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Institutrice - Commune de Paris 1871

REGNAULT Louise (1849-1886)

41eme division
dimanche 28 février 2016.
 

Institutrice et soutien de la Commune de Paris

Louise Régnault voit le jour en 1849

Décédée le 28 février 1886.

(.....)Louise Regnault, 37 ans, morte de la tuberculose.

Dehors, la neige recouvre Maisons-Laffitte. Tout le monde est rentré, la nuit tombe. Il a fait sombre toute la journée.

Dans la chambre de Louise, sur la table de chevet, la flamme de la bougie vacille à chaque fois que Louise tousse. A ses côtés, Régine ne sait plus quoi faire. Qui des deux, la bougie ou sa sœur vivra le plus longtemps ? Elle l’a emmitouflée dans des pulls et des châles. Sous son bonnet de laine, son visage émacié fait pitié.

Que peut-on faire devant la mort quand elle frappe à la porte ? Demander à Dieu de prolonger cette vie ? Mais que reste-t-il de cette vie ? Quelques kilos, des yeux intenses qui supplient, une toux qui n’en finit pas. Une âme en désarroi...

« Louise a passé sa vie à se dévouer pour les autres et voilà qu’aujourd’hui, à son heure dernière, il n’y a plus que moi. La tuberculose leur fiche la frousse. Je finirai peut-être par l’attraper aussi, elle tousse tellement. Maudite maladie ! »

Dans ce logement mansardé, la lumière entre si peu que Régine a l’impression de vivre dans une nuit qui n’en finit pas. Sur le lit, sa sœur n’est plus qu’une petite tige que le vent de la mort va emporter. A chaque quinte de toux, Régine sent le plancher se dérober sous elle. Mais non, elle tient bon. Elle tient bon. Elle tiendra jusqu’à la fin ...

Le matin ne viendra pas, Louise a rendu l’âme...

« Louise n’a pas voulu les derniers sacrement, tant pis, elle passera quand même par l’église. Je ne vais pas priver son âme d’une messe des morts. Et il n’est pas question que je la mette dans une fosse commune comme elle m’a dit. Elle aura sa dalle et une épitaphe et une croix. Ma sœur n’est pas un chien.

Je mettrai « Ici repose, Louise Regnault, Communarde. »

Non, je ne peux pas mettre cela, on pourrait venir saccager sa tombe.

Je mettrai « Ici repose, Louise Regnault, institutrice humaniste. » Humaniste, voilà ce qu’elle était. (.....)

(Extraits du roman de Viviane Janouin-Benanti, Le chéri magnifique : histoire d’un crime)

Régine de Montille, en réalité Marie Regnault, la soeur de Louise, était une courtisane qui avait acquis une fortune grâce aux « pensions » versées par ses amants. A la tête d’une véritable fortune en titre et bijoux, elle vivait confortablement à Paris au 17, rue Montaigne (aujourd’hui rue Jean Mermoz). Le 16 mars 1887, elle fut assassinée à coups de couteau,ainsi que sa femme de chambre et sa propre fille, par son amant Henri Jacques Ernest Pranzini, qui vola pour 20 000 francs de bijoux.

Louise et Marie Regnault reposent ensemble dans la 41ème division.

Sources : Le Chéri magnifique (Extraits) Histoire d’un crime, par Viviane Janouin-Benanti

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(APPL 2016)