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Ecrivain - Romancier - Poète

BOUFFLERS Stanislas Jean marquis de (1738-1815)

11eme division (1ere ligne, bosquet Delille, X, 23)
mercredi 22 mars 2006.
 

Aline, reine de Golconde

Stanislas Jean marquis de Boufflers, appelé chevalier de Boufflers est né à Nancy le 31 mai 1738. Il est le fils de Louis François de Boufflers et de la marquise, Marie Françoise Catherine de Beauvau-Craon, belle intelligente et spirituelle. Il grandit à la cour de Lunéville, il a pour parrain le Roi Stanislas, dont sa mère est la maîtresse en titre.

Il est d’abord destiné à l’église, il passe deux ans au Séminaire de Saint-Sulpice. C’est là qu’il compose un conte léger et licencieux : Aline, reine de Golconde. Cet écrit remporte un grand succès, mais peu en rapport avec l’état ecclésiastique. Il quitte donc le Séminaire sans avoir prononcé ses vœux. Mais pour pouvoir conserver la modique somme de 40 000 livres pourvues par le Roi Stanislas, il se fait chevalier de l’Ordre de Malte.

Il entre au service, il est nommé colonel de hussards en 1772. Il gravit tous les échelons et s’illustre sur les champs de bataille. Il parvient jusqu’au grade de maréchal de camp, grade qu’il obtient après la campagne de Hanovre. Il quitte définitivement l’armée en 1784.

Il décide alors de se marier. Mais avant d’épouser Melle de Sabran, il veut rembourser une dette. Pour cela, il obtient du marquis de Castries, secrétaire d’état à la Marine du Roi Louis XVI, la charge de gouverneur du Sénégal et de l’île de Gorée. C’est un administrateur sérieux, avisé et humain, il s’attache à mettre en valeur la colonie, et limitant fortement la traite des esclaves.

Il laisse le souvenir d’un train de vie princier et de liaisons nombreuses. Le 29 décembre 1787, il quitte le Sénégal regretté de tous, les colons aussi bien que les indigènes. La légende dit qu’il laisse derrière lui cinquante sept enfants bâtards.

De retour en France, il épouse Melle de Sabran. Il est élu à l’Académie Française en 1788. Il est élu député de la noblesse aux Etats-Généraux de 1789. Après le 10 août 1792, il émigre et trouve refuge en Prusse. Il revient en France après le coup d’état du 18 brumaire (1800) et se rallie à Bonaparte.

Il est l’un des courtisans de la princesse Elisa Bonaparte, il encense également le roi Jérôme Bonaparte. Ce dernier le fait nommer bibliothécaire-adjoint de la bibliothèque Mazarine. Il reprend son fauteuil à l’Académie Française en 1803. Son esprit et sa présence lui ouvrent les portes des salons du Ier Empire.

On lui doit de nombreuses pièces, bien oubliées aujourd’hui et le Récit d’un voyage en Suisse, écrit avec beaucoup d’agrément et de finesse. On lui doit également des éloges académiques et un Traité sur le libre arbitre.

Stanislas de Boufflers est décédé le 18 janvier 1815 à Paris. Il repose en compagnie de la comtesse de Sabran, de Saint Lambert, La Harpe et Delille dans le bosquet de la 11eme division.

Enclos Delille

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)