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SOULIE Frédéric (1800-1847)

48eme division (2ere ligne, R, 9)
jeudi 13 avril 2006.
 

Les Mémoires du diable

Frédéric Soulié est né à Foix, en Ariège en 1800. Romancier et auteur dramatique, il est bien oublié aujourd’hui. A peine quelques lignes d’une biographie incomplète dans le grand Larousse de la littérature française, deux lignes encore dans l’anthologie du roman au XIXe siècle. Alors que nous reste t’il ? Dumas, le bon Dumas et ses Mémoires pas toujours très exactes, mais qui nous restituent Soulié, Frédéric Soulié sous la plume du grand Alexandre. Laissons donc la parole à l’auteur des Trois Mousquetaires : « je reviendrai souvent à Soulié ; j’en parlerai beaucoup ; c’est l’une des plus puissantes organisations littéraires de l’époque, c’est un des tempéraments les plus vigoureux que j’aie connus.

Il est mort jeune ! Il est mort non seulement dans la force de son talent, mais encore avant d’avoir produit l’œuvre irréprochable et complète qu’il eut certainement produite, un jour ou l’autre, si la mort ne se fût pas tant hâtée. Soulié avait quelque chose d’emmêlé et d’obscur dans le cerveau ; sa pensée était, comme le monde, éclairé d’un côté seulement ; l’antipode de ce côté illuminé par le soleil était impitoyablement plongé dans les ténèbres.

Soulié ne savait commencer ni un drame, ni un roman. Son exposition se faisait au hasard : tantôt au premier, tantôt au dernier acte, si c’était un drame ; tantôt au premier, tantôt au dernier volume, si c’était un roman.

Soulié avait à l’époque où je l’ai connu, vingt-six ans : c’était un vigoureux jeune homme, de taille moyenne, mais admirablement prise ; il avait le front proéminant ; les cheveux, les sourcils et la barbe noirs ; le nez bien fait, et les yeux à fleur de tête ; des lèvres grosses, les dents blanches.

Après avoir reçu une excellente éducation provinciale, il avait été faire son droit à Rennes, je crois. De là, cette admirable peinture de la vie d’étudiant qu’il a faite dans la Confession générale. Il avait passé ses examens de droit, et avait été reçu avocat. Mais il éprouvait une certaine répugnance pour le barreau. Aussi plutôt que d’exercer cette profession toute libérale, il eut préféré un travail industriel. Cette répugnance devait le conduire, en 1824 ou 1825, à se mettre à la tête d’une grande entreprise de scierie mécanique.

En attendant, Soulié -il signait alors Soulié de Lavelanet-, en attendant Soulié vivait d’une petite rente que lui faisait son père : cent louis, autant que je puis me le rappeler ; il demeurait rue de Provence......"

Bien des pages sont consacrées à Frédéric Soulié, Dumas y parle volontiers de l’homme et de l’écrivain, une certaine rivalité transparaît, mais Dumas reste Dumas et Soulié demeure encore bien lointain.... Frédéric Soulié nous a laissé entre autre : Les Mémoires du Diable, La closerie des Genêts, et le Lion amoureux.

Il est décédé à quarante sept ans à Bièvres en 1847. Sa tombe est ornée d’un buste, oeuvre de Clésinger.

Sources : Alexandre Dumas, Mes Memoires, Paris 1863.