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NOAILLES Anna de Brancovan comtesse de, (1876-1933)

28eme division (1ere ligne)
mardi 14 mars 2006.
 

Eblouissements...

La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poétesse et romancière française, d’origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933.

Née à Paris, descendante des familles de boyards Bibescu et Craiovești de Roumanie, elle est la fille du prince Grégoire Bibesco de Bassaraba lui-même fils du prince valaque Georges Bibesco et de la princesse Zoé de Brancovan.

Sa mère est la pianiste grecque Raluca Moussouros, à qui Paderewski dédia nombre de ses compositions.

Sa tante, la princesse Hélène Bibesco, a joué un rôle actif dans la vie artistique parisienne à la fin du XIXe siècle jusqu’à sa mort en 1902.

Anna est la cousine germaine des princes Emmanuel et Antoine Bibesco, amis intimes de Proust.

En 1897, Anne-Élisabeth - dite Anna - âgée de 19 ans épouse le comte Mathieu de Noailles (1873-1942), quatrième fils du septième duc de Noailles. Le couple, qui fait partie de la haute société parisienne de l’époque, a un fils, le comte Anne Jules (1900-1979).

Nonobstant, Anna de Noailles entretint une liaison avec Henri Franck poète patriote proche de Maurice Barrès, frère de Lisette de Brinon, qui meurt de tuberculose à 24 ans, en 1912.

Distinctions :

En 1904, avec d’autres dames telles que Mme Alphonse Daudet et Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, Anna de Noailles créa le prix « Vie Heureuse », issu de la revue du même nom, qui deviendra plus tard le prix Fémina, récompensant la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie.

Anna de Noailles est la première femme commandeur de la Légion d’honneur.

L’Académie française nomma un prix en son honneur.

Elle est aussi la première femme reçue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (au fauteuil 33 ; lui ont succédé Colette et Cocteau).

Œuvres :

Anna de Noailles a écrit trois romans, une autobiographie et un grand nombre de poèmes.

Son lyrisme passionné s’exalte dans une œuvre qui développe, d’une manière très personnelle, les grands thèmes de l’amour, de la nature et de la mort.

Au début du xxe siècle, son salon de l’avenue Hoche attire l’élite intellectuelle, littéraire et artistique de l’époque parmi lesquels Edmond Rostand, Francis Jammes, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, René Benjamin, Frédéric Mistral, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Alphonse Daudet, Pierre Loti, Paul Hervieu, l’abbé Mugnier ou encore Max Jacob.

C’est également une amie proche de Clemenceau.

Anna de Noailles est si connue en son temps que plusieurs peintres de renom de l’époque firent son portrait, comme Antonio de la Gandara, Kees van Dongen, Jacques-Émile Blanche ou Philip Alexius de Laszlo (illustration sur cette page).

En 1906, elle est le modèle d’un buste en marbre par Auguste Rodin, qui est aujourd’hui exposé au Metropolitan Museum à New York ; le modèle en terre glaise est exposé au Musée Rodin à Paris.

Elle meurt en 1933 dans son appartement de la rue Scheffer, et elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris, mais son cœur repose au cimetière d’Amphion-les-Bains.

Elle repose dans un beau monument (au nom de Bibesco) qui était orné de sa photo enrichie de cette phrase autographe extraite des Eblouissements :

« Hélas, je n’étais pas faite pour être morte ».

Cette chapelle faillit être profanée en 1984.

Elle fait l’objet depuis d’une surveillance constante.