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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE 14 février)

m1. Décès de Joseph LAKANAL (1762-1845)

11eme division
dimanche 14 février 2016.
 

14 février 1845.

Mort de Joseph LAKANAL au n° 10 de la rue de Birague (Paris 4ème). Député de l’Ariège à la Convention, il siégea parmi les Montagnards et vota la mort de Louis XVI.

Peu de temps après la mort du roi, Lakanal entra au Comité de l’instruction publique (le 28 janvier 1793) où il fut particulièrement actif :

-  lutte contre la dégradation des monuments historiques ;

-  transformation du Jardin des plantes (créé par Colbert) en Muséum d’histoire naturelle, doublant sa surface et le dotant d’une ménagerie ;

-  autorisation de mettre en place du télégraphe de Chappe ;

-  transformation de ses écoles militaires en établissements d’enseignement ;
-  réorganisation de l’Observatoire.

D’octobre 1793 à juillet 1794, il effectua une mission dans le sud-ouest de la France, durant laquelle il créa une manufacture d’armes à Bergerac, des écoles primaires gratuites pour garçons et filles, et imposa une "corvée patriotique" pour réparer les routes.

Fin juillet 1794, après l’exécution de Robespierre et la fin de la Terreur, il regagna Paris et devint président du Comité d’instruction publique, qui suscita les grandes mesures prises durant la dernière année de la Convention, dite "thermidorienne" (août 1794-octobre 1795) :

-  création d’une école primaire pour 1 000 habitants (décret Lakanal du 17 octobre 1794) ;

-  loi Daunou confiant ces écoles aux autorités civiles et laïcisant les programmes ;

-  création d’écoles normales et d’écoles centrales de formation des maîtres, du Conservatoire national des arts et métiers, de l’Ecole polytechnique, du Conservatoire de musique, de l’Ecole des langues orientales ;

-  adoption du système métrique...

Durant le Directoire (1795-1799), Lakanal fut élu au Conseil des Cinq-Cents (l’ancêtre de l’Assemblée nationale), devint membre de l’Institut, puis organisa en 1799 la défense des départements français de la rive gauche du Rhin.

Rallié à Bonaparte après son coup d’Etat du 18 brumaire, il enseigna les langues anciennes à l’Ecole normale de Paris, fut économe au lycée Condorcet, puis inspecteur général des poids et mesures.

A la Restauration, contraint à l’exil, Lakanal partit pour les États-Unis et finit après quelques pérégrinations par devenir président de l’université de Louisiane à la Nouvelle-Orléans, puis planteur en Alabama, où en 1817, plusieurs centaines de réfugiés de Saint-Domingue, menés par deux ex-généraux de Napoléon Bonaparte, fondent la Vine and Olive Colony, et obtiennent 370 kilomètres carrés du gouvernement américain.

Très vite, ces colons, dont fait partie aussi l’éditeur de presse Jean-Simon Chaudron, abandonnent le vin et les olives pour devenir des pionniers de l’histoire de la culture du coton.

Il ne rentra en France qu’en 1834.

Source principale : « 1794 : Lakanal pose les bases du système éducatif », Le Monde Economie, édition du 03.09.2012.