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Cinéma - Télévision - audiovisuel

MELIES Georges (1861-1938)

64eme division
samedi 11 mars 2006.
 

La magie du cinéma

Marie Georges Jean Méliès est né à Paris le 8 décembre 1861. Il voit le jour dans une famille de fabricants de chaussures.

Pendant un temps, il travaille dans l’entreprise de son père, avant de partir pour Londres afin d’y apprendre la prestidigitation et les automates.

Il devient le directeur du Théâtre Robert Houdin qu’il achète en 1888 pour y monter des spectacles de magie et de « Grandes illusions ».

Le cinéma naissant le passionne, il prend contact avec les frères Lumière. Mais ceux-ci le dissuadent de se lancer dans l’aventure du cinématographe, celui-ci, selon eux, bénéficie d’un attrait de nouveauté, mais sa réalisation coûte cher et le retour sur investissement n’est pas très sur, Méliès pourrait s’y ruiner.

Mais tout cela tombe dans l’oreille d’un sourd, Méliès n’en fait qu’à sa tête. Il achète un projecteur à Londres et fonde sa propre société de production qu’il nomme Star Film, sans imaginer la signification universelle que cette appellation allait connaître.

Mais, peut être que les frères Lumière ne voulaient-ils qu’écarter un concurrent possible, eux même envoyant des équipes de tournages sur toute la surface du globe. En 1897, il crée un studio vitré dans sa propriété de Montreuil et filme ses acteurs (au nombre desquels il se trouve) dans des décors peints directement inspirés par les spectacles de magie de son Théâtre.

Il film également fautes de pouvoir être sur place, des Actualités reconstituées en studio. Parallèlement, il développe aussi un atelier de coloration manuelle de ses films, procédé développé plus tard sous le nom de Technicolor. Il devient tour à tour producteur, réalisateur, scénariste, décorateur et acteur.

Il réalise ainsi entre 1896 et 1914, plus de cinq cent « Voyages à travers l’impossible », véritables petits bijoux du cinéma naissant, d’une beauté poétique extraordinaire. Même si ce sont de courts métrages de quelques minutes (projetés surtout dans les foires et expositions), ils sont vus comme une évolution de la lanterne magique. En 1899, il tourne son premier long métrage : L’Affaire Dreyfus, qui est le témoignage de son intérêt pour le réalisme politique. Son voyage dans la Lune en 1902 remporte un certain succès, c’est un véritable festival d’illusions photographiques et d’innovations techniques, Méliès ne parvient pas à égaler et rivaliser avec les grandes sociétés à production élevée.

La première guerre mondiale le conduit à la ruine, aidée en cela par la compétition des grands studios français et américains. Pratiquement tous ses films sont détruits ou vendus (tout simplement récupérés au poids et transformés en talonnettes pour chaussures).

Tombé dans l’oubli, il en est réduit à vendre des jouets en bois fabriqués par ses soins et des sucreries dans le hall de la gare Montparnasse. C’est grâce aux surréalistes que son œuvre est redécouverte, il obtient la Légion d’Honneur en 1931. L’année suivante, il est placé dans une humble maison de retraite d’Orly où il terminera ses jours.

Peu de temps avant la mort de Georges Méliès, en 1938, Henri Langlois, créateur inspiré de la Cinémathèque française, parvient à sauver une partie de ses films et en dirige la restauration. Georges Méliès peut être considéré comme l’inventeur du cinéma de divertissement.

Depuis 1946, le Prix Méliès récompense chaque année le meilleur film français ou de coproduction française. Georges Méliès est décédé le 21 janvier 1938.