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Révolution - Empire - Restauration

DEHAIES DE MONTIGNY François-Emmanuel (1743-1819)

35eme division (2e ligne, chemin Abadie)
mardi 1er mars 2016.
 

Lieutenant-général

François-Emmanuel Dehaies de Montigny (1743-1819), lieutenant général

Et ses fils,

François-Jules Dehaies de Montigny (1792-1874), intendant général

Emmanuel Ernest Dehaies de Montigny (1790-1879), colonel.

François Emmanuel Dehaies, dit de Montigny, voit le jour le 7 août 1743 à Versailles (Yvelines)

Décédé le 27 juin 1819 à Paris

Général français de la révolution et de l’Empire.

Fils de Jean-Baptiste Dehaies de Montigny, marchand de bois, et de Marie Jeanne Martin, il est employé comme ingénieur militaire en 1764, il entre le 2 août 1768 comme sous-lieutenant au régiment de Médoc-infanterie, il fait la campagne en Corse en 1768 et 1769 et le 17 juin 1770 il est lieutenant d’état-major, et sert en cette qualité auprès du général de Bourcet, directeur général du génie. Nommé capitaine le 4 mars 1772 dans la légion de Lorraine, il participe à des reconnaissances aux frontières des Alpes de Flandre et d’Artois.

Le 28 janvier 1776 il passe dans la marine avec le grade de major, et le gouvernement lui confie une importante mission en Inde, en passant par Vienne, Constantinople, l’Égypte et la mer Rouge, il arrive enfin à Delhi puis à Souhna terme de sa mission.

Il est nommé colonel le 3 septembre 1778.

De retour en France en 1779, il est fait chevalier de Saint-Louis, et Louis XVI le renvoie en 1781 en Inde avec de nouvelles instructions pour la cour des Mahrattes. Il reste à Pounah jusqu’en 1788, comblé d’honneurs et de distinctions, il reçoit de l’empereur moghol Shah Alam II le diplôme de nabab.

En 1788, il est nommé gouverneur de Chandernagor et des possessions françaises au Bengale, il se signale à ce poste par son zèle et son désintéressement et trouve, sous sa seule garantie, des ressources de toutes espèces qui soutiennent longtemps les établissements français en Inde.

Arrêté au moment de la révolution par ceux dont il avait réprimé les abus dans les établissements, il est libéré et conduit à Calcutta sur les ordres du gouverneur anglais lord Cornwallis.

De retour à Paris en 1791, il est promu général de brigade le 11 avril 1800. En 1803, Bonaparte le renvoie à Chandernagor, mais par suite de la rupture du traité d’Amiens, il est obligé de se replier sur les iles de France et de Bourbon, et reste dans ces colonies jusqu’au moment de leur prise le 8 juillet 1810.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 25 mars 1804.

Fait prisonnier par les Anglais lors de la reprise des colonies, il n’obtient sa liberté que seize mois plus tard, il revient en France au mois de novembre 1811, et il est mis à la disposition du ministre de la guerre le 15 décembre 1811.

Aveugle, il est admis à la retraite le 18 février 1812, et il est fait chevalier de l’Empire le 12 avril 1813.

Le roi Louis XVIII le nomme général de division le 17 décembre 1817.

Il meurt le 27 juin 1819 à Paris, son corps repose dans le cimetière du Père-Lachaise et son tombeau est toujours entretenu aux frais de l’école de Kerliver.

Mission en Inde :

Le fonds Dehaies de Montigny, disponible aux Archives départementales du Finistère, contient de nombreux documents illustrant toutes les phases de la carrière du général.

On y trouve des mémoires adressés au gouvernement sur la navigation sur la mer Rouge, l’empire du Grand Mogol, l’Hindoustan et Ceylan, l’opium, l’armée d’Égypte, etc., et un album de cartes et plans.

Thierry Le Roy a écrit dans son fascicule De Kerliver à Chandernagor :

« Il avait une trentaine d’années quand il fut choisi par le ministre Sartine pour une mission auprès du Grand Mogol, empereur des Indes, en raison de sa parfaite maîtrise du persan. C’est au cours d’une mission, à l’époque où il se met au service de l’empereur pendant sept ans, qu’il aura l’insigne honneur de se voir attribuer le titre de nabab, c’est-à-dire de prince gouverneur. En 1788, il était nommé gouverneur de Chandernagor ».

Famille et descendance :

Marié avec Anne Audebert de Chambron, il eut deux enfants, qui firent également une carrière militaire :

François Jules Dehaies de Montigny, est né le 8 octobre 1792 à Margency (Val-d’Oise) et décédé âgé de 82 ans le 23 octobre 1874 à Hanvec (il fut capitaine au 49e de ligne, puis sous-intendant militaire de première classe à Paris en 1839, puis intendant militaire à Nantes à la 14e division militaire en 1849).

Emmanuel Ernest Dehaies de Montigny, né le 23 mars 1790 à Chandernagor (Comptoir français de l’Inde), ancien colonel au 69e régiment de ligne, surnommé à Hanvec « le nabab de Kerliver », est décédé âgé de 89 ans le 18 décembre 1879 à Hanvec.

Tous deux passèrent leur retraite au château de Kerliver en Hanvec (Finistère) et sont également inhumés dans le caveau familial de leur père au cimetière du Père-Lachaise.

Sources :

Sur les autres projets Wikimedia :

« Les généraux français et étrangers ayant servis dans la Grande Armée » (consulté le 14 août 2013)

Notice no LH/690/72 », base Léonore, ministère français de la Culture Société des gens de lettres, Biographie universelle ou dictionnaire historique, contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, des articles consacrés à l’histoire générale des peuples, aux batailles mémorables, aux grands évènements politiques, etc. etc., depuis le commencement du monde jusqu’à nos jours, tome 4, Lachevardière,‎ 1833, 560 p. (lire en ligne), p. 106.

E et H Daniel, Biographie des hommes remarquables du département de Seine-et-Oise, Chaignet,‎ 1832

A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d’honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l’histoire législative et réglementaire de l’ordre, Bureau de l’administration,‎ janvier 1844, 522 p. (lire en ligne), p. 280.

Photos : Pierre-Yves Beaudoin

(APPL 2016)