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Seconde Guerre mondiale - Résistance - France libre

DECROO Pierre (1913-1950)

97eme division
mardi 1er mars 2016.
 

Pilote d’essai et résistant

Pierre Decroo, voit le jour le 31 décembre 1913 à Bergues

Décédé le 25 mai 1950 à Marolles-en-Hurepoix

Aviateur, pilote d’essais et résistant français.

Passionné d’aviation, Pierre Decroo s’inscrit à l’École d’Orly, dirigée par Guy Bart, et obtient son brevet de pilote en 1930. L’année suivante il participe au Tour de France aérien des avions de tourisme sur un Farman F.200.

Il entre dans l’armée en 1934 et sort premier de sa promotion d’élève pilote et gagne un concours d’acrobaties. Il est affecté à « l’observation » à la base aérienne de Nancy.

En 1935, il s’embarque sur un petit biplan Morane-Saulnier MS 60 Moth équipé d’un moteur de 85 CV pour un raid de 20,000 kilomètres qui le conduit au Soudan.

Puis il devient moniteur à Ambérieu-en-Bugey à l’école Caudron et chef pilote à Cognac, dont le président est Maurice Hennessy, propriétaire d’un Percival Gull que Decroo aura à plusieurs reprises la possibilité de piloter à travers l’Europe pour y effectuer de nombreux voyages et rallyes.

À l’entrée en guerre de la France, en 1939, il devient moniteur d’acrobatie aérienne à l’École de l’Air et entre peu de temps après comme pilote d’essais à l’Arsenal de l’aéronautique, pour être le second de Modeste Vonner.

Passé en zone libre, il pratique le vol à voile et devient chef de centre adjoint à Saint-Auban-sur-Durance et recordman de France de durée et d’altitude en planeur biplace avec son complice Henri Foucaud en octobre 1942, avec 11,30 heures en l’air, contre 7 heures précédemment et une altitude de 3 060 mètres contre les 1 800 mètres de l’ancien record 2.16 heures selon J. Noetinger

Il quitte la France en janvier 1943, traversant les Pyrénées et l’Espagne. Epuisé, malade il est recueilli à Séville par des Anglais après 26 jours de marche.

Après l’avoir soigné, ils l’emmènent à Lisbonne d’où il gagne l’Angleterre à bord d’un hydravion. Ses pieds le faisant terriblement souffrir il sera soigné pendant deux mois, avant d’intégré la Royal Air Force et de rentrer au sein du Squadron 345, groupe de chasse 2/2 Berry sous le pseudonyme de « Peter » au sein des Forces aériennes françaises libres, sous le commandement de Jean Accart.

Il participera à plusieurs mission de chasse et d’attaque, notamment lors du débarquement. Il vole sur Spitfire et coule à la bombe un navire de 5 000 tonnes et rentre à sa base criblé de balles, les ailerons déchiquetés par l’éclatement des boites de cartouches, et se pose sur le ventre.

Le 6 juin 1944, commandant de Wing, il est opérationnel à 3h15 le jour du Débarquement de Normandie, et exécutera quatre missions dans la journée.

En décembre 1944, avec ses 4 000 heures de vol, il est nommé Lieutenant et commandant d’une escadrille basée à Anvers.

Le 7 avril 1945, commandant une escadrille dans l’attaque de camions convoyant des munitions, il subit l’effet des déflagrations et son avion prend feu.

Il réussira à se poser sans trop de dommages. Démobilisé de la RAF en juin 1945. Après la guerre, il entre au centre d’essais en vol de Marignagne et de Brétigny, après avoir passé un nouveau brevet officiel de pilote d’essais du centre d’essais en vol. En août 1945, il casse une roue d’un Focke-Wulf 190 lors d’un atterrissage et sort indemne de l’avion tournoyant sur la piste.

Il réintègre l’Arsenal de l’aéronautique en 1946. Il est chargé l’année suivante des essais et du premier vol le 10 octobre 1947 du monoplace A-O-101, et trois mois plus tard du bimoteur Arsenal VB-10.

Le 10 janvier 1948, il décolle de Villacoublay, pour un vol d’essais, mais à la verticale d’Antony la rupture du régulateur d’une des hélices entraîna un passage au petit-pas de l’hélice provoquant un surrégime d’un moteur et la rupture d’embiellage avec une fuite d’huile qui déclencha un incendie qui se propagea jusqu’à la cabine.

Ne voulant pas que son avion s’écrase sur la ville, il ne saute pas de suite en parachute et mène son appareil le plus loin possible avant de sauter au tout dernier moment, à 150 mètres du sol. Il se fait une double fracture du crâne et il se fracture également les jambes.

Souffrant de nombreuses brûlures il va lutter plusieurs semaines contre la mort et recevra la croix d’officier de la Légion d’honneur à titre militaire pour ses actions passées. Décoration remise pour cet acte héroïque dans l’urgence vu son état critique, sur son lit d’hôpital, par le ministre de l’Air André Maroselli.

Un an après il reprend le manche et, en 1950, participe aux essais de l’avion de chasse à réaction Arsenal VG 90-01 destiné à l’aéronavale, à la suite de l’accident de Modeste Vonner au mois de mars 1950.

Il meurt le 25 mai 1950 en effectuant un vol de routine à basse altitude à bord du VG-90-01, lorsque son train d’atterrissage sort brusquement à une vitesse trop élevée, arrachant les trappes qui viennent percuter l’empennage, ce qui entraîne la chute de l’appareil dans le parc du château de Marolles sur la commune de Marolles-en-Hurepoix où s’élève aujourd’hui une stèle commémorative.

Pierre Decroo aura le droit à des funérailles nationales.

Les recherches se poursuivront sur l’Arsenal VG 90-02 avec un nouveau pilote, Claude Dellys, qui connaîtra la même fin tragique deux ans plus tard.

C’était, selon son entourage, un homme d’une grande simplicité, équilibré, d’un grand sang froid avec le sens de l’humour et bien modeste lorsqu’il parlait de sa carrière4.

En moins de vingt ans, Pierre Decroo a piloté 103 appareils différents, dont le Potez 58, et compte 5 300 heures de vol.

Postes, grades :

1939-1940 : Pilote d’essais à l’Arsenal de l’aéronautique Sous-Lieutenant

1943-1945 : Pilote de chasse de la RAF et des Forces aériennes françaises libres

décembre 1944 : Lieutenant et commandant d’une escadrille, vole pendant la guerre sur Spitfire et Typhoon

juillet 1945-1946 : Pilote d’essais (brevet no 102 de 1945), au centre d’essais en vol de Marignane et de Brétigny

1945 : Capitaine

1946 : Pilote d’essais à l’Arsenal de l’aéronautique

1947 : Pilote d’essais chargé des essais du bimoteur à hélice contrarotative Arsenal VB-10

Ses programmes d’essais :

1940 - Arsenal VG 33

1945 - Gros hydravions hexamoteurs, Latécoère 631 et SNCASE SE.200

1947 - 1er vol du monoplace expérimental A-0-101 le 10 octobre 1947

1948 - 1er vol du Arsenal VB-10

1950 - Arsenal VG 90

Monument à Marolles-en Hurepoix

Hommages :

Funérailles nationales

Une plaque au beffroi de la ville de Bergues (aujourd’hui disparue)

Son nom fut donné à une rue de la ville de Bergues

Décorations :

Croix de guerre 1939-1945

1948 - Officier de la Légion d’honneur à titre militaire, remise sur son lit d’hôpital pour avoir emmener son avion en feu le plus loin de la ville d’Antony et être entre la vie et la mort.

Médaille de l’Aéronautique 6 citations

Distinguished Flying Cross (Royaume-Uni)

Air Medal américaine

Sources : Wikipédia et divers

Photo de la tombe : Pierre-Yves beaudoin

(APPL 2016)