée. Il est chargé de reconnaître les installations de la Kriegsmarine sur la côte française. Il débarque à Plogoff à la fin du mois de septembre 1940. Il se rend ensuite à Paris où il retrouve son frère Yves. Il passe des informations à Londres par l’Espagne. Il passe ensuite grâce à son frère en zone libre. Il crée une nouvelle filiale à Vichy. Jan Doornik tente de franchir la frontière espagnole pour rallier Gibraltar, mais il échoue. Il tente alors de passer par la Suisse, il parvient à Genève où il rencontre le Consul de Grande-Bretagne. Il est renvoyé à Vichy pour y réceptionner le lieutenant Barlier envoyé d’Angleterre pour le seconder. La première liaison libre de radio est établie à Nantes, par les membres du réseau Nemrod.

Le lieutenant de vaisseau d’Estienne d’Orves rejoint à son tour la France et prend la direction des opérations. Doornik le rencontre pour la première fois dans un café de Montparnasse, le 4 janvier 1941. Les deux hommes décident de repartir pour Londres à la fin du mois. A la suite de la trahison du radio télégraphiste, peu de membres de ce groupe échappent aux arrestations. Doornik arrive à Nantes. Informé du désastre, il se cache à Plogoff dans une ferme où il est à son tour surpris par un détachement. Il est emprisonné à Angers et ensuite transféré à Berlin où il retrouve Barlier et d’Estienne d’Orves. Ils sont tous trois ramenés au Cherche Midi, de sinistre mémoire, en fin février.

Le procès des trois hommes s’ouvre le 13 mai 1941. Douze jours plus tard, ils sont condamnés à mort. La Cour martiale, signe spontanément leur recours en grâce, idem, le conseiller allemand Keyser, qui, ému par la droiture et le courage des condamnés, soumet à Hitler un recours en grâce à leur endroit, en vain. Les trois hommes obtiennent de passer leur dernière nuit ensemble dans la même cellule. De même, ils obtiennent que leurs yeux ne soient pas bandés au moment d’être exécutés. Le lendemain, 29 août 1941, à l’aube, ils sont fusillés au Mont Valérien. Doornik est exécuté le dernier, il repose au Père Lachaise. Jan Doornik est Compagnon de la Libération.

Crédit photo : Annie_photo (APPL 5-2006)