Navigation







Monuments remarquables

SENONNES Marie Geneviève de (1783-1828)

45eme division (1ere ligne)
vendredi 10 mars 2006.
 

Le dernier modèle d’Ingres

Marie-Geneviève-Marguerite Marcoz ou encore Madame de Senonnes, vicomtesse de Senonnes, née à Lyon le 29 juin 1783, décédée le 25 avril 1828 à Paris.

Elle est connue comme modèle principal du tableau d’Ingres intitulé : Portrait de Madame de Senonnes (1814).

Elle est la fille de Joseph Marcoz, négociant, drapier et bourgeois lyonnais et de Genevève Coupet. Elle reçoit à Lyon, instruction et éducation. Elle connait dans cette même ville la période troublée de la Révolution française.

Prénommée Mariette, elle voyage peu avant son premier mariage. Elle se marie le 19 avril 1802 à Lyon avec Jean Talensier.

Une fille nommée Geneviève-Amélina nait de cette union, le 4 avril 1803 à Lyon. Les époux furent logés, blanchis, nourris par les beaux-parents Marcoz pendant 2 ans.

Le commerce des draperies appelle le jeune ménage à Rome, où l’union se dissocie. Ils divorcent probablement en 1809.

Une fausse légende indique que Marie Marcoz était italienne d’origine, et plus précisément transtévérine. Elle se donnait probablement pout Italienne, se rajeunissait, se disant née en 1787. Des artistes l’avaient choisie pour modèle. Divorcée, elle avait repris ses relations avec les milieux d’artistes.

C’est dans ces circonstances, que peintre amateur à Rome, Alexandre de la Motte-Baracé semble l’avoir rencontrée dans la rue ; elle était devenue sa maîtresse (de 1810 à 1814) puis sa femme en août 1815.

L’annonce de son premier mariage fut l’occasion d’une brouille avec sa famille en raison de l’origine de Marie Marcoz, et de son statut de divorcée. Néanmoins, Marie Marcoz devint vicomtesse de Senonnes, et tint son rang comme une dame de haute naissance.

Madame de Senonnes accompagnait le vicomte dans ses visites en Italie, et avait la réputation d’émerveiller partout par sa beauté. C’est à l’époque en 1814, que le vicomte chercha à la faire peindre. La peinture fut réalisée en Italie par un ami : Ingres. Le tableau fut longtemps intitulé : La transtévérine.

Lorsque Napoléon Ier fut contraint de rendre le trône aux Bourbons, Alexandre de la Motte-Baracé, sa femme et sa fille se rendirent à Paris pour profiter des faveurs royales.

En 1829, elle décède, laissant son deuxième mari veuf.

Mme de Senonnes à Rome...

Dans la ville éternelle, dans son atelier, Dominique Ingres se penche sur le croquis d’un portrait. D’un trait précis, appliqué et parfait, il voit le portrait d’une femme nue assise.

Levant les yeux, il contemple à quelques pas de lui Mme de Sénonnes, son modèle, vêtue d’une robe rouge formant un superbe contraste avec la tonalité éclatante du jaune du divan sur lequel elle est assise.

C’est nue qu’il l’a dessinée, comme à son habitude, c’est sa méthode. Il est sur d’obtenir ainsi un équilibre parfait de son sujet, alliant des proportions sans défaut à une rigueur du trait.

Ensuite, il l’habille. Sur sa toile posée sur son chevalet, il esquisse le portrait. Le regard de son modèle porte l’empreinte de la nudité primitive, il conserve cette réserve et cette gêne atténuées de sa féminité offerte.

Le portrait final est remarquable, le dessin est d’une grande pureté, la couleur n’est qu’un argument, un complément. L’homme est d’une sensualité exacerbée, l’artiste retransmet cette passion du désir et de la chair.

Ses portraits de femmes sont tous emplis de la sensibilité du contour et de l’extrême précision du modèle.

___________________________________

Crédit photos : Hugo_photo (APPL 2005/2010)

Article sur Mme de Sénonnes (N. OBS du 15 au 21 janvier 2011