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Médecins - Chirurgiens - Hommes de l’art

ARDOUIN Jean Augustin (1792-1868) (57)

57eme division
vendredi 19 février 2016.
 

Médecin français

Jean-Augustin Ardouin voit le jour en 1792

Décédé en 1868

Docteur en médecine

Jean Augustin Ardoin est né le 10 juin 1792 à Thézac, petite bourgade près de Saintes, en Charente-Inférieure (aujourd’hui Charente-Maritime) d’un père médecin, Augustin Ardouin, et de Marie Anne Pelluchon-Destouches, sa mère, issue d’une bonne famille provinciale comme en témoigne son nom.

Les premiers éléments concernant son activité remonte en 1812 alors qu’il a 20 ans. Il officie en tant que chirurgien au 1er Régiment de carabiniers de la Grande Armée à l’heure où Napoléon est confronté au « Général hiver » lors de la campagne de Russie et qu’il amorce une piteuse et dramatique retraite.

Il ne faut pas se méprendre sur les compétences de ce chirurgien de 20 ans qui n’est ni médecin ni officier. Un léger apprentissage à l’école de santé à Saintes, l’expérience paternelle, lui permet au mieux d’intervenir sur les champs de bataille et effectuer quelques opérations d’urgence aux nombreux blessés.

Les amputations s’effectuent « à vif » et ne doivent pas dépasser la vingtaine de secondes car on ignore tout de l’anesthésie. C’est à l’époque la version frustre et primitive de ce qui deviendra plus tard la chirurgie de guerre.

Après la campagne de France, suivie de l’exil de Napoléon sur l’Ile d’Elbe en 1814, il est licencié de l’armée par mesure générale comme tous ses coreligionnaires.

L’empereur ne tarde pas à s’enfuir et reconstitue sur le sol français une armée qu’Ardouin, bonapartiste convaincu, va s’empresser de rejoindre en tant qu’aide major au 2ème régiment de Carabiniers.

En 1815, les Cents Jours s’achèvent par la défaite de Napoléon à Waterloo. Ardouin est définitivement rayé des cadres militaires.

La même année, il poursuit des études médicales à Paris et soutient une thèse de doctorat en médecine ; il a alors 23 ans.

En 1816, il est enregistré comme auditeur du naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, en cours de minéralogie. Cet intérêt pour la nature lui vaudra quelques années plus tard, diverses publications dans les revues et congrès scientifiques de l’époque.

Couverture de la thèse de J.A. Ardouin pour le titre de Docteur en Médecine

Puis, pendant une trentaine d’années, plus rien, si ce n’est quelques bribes de vie personnelle.

On apprend qu’il accueilli sous son toit, 3 rue d’Alger à Paris, Pauline Elisa Bauché et sa mère Marie Rose Voisin, toutes deux originaires de la même région de naissance que lui.

Une première fille, Marie Isabelle, nait en 1839. Marguerite Elisabeth voit le jour en 1841 puis Eve Amélie en 1845. Toutes trois sont déclarées de père inconnu.

Le 18 avril 1848, Jean Augustin Ardouin régularise la situation. Il se marie avec Pauline Elisa sous contrat de séparation de biens et reconnait dans le même acte la paternité des trois enfants.

La cohabitation de ce trio constitué d’une belle-mère presque de l’âge de son gendre, d’une épouse de 23 ans plus jeune que son mari, pose malgré tout quelques questions auxquelles on se gardera bien de répondre.

Pauline Elisa a la réputation d’une demi-mondaine et bientôt son comportement deviendra si scandaleux que Jean Augustin l’installera avec une rente dans un domicile distinct.

En 1845, Jean Augustin Ardouin est reconnu comme médecin. Il réside dans les quartiers huppés de la capitale, successivement au 3 rue d’Alger (quartier des Tuileries), au 23 place Vendôme puis au 4 place de la Concorde où il achète l’hôtel de Goislin en 1854. Il est alors vraisemblablement à la tête d’une jolie fortune dont on ignore et le montant et l’origine.

Il est décédé en 1868 à Paris et repose dans la 57e division.

Repose dans cette sépulture :

Marguerite Ardouin (1841-1904), épouse du député Armand-Isidore-Sylvain Petiet.

Inscriptions sur la tombe

ARDOUIN Jean-Augustin docteur en médecine 1792-1868

Marguerite ARDOUIN Baronne PETIET 25 mars 1841 - 11 décembre 1904

Henry John Joseph Harry PATTEN 12 août 1877 - 1 [illisible] avril 1925 époux de dame Gabrielle [illisible]

Sources : Mémoires du Plessis-Trévise et divers (APPL 2016)

Photos : Pierre Yves Beaudoin (Wikimédia Commons).