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Sculpteurs et Fondeurs

CLESINGER Jean Baptiste dit Auguste (1814-1883)

10eme division (4eme ligne, Y, 22)
vendredi 31 mars 2006.
 

L’art animalier et le réalisme

Jean-Baptiste Clésinger dit Auguste, est né à Besançon en 1814. Son père, Georges Philippe, est lui-même sculpteur. C’est lui qui fait l’éducation artistique de son fils.

Le jeune Clésinger débute au Salon de Paris en 1843 avec un buste du vicomte Jules de Valdahon. On lui doit des bustes de la grande tragédienne Rachel et de l’auteur du Capitaine Fracasse, Théophile Gautier entre autres. Il est aussi l’auteur de la statue de Louise de Savoie que l’on peut voir au Jardin du Luxembourg.

Au Salon de 1847, il fait scandale avec son œuvre La Femme mordue par un serpent. (Voir photo). Scandale orchestré par Théophile Gautier, qui répand la rumeur selon laquelle la fonte pour la statue a été prise de la vie.

Son modèle est Apollonie Sabatier appelée par Charles Baudelaire « une fille qui rit trop ». Cette œuvre exerce une influence durable, les sculpteurs commencent alors à rendre le corps féminin plus réaliste et proche de la nature.

Delacroix, dans son journal du 7 mai 1847, décrit cette oeuvre comme un «  Daguerréotype de la sculpture ». Cependant, la marée montante du réalisme de la nudité trouve son apogée avec des sculptures telles que Après l’automne de Delplanche, et la Jeune Tarentine de Schoenewerk. Il faut attendre la Bacchante de Mathurin Moreau pour renouer avec cette exigence.

On lui doit aussi de nombreuses sculptures en marbre représentant des animaux, telle le Combat de Taureaux romains (Italie 1856, voir photo). Ces créations lui valent de multiples éloges. On lui doit également le monument de Gustave Flaubert au Jardin du Luxembourg, ainsi que la statue de la sépulture de Frédéric Chopin au cimetière du Père Lachaise.

La même année, il épouse Solange, fille de George Sand, deuxième enfant de l’auteur de la Petite Fadette. De cette union naît en 1849, une petite fille, Jeanne, à laquelle George Sand voue une grande adoration. Mais, très rapidement, les choses s’enveniment entre la mère et la fille, et c’est la rupture, dont fera les frais Frédéric Chopin, partisan et soutient de Solange.

Sa liaison avec l’écrivain tournera court. Clésinger et son épouse se séparent violemment, leur petite fille en sera exclue de leur vie et mourra de la scarlatine en pension en 1855. Solange entame alors une vie dissolue allant d’aventure en aventure avec de riches amants qui l’entretiennent.

Clésinger reçoit en 1849, la Croix de la Légion d’Honneur, il devient Officier dans l’Ordre en 1864.

Il a une liaison restée célèbre avec Berthe de Courrières aventurière et illuminée notoire. Rémy de Gourmont lui succède dans les faveurs de la dame, qui sera leur légataire universelle à tous deux. Cet état de chose aura pour effet de les réunir dans la même sépulture.

Auguste Clésinger fait sa dernière exposition en 1864.

Il meurt à Paris en 1883.

Auguste Clésinger

Crédit photo : Annie_photo et divers (APPL 2005-2006)