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Théâtre - Danse - Arts de la scène

DUGAZON Louise Rosalie Lefebvre dite (1755-1821)

11eme division
dimanche 9 avril 2006.
 

Actrice, danseuse et chanteuse

Louise Rosalie Lefebvre, plus connue sous le nom de Louise Dugazon cumula les talents d’actrice, danseuse et chanteuse. Elle est née à Berlin le 18 juin 1755. Son père François-Jacques est danseur et maître de ballet à la Cour de Frédéric II de Prusse. L’un de ses frères, joseph Lefebvre est quant à lui violoniste et compositeur. Elle revient à Paris avec ses parents à l’âge de huit ans en 1765. Elle fait ses tous débuts à l’âge de douze ans en tant que danseuse. Mais elle fait ses vrais débuts en tant qu’actrice et « Avec des chansons » à la Comédie-Italienne en 1774 dans le Sylvain de Grétry. Immédiatement elle est admise, puis sociétaire en 1775.

Louise épouse en 1776 Henry Gourgaud, dit Dugazon, né à Marseille en 1746. Il est acteur de Théâtre très connu appartenant à la Comédie-Française, spécialisé dans les rôles de valets de comédie. Il devient en 1786 professeur à l’école de déclamation, puis peu après au Conservatoire. Arrive la Révolution, il prend part à tous les mouvements, tous les excès, notamment en se mettant au service du fameux Santerre de triste mémoire.

En 1782, elle donne naissance à un fils prénommé Gustave. La rumeur publique faisant état de discorde dans le ménage, attribue la paternité de l’enfant au Chevalier de Saint-George, personnage romanesque à l’existence aventureuse, épéiste réputé et violoniste brillant. Il fait partie des Mousquetaires du Roi.

Grétry, parlant de Louise Dugazon a dit : « Quelle femme étonnante ! On dit qu’elle ne sait pas la musique, et pourtant, je n’ai jamais entendu chanter avec autant de goût, d’expression, de naturel et de vérité ». On dit même, au sujet de sa plus célèbre création en 1786, Nina ou la folie par amour." Les paroles sont de Marsollier, la musique est de Dalayrac, et la pièce est de Dugazon ". Il est vrai qu’elle tient une place pré pondérable dans l’Opéra Comique, elle a a son actif de nombreuses partitions de Grétry et Dalayrac. C’est d’ailleurs ce dernier qui la fait débuter en 1769 dans son opéra Lucille. C’est ainsi que l’on appelle « Dugazon » les rôles d’amoureuses et de soubrettes. Actrice adulée à la Comédie-Italienne puis à l’Opéra-Comique elle est incontournable. La Révolution, l’écarte du théâtre. Son attachement, son intéret au sort de la famille royale et son refus de jouer des pièces issues de la Révolution l’éloignent de la scène. Elle réapparaît en 1795, et durant une dizaine d’années elle se cantonne dans les rôles de mères, un cruel embonpoint lui interdisant de jouer encore les amoureuses.

Louise Dugazon s’éteint quelques années plus tard enlevée par une hydropisie de poitrine le 22 septembre 1821. Elle repose non loin de Grétry. Mme Vigée Lebrun l’a immortalisée et a fixé ses traits sur la toile en 1787.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)