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Faits divers - Manifestations - Mouvements populaires

OUSSEKINE Malik (1862-1986)

75eme division
lundi 13 mars 2006.
 

Chronique de la violence ordinaire

Malek Oussékine est né en 1962. Qui se souvient, vingt ans après son décès, de ce jeune homme tabassé, battu à mort par deux policiers dans le contexte des manifestations contre la loi d’enseignement Devaquet en 1986 ?. Charles Pasqua est alors Ministre de l’Intérieur et Alain Devaquet ministre délégué à l’enseignement supérieur.

Quand aux évènements par eux même, en voici le déroulement : Peu après minuit, rue Monsieur le Prince, où se trouve une boite de jazz fréquentée par le jeune Malik, au numéro 20, dans le hall de l’immeuble où il s’est réfugié suite à une manifestation au prime abord pacifique marquée par des débordements policiers. Le jeune français d’origine algérienne, étudiant à l’école supérieure des professions immobilières (ESPI) n’est pas directement concerné par le mouvement développé par la jeunesse lycéenne et étudiante depuis le 25 novembre 1986. Mouvement né de la contestation d’un projet de loi visant à instaurer la sélection à l’entrée de l’Université.

Le drame n’a eut qu’un seul témoin, Paul Bayzelon, fonctionnaire au ministère des Finances, habitant l’immeuble a rapporté » Je rentrais chez moi : au moment de refermer la porte après avoir composé le code, je vois le visage affolé d’un jeune homme. Je le fais passer et je veux refermer la porte. Deux policiers s’engouffrent dans le hall, ils se sont précipités sur le type réfugié au fond et l’on frappé avec une violence incroyable. Il est tombé, ils ont continué à frapper à coup de matraque et de pieds dans le ventre et dans le dos ».

Malik est de constitution maladive, il souffre de déficiences rénales graves et doit être dialysé trois fois par semaine. Les deux policiers sont membres de la brigade des voltigeurs motoportés.

Le lendemain, Alain Devaquet, ministre délégué à l’Enseignement Secondaire, présente sa démission. Au même moment, les étudiants défilent en silence un peu partout en France, et ce, massivement. Le lundi 8 décembre 1986, une gigantesque marche silencieuse a lieu. Trois cent mille personnes défilent à Paris, plus d’un million en France. Jacques Chirac, premier ministre de l’époque, retire le projet de loi.

Les deux agresseurs ont comparu devant la cour d’assise de Paris trois années plus tard pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner (sic) ». Il furent condamnés le 28 janvier 1990, respectivement à cinq ans et deux ans de prison avec sursis. Leur administration de tutelle ne prit aucune sanction notable à leur égard, le premier fut mis en retraite anticipée, le second fut simplement muté à un autre poste.

Malik repose sous un monument de style oriental, de moins en moins visité, le temps nivelle tout, même les injustices.