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Peintres - Dessinateurs - Illustrateurs

DAVID Jacques Louis (1748-1829)

56eme division (1ere ligne, W, 15)
vendredi 17 mars 2006.
 

Le chef de file de l’école néo-classique

Jacques Louis David est né à Paris le 30 août 1748. Il voit le jour dans une famille de classe moyenne. Son père est négociant en fers à Paris, puis titulaire d’une charge fiscale dans le Calvados. En décembre 1757, son père meurt dans un duel en décembre 1757.

Sa mère se détache de lui et le délaisse. David a juste neuf ans. Ce sont deux de ses oncles architectes, François Buron puis Jacques François Desmaisons qui le recueillent. Toute sa vie, il sera marqué par cette déchirure familiale.

Ce n’est pas un élève brillant, mais il reçoit une bonne éducation classique au Collège des Quatre-Nations. A l’âge de seize ans, il commence à étudier l’art à l’Académie royale avec comme maître le peintre Joseph Marie Vien. Il remporte le Grand Prix en 1775 et est admis à l’Académie de peinture en 1783. François Boucher, l’illustre artiste (cousin éloigné de sa mère) est d’abord pressenti pour le former, mais il estima le jeune David plus proche de Vien.

Il montre des dispositions pour le dessin à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Il obtient en 1771, le second prix au Prix de Rome, avec son œuvre le Combat de Minerve contre Mars.

Il manqua le premier prix également en 1772 avec Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobée. Idem en 1773 avec Mort de Sénèque. David fait alors une tentative de suicide. Il obtient finalement ce premier prix tant convoité en 1774, ce qui lui ouvre, aux frais du Roi, un séjour de quatre années à Rome au palais Mancini.

Joseph Marie VIEN vient d’être nommé directeur de l’Académie de France à Rome, David, accompagné de ce dernier, part pour un très long séjour de six ans dans la ville éternelle. Il y étudie les antiques, collectionne les relevés et croquis d’architecture, de statues et de bas-reliefs. L’ensemble de ses dessins compose douze volumineux recueils.

David revient à Paris à la fin de 1780. Il expose au prestigieux salon du Palais du Louvre un Bélisaire. Cette œuvre, d’un style pur néo-classique, permet à David d’être reçu à l’Académie.

Entre 1780 et 1785, il voyage en Italie. Il se marie en 1782. La situation de son beau père qui dote généreusement sa fille, donne à David les moyens financiers nécessaires pour survivre. Pendant la période révolutionnaire, son épouse effrayée par la violence des convictions révolutionnaires de son époux demande et obtient le divorce. Après la chute de Robespierre, elle lui pardonne et se réconcilie avec lui. Ils se marient à nouveau en 1796. C’est à cette époque qu’il crée son propre style néo classique en prenant comme sujet des sources antiques classiques. Ses tableaux représentent bien souvent des thèmes moralisateurs et patriotiques, ils subissent l’influence du temps. Pendant ces temps troublés, il s’impliqua dans la vie politique et participe aux grands évènements de la Révolution. Il est député à la Convention nationale en 1792, il siège avec la Montagne, aux cotés de son nouvel ami Maximilien de Robespierre. Il tente alors de faire supprimer l’Académie souhaitant venger ses trois échecs passés.

Il est membre du Comité d’instruction publique, et est nommé au Comité de sûreté générale. Il vote la mort du Roi en janvier 1793. Il participera à la condamnation de prés de trois cent personnes qui sont guillotinées. Il propose un inventaire de tous les trésors nationaux, ce qui fait de lui l’un des fondateurs des musées en France, il joua un rôle très actif dans l’organisation du Louvre. Il offre un poste à Jean Honoré Fragonard, réduit à la misère à cause de son style suranné Il est le maître d’œuvre de l’organisation des cérémonies officielles révolutionnaires, comme celle du transfert des cendres de Voltaire au Panthéon C’est lui qui créa le rituel de la Fête de l’Etre suprême. Il peint à cette époque : La mort de Lepeletier de Saint Fargeau (Tableau disparu) et Marat assassiné.

En tant que membre du Comité de sûreté, David signa un très grand nombre d’ordres d’arrestations qui ont menés leurs victimes sur l’échafaud. On a aucune trace qu’il a jamais utilisé ses prérogatives pour sauver qui que ce soit. A la chute de Robespierre, David est compris dans la liste des proscrits, mais prévenu par un ami, il ne va pas à la Convention et échappe ainsi à l’arrestation et au couperet. Il s’empresse alors de renier son ami Robespierre. Tout d’abord désarmé par sa veulerie et sa bêtise, les Thermidoriens l’épargnent tout d’abord, mais décident de l’emprisonner. Ses étudiants se mobilisent et obtiennent son élargissement le 28 décembre 1794.

Durant son emprisonnement, il peint son Autoportrait, Les Sabines son œuvre magistrale. Oubliant son jacobinisme ardent, il est séduit par les succès de Bonaparte en Italie. En 1797, il rencontre le général Bonaparte et le convainc de réaliser son premier portrait. Dès lors, de 1799 à 1815, David lie son sort à celui de l’aigle, dont il célèbre la gloire en évitant de faire allégeance. Il devient le peintre officiel du premier Empire. Il est couvert d’honneurs. L’Empereur Napoléon le nomme en 1804 Premier Peintre, fonction qu’a occupé Charles Le Brun auprès du Roi Louis XIV. Il reçoit la même année la commande du tableau du Sacre et la Distribution des Aigles. Il réalise le Sacre en trois ans.

Vers la fin de l’Empire, les commandes se font rares. David achève son tableau Léonidas aux Thermopyles, tableau conçu par l’artiste vers 1800. Ce tableau est achevé en mai 1814, alors que Napoléon vient d’abdiquer et de partir pour l’île d’Elbe. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur prend le temps de venir voir ce tableau, reçu comme un suprême hommage par David. Après la bataille de Waterloo, avec la Restauration et le retour de Louis XVIII, David, républicain, régicide et valet de l’usurpateur, est définitivement proscrit du royaume de France et part en exil, après la loi du 12 janvier 1816.

L’Italie lui refuse l’asile, la Belgique accepte de le recevoir. Il retrouve à Bruxelles d’autres français compagnons d’infortune : Barrère, Pierre Joseph Cambon, Merlin de Douai, Thibaudeau, Alquier et Sièyes. Il exécute de nombreux portraits de la haute société Bruxelloise.

Il refuse toutes les interventions visant à obtenir son retour en France. Il reste en Belgique jusqu’à son trépas neuf années plus tard. Il trouve dans ce pays la paix et la quiétude. Presque octogénaire, il exécute sans commanditaire en 1824 un tableau de plus de trois mètres de haut : Mars désarmé par Vénus la grâce, œuvre d’une grande beauté, d’une grâce et d’une liberté pleine de fraîcheur. Jacques Louis David s’est éteint le 29 décembre 1825 à Bruxelles.

Seul son cœur repose au père Lachaise, ramené par son fils et inhumé près de son épouse.

Sa tombe est ornée d’un médaillon oeuvre de Normand.

Sa dépouille repose au cimetière d’ Evere à Bruxelles... (Inhumé au cimetière du quartier Léopold de Bruxelles, il fut transféré après 1877 au cimetière d’Evere).

Crédit photo : Annie_photos (APPL 2008)