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Faits divers - Émeutes et manifestations - Mouvements populaires

ROSSIGNOL Raymond (D. en 1934)

63eme division (1ere ligne)
samedi 6 février 2016.
 

Victime des émeutes du 6 février 1934

6 février 1934.

La manifestation antiparlementaire tourne à l’émeute place de la Concorde, faisant 15 morts et plus de 2 000 blessés. Parmi les manifestants tués, Raymond ROSSIGNOL, 37 ans, membre des Jeunesses Patriotes, repose dans la 63ème division.

Jeunesses patriotes est une ligue d’extrême droite créée en 1924 par le député bonapartiste Pierre Taittinger dans la continuité de la Ligue des patriotes fondée en 1882 par Paul Déroulède.

Depuis les premiers jours de janvier 1934, un nom, obsédant, occupait les conversations et les manchettes des journaux : celui d’un escroc de haut vol : Stavisky.

Il avait eu des commensaux, des complices peut-être, dans les milieux politiques.

Le " scandale " était exploité à fond par les ligues d’extrême droite, l’ " Action française " de Maurras et Daudet, les Jeunesses Patriotes de Taittinger, les Croix de feu du colonel de la Rocque, qui organisaient chaque jour, aux cris de " À bas les voleurs ! " de vigoureuses manifestations.

Le 27 janvier, le ministère Chautemps, éclaboussé, s’effondre. Un gouvernement Daladier lui succède, qui, le 4 février, écarte le préfet de police de Paris, Jean Chiappe, que les ligues considéraient comme leur allié... À la Chambre, les interpellations pleuvent. Elles seront discutées le mardi 6 février, et ce jour-là, aussi, les ligues appellent une fois de plus à manifester, mais devant le Palais-Bourbon.

Parmi les principales ligues nationalistes présentes le 6 février, on compte l’Action française et ses Camelots du Roi ; les Jeunesses patriotes ; la Solidarité française et le Francisme de Marcel Bucard.

Sont aussi présents les Croix-de-feu, la Fédération des contribuables, dont les dirigeants ont des objectifs politiques proches de ceux des ligues, et les associations d’anciens combattants : l’Union nationale des combattants et l’Association républicaine des anciens combattants, satellite officieux du Parti communiste français.

Ce fut une journée d’émeutes, presque de guerre civile. Manifestants d’extrême droite et contre-manifestants de gauche se heurtent durement aux forces de l’ordre.

En fin d’après-midi, la fusillade éclate devant le pont de la Concorde, s’étend rue Royale, le long des Tuileries. Les charges de la garde à cheval, les salves des agents, les coups de revolver des ligueurs, dans les hurlements, la confusion, les lueurs d’incendies - un autobus brûle en bas des Champs-Élysées - font 16 morts, 655 blessés dans la foule, 1 tué et 1 664 blessés dans le service d’ordre.

Source principale : Le Monde 26.09.1970 - « Ce que fut le 6 février 1934 ».

Photos : P.Y. Beaudoin (Wikicommons)