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SAINT LAMBERT Jean François marquis de (1716-1803)

11eme division (enclos Delille)
mercredi 22 mars 2006.
 

Les Saisons

Jean François, marquis de Saint Lambert est né à Nancy le 26 décembre 1716. Issu d’une famille de bonne noblesse mais peu fortunée, Jean François fait ses études au collège de Pont-à-Mousson puis sert dans les gardes du Roi de Lorraine, Stanislas Leszczynski avant de devenir grand-maître de sa garde robe. C’est un homme grand, distingué, taciturne, très sérieux, ne riant jamais, se refusant à toute flatterie à quiconque. Mais, malgré tout cela, il est adulé par les femmes.

C’est la marquise de Boufflers qui le remarque, la maîtresse du Roi Stanislas en fait un temps son amant. Saint Lambert part pour la guerre en 1746. A son retour, il constate que Mme de Boufflers l’a remplacé. Il séduit alors la marquise du Châtelet pour tenter de rendre jalouse la maîtresse infidèle. Mais le résultat n’est pas celui escompté, Mme de Boufflers rie de cette liaison et se plait à l’encourager. Ce qui au départ n’est qu’une passade devient une grande passion. Mme du Châtelet, excessive en tout, se comporte comme une jeune fille amoureuse, laissant des billets doux dans les cordes de la harpe de Mme de Boufflers pour que Saint Lambert les trouve. Voltaire, ignore cette situation ou fait semblant de ne rien voir. Ce qui doit arriver arrive, Mme du Châtelet se retrouve enceinte des œuvres de Saint Lambert. Mais, au XVIIIe siècle, à quarante ans passés, les grossesses sont souvent fatales. Mme du Châtelet rend l’âme le 10 septembre 1749, en donnant le jour à une petite fille qui ne survit quelques jours. De ce jour, les relations de Voltaire et de Saint Lambert virent à l’aigre. Cette brouille dure quelques années, puis leurs relations reprennent. Voltaire a de l’admiration pour lui, il l’estime comme poète et est l’un de ses plus ardents partisans lorsqu’il se présente à l’Académie Française.

Peu de temps après la mort de Mme du Châtelet il se rend à Paris et reprend du service dans l’armée du Roi de France. Mais, une attaque de paralysie le contraint à abandonner le métier des armes en 1758. Il se consacre alors à la poésie. Il fréquente le salon de Mmes d’Epinay, de Lespinasse, Geoffrin et du Deffand. On le voit aussi aux dîners de Melle Quinault. Il entame en 1752 une liaison avec Madame d’Houdetot, qui lui inspire une grande passion qui durera un demi siècle.

Sa réputation grandit dans tous les cercles littéraires et philosophiques de la capitale. Lorsqu’il livre en 1769 son œuvre maîtresse, Les Saisons, recueil de poèmes. Toutes les portes s’ouvrent alors devant lui. Il est élu à l’Académie Française le 26 avril 1770 en remplacement de l’abbé Trublet. Il jouit dès lors d’une immense influence à l’Académie. Il est l’idole recherchée du salon de Mme Necker.

Mais vient la Révolution, à prés de soixante dix ans, il se retire à Eaubonne auprès de Mme d’Houdetot. On l’appelle alors « Le sage d’Eaubonne ». La réalité est plus triste, il est devenu mélancolique, quelque peu dépressif et un peu faible d’esprit, ne trouvant plus de satisfaction que dans la gourmandise. Il s’éteint le 9 février 1803. Il repose dans l’enclos de Jacques Delille en compagnie de La Harpe et Boufflers, appartenant à l’Académie Française. L’ensemble a été restauré il y a peu de temps.