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Justice - Magistrats - Pouvoir judiciaire - Erreurs judiciaires

LESURQUES Joseph (1763-1796)

8eme division (1ere ligne, AC, 22)
lundi 13 mars 2006.
 

L’affaire du courrier de Lyon

Joseph Lesurques est né en 1763. Deux cent ans avant l’affaire d’Outreau, l’affaire dite du Courrier de Lyon est l’une des plus célèbres erreurs judiciaires de la fin du XVIIIe. C’est tout un enchaînement de coïncidences malheureuses qui vaudront au malheureux Lesurques d’être condamné à mort et guillotiné.

En avril 1796, la malle-poste de Lyon transportant le courrier, des lettres de change et du numéraire destiné à l’armée d’Italie, est attaquée par un groupe de brigands à cheval prés de Lieusaint en Seine et Marne. L’employé de la Poste et les postillons sont sauvagement massacrés et dépouillés.

Presque immédiatement, trois individus sont identifiés comme étant les auteurs de ce carnage : David Bernard, Etienne Courriol et Joseph Lesurques.

Plusieurs témoins les reconnaissent formellement. J. Lesurques proteste de son innocence, peine perdue, les témoins sont formels, il était bien là. Malgré ses dénégations et ses protestations d’innocence, Il est condamné avec les autres accusés à la peine de mort. Malgré les déclarations de ses coaccusés l’innocentant, il est exécuté avec eux le 3 octobre 1796.

Bien plus tard, un certain Dubosc, ressemblant étrangement à J. Lesurques est arrêté, ce qui explique que les témoins avait été trompé. Dubosc avoue son crime, il est à son tour jugé, condamné à mort et exécuté. A son sujet, on raconte un grave incident de procédure touchant au secret professionnel.

Dans un premier temps, Dubosc avoue à son avocat son forfait, mais, sous le sceau su secret, ce dernier se trouve aux prises avec une crise de conscience : doit-il violer le secret et innocenter Lesurques ou ne rien révéler et le conduire à la mort ? Quoi qu’il en soit, il s’en ouvre à son bâtonnier.

Ce dernier fait ce qu’il n’aurait jamais du faire. Ce qui devait rester secret se répandit comme une traînée de poudre, jusqu’aux oreilles des autorités judiciaires qui poursuivent.... L’avocat ! Pour violation du secret professionnel. Résultat, ce fut l’avocat qui fut condamné en premier avant Dubosc qui passe alors des aveux complets.

Avec Lesurques et Dubosc, on a un condamné et exécuté de trop. La famille Lesurques demande alors la révision du procès de Joseph. C’est le bâtonnier de Paris, un certain Jules Favre qui est chargé de cette procédure. Demandée par Virginie, la fille de Joseph Lesurques, la réhabilitation tant souhaitée ne lui est pas accordée.

C’est finalement l’opinion populaire qui rendit justice à J. Lesurques et le réhabilita de facto en en faisant de sa condamnation l’exemple de l’erreur judiciaire.

Sur son cénotaphe, on peut lire :

Il fut victime de la plus déplorables des erreurs humaine

Aprés la mort de son épouse, leurs enfants firent rajouter cette inscription :

Martyrs tous deux sur la terre

tous deux réunis sont réunis au ciel.

Joseph Lesurques fut inhumé au cimetière Sainte Catherine (aujourd’hui disparu) prés du cimetière de Clamart. Un cénotaphe lui est consacré au Père Lachaise.

La peine de mort n’a été abolie dans notre pays que le 17 septembre 1981.

Crédit photos : Annie_photos (APPL 2008)