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Hommes politiques - Ministres - Représentants du peuple

LANJUINAIS Victor Ambroise, vicomte de (1802-1869)

30eme division (1ere ligne, T, 30)
dimanche 14 février 2016.
 

Homme politique français

Victor Ambroise, vicomte « de » Lanjuinais, voit le jour le 5 novembre 1802 à Paris.

Décédé à Paris le 1er janvier 1869.

Homme politique français.

D’orientation libérale, ami de Tocqueville, il fut élu à plusieurs reprises député de la Loire-Inférieure et fut ministre sous la Deuxième République.

Fils cadet de Jean-Denis Lanjuinais, Victor Lanjuinais étudia le droit et fut reçu avocat.

Il commence sa carrière politique, en 1830, comme conseiller municipal du 10e arrondissement de Paris.

Chambre des députés :

Élu, à la Chambre des députés le 17 février 1838, député du 3e collège de la Loire-Inférieure (Pont-Rousseau), en remplacement de M. Billault, qui avait opté pour Ancenis, il siégea au centre gauche et opina généralement avec le tiers-parti.

Successivement réélu :

le 2 mars 1839 ; le 9 juillet 1842, contre M. Betting de Lancastel ; et le 1er août 1846, contre le même concurrent.

Il combattit modérément la politique de Guizot et, dans la session de 1847, vota pour la proposition de réforme électorale, mais refusa de s’associer à la campagne des banquets.

Lanjuinais doit à sa vie parlementaire d’avoir rencontré Alexis de Tocqueville, qui partage ses opinions libérales et qui l’implique dans la plupart de ses projets politiques : il participe ainsi à l’aventure du Commerce en prenant des parts dans la société d’exploitation du journal et s’intéresse vivement au projet de constitution d’un parti de la « Jeune Gauche ».

Il partage également avec Tocqueville son goût des voyages et s’inquiète comme son ami du sort de la colonie française d’Algérie, où les deux amis se retrouvent d’ailleurs en 1846.

« En somme, c’était un associé très sûr et, à tout prendre, le plus honnête homme que j’aie rencontré dans la vie publique et celui de tous qui m’ait paru mêler à son amour du bien public le moins de vues particulières ou intéressées. [...]

Son humeur était aussi calme et aussi paisible que la mienne était inquiète et troublée. Méthodique, lent, paresseux, prudent, méticuleux même, il n’entrait que très difficilement dans une entreprise ; mais, une fois entré, n’y reculait jamais et s’y montrait jusqu’au bout résolu et têtu comme un paysan breton. »

-  A. de Tocqueville, Souvenirs

Toujours avec Tocqueville, Lanjuinais fit partie du groupe d’étude sur la question sociale créé par Frédéric Le Play en 1848.

Assemblée constituante de 1848 :

Après la révolution de Février 1848, il fut élu dans les rangs des conservateurs, le 23 avril 1848, représentant de la Loire-Inférieure à l’Assemblée constituante, le 1er sur 13.

Lanjuinais vota avec la droite :

pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, pour le rétablissement de la contrainte par corps ; contre l’amendement Grévy ; contre le droit au travail ; pour la proposition Rateau ; contre l’amnistie ; pour l’interdiction des clubs ; pour l’expédition de Rome ; contre l’abolition de l’impôt des boissons, etc.

Membre et secrétaire du comité des Finances, il combattit de tout son pouvoir le socialisme, préconisa les solutions économiques de l’école du « laisser-faire », se montra l’adversaire du papier-monnaie et proposa de parer au déficit par la consolidation des bons du Trésor et des livrets de caisse d’épargne et par l’émission d’un emprunt de deux cents millions en rente sur l’État.

Après de vifs débats, où elle fut appuyée par M. de Lasteyrie et par Berryer, l’opinion de Lanjuinais l’emporta devant le comité, puis devant l’Assemblée, non sans avoir obtenu le suffrage du gouverneur de la Banque de France (d’Argout) et du syndic des agents de change.

Lanjuinais fut ensuite chargé de plusieurs rapports importants sur diverses matières de finances ; il fit aussi partie de la commission d’enquête relative à la manifestation du 15 mai 1848 et aux événements du 23 juin 1848 ; il opina, avec la majorité de ses collègues, dans le sens de la répression.

Lorsque le représentant Rateau demanda, au nom de la droite, la dissolution de la Constituante, il signa avec lui la motion qui prévalut, et qui tendait à une dissolution volontaire de l’Assemblée après le vote de la loi électorale.

Ministre de la IIe République :

Les royalistes purs lui ayant retiré leur appui dans la Loire-Inférieure aux élections générales pour la Législative, Lanjuinais ne fut pas réélu.

Il s’était retiré à la campagne, lorsqu’il apprit (2 juin 1849) qu’il était appelé, comme ministre du Commerce et de l’Agriculture, à faire partie du cabinet présidé par Odilon Barrot.

Lanjuinais, vu de profil au moment où il monte à la tribune pour aborder une question de face.

Il ne tarda pas d’ailleurs à rentrer au parlement : le 8 juillet suivant, onze réélections ayant eu lieu à Paris par suite d’options ou de démissions, Lanjuinais, candidat conservateur, fut élu, le premier de la liste, représentant de la Seine.

Comme ministre du Commerce, il eut part à la suppression du système des quarantaines du Levant Page d’aide sur l’homonymie ; il voulut aussi mettre fin au monopole de la boulangerie parisienne ; mais cette décision ne fut point confirmée par son successeur. Chargé pendant trois mois de l’intérim du ministère de l’Instruction publique et des Cultes, il obtint du pouvoir exécutif l’autorisation collective des synodes provinciaux qui seraient tenus pendant le cours de l’année 1849, en réservant à l’autorité civile les droits stipulés par le Concordat. Soutenu par la majorité de droite, le cabinet, dont Lanjuinais faisait partie, fut révoqué le 31 octobre.

Le représentant de la Loire-Inférieure refusa d’entrer dans les combinaisons ultérieures et prit part encore dans l’Assemblée aux travaux de plusieurs commissions importantes, telles que la commission d’enquête de la marine et celle des boissons ; il fut en outre président et rapporteur de la commission d’enquête sur la production et la consommation de la viande de boucherie.

Corps législatif :

Adversaire du coup d’État du 2 décembre 1851, il protesta contre cet acte et fut du nombre des représentants (dont Berryer et Tocqueville) qui, réunis à la mairie du 10e arrondissement de Paris, votèrent la déchéance du Prince-Président.

Après avoir subi une courte détention au château de Vincennes, il rentra dans la vie privée, refusa en 1857 la candidature au Corps législatif, et reparut au parlement, le 1er juin 1863, comme candidat indépendant de la 2e circonscription de la Loire-Inférieure.

Lanjuinais siégea dans le tiers-parti orléaniste, se sépara de la gauche au sujet de la loi de 1864 sur les coalitions, qu’il vota avec Émile Ollivier, parla (session de 1867) sur le budget de la Justice, pour blâmer l’intervention des juges des paix dans la politique, un certain nombre de ces magistrats ayant été obligés d’envoyer aux parquets un rapport trimestriel sur l’attitude des partis, et mourut avant la fin de la législature.

Il fut inhumé, dans le caveau familial, au cimetière du Père-Lachaise.

Œuvres : On a de lui :

Notice sur la vie et les ouvrages de son père (1832) ;

Nouvelles Recherches sur la question de l’or (1863), dans la Revue des Deux-Mondes.

Sources : Wikipédia et divers.