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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE (1er février)

a. Décès de Jean Anthelme de BRILLAT SAVARIN (1755-1826)

28eme division
mardi 2 février 2016.
 

1er février 1826.

Jean Anthelme BRILLAT-SAVARIN meurt d’une pneumonie après avoir pris froid lors d’une messe à la mémoire de Louis XVI.

Magistrat et illustre gastronome, auteur de "La physiologie du goût", Brillat-Savarin, un homme aux multiples facettes :

[ ... Brillat-Savarin incarne un type nouveau, celui de l’écrivain gastronome, qui n’est plus ni cuisinier, ni diététicien, ni moraliste. Ces derniers étaient traditionnellement les seuls à produire des ouvrages de ou sur la cuisine.

Comme Grimod de La Reynière, Brillat n’est pas un professionnel mais un intellectuel de la bonne chère.

Il naît en 1755 à Belley, où il passe son enfance, dans une famille dont la noblesse de robe remonte au 17e siècle.

Le contexte familial semble le prédestiner... Sa région natale, le Bugey, est une terre qui rend gourmand, réputée pour ses écrevisses (à la Nantua), ses truites et ses brochets, son gibier et ses volailles, ses truffes et ses morilles. Sa mère, Aurore Récamier, est une fine cuisinière, en l’honneur de qui il nommera « Oreiller de la belle Aurore » un pâté aux quenelles, morilles, truffes et queues d’écrevisses...

Après ses études - il apprend le droit à Dijon, ainsi qu’un peu de chimie et de médecine -, il retourne à Belley où il devient juge au tribunal civil. Élu représentant du Tiers-État aux États Généraux de 1789, il est plein d’espoir face aux idées nouvelles mais bientôt, opposé aux changements trop brutaux, favorable à la monarchie et menacé par le Tribunal révolutionnaire, il s’exile en Suisse, en Allemagne, en Hollande puis aux États-Unis où il passe trois ans, vivant de leçons de français et de son violon.

Bien avant ses voyages, Brillat est un cosmopolite qui a appris quatre langues étrangères, l’anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol.

Aux États-Unis, il s’intègre à la société et s’adapte à de nouvelles moeurs, sans les préjugés que pourrait avoir un Européen.

Il évoquera certaines expériences gustatives dans la Physiologie du goût, ne se limitant pas au terroir français, se comparant lui-même à Ulysse qui avait vu les moeurs et les villes de beaucoup de peuples. Il regagne la France en 1796, dépouillé de ses biens. Rattaché à l’état major d’Augereau aux armées du Rhin, on le charge... du ravitaillement, puis le Directoire le nomme commissaire du gouvernement à la Cour de justice criminelle de Versailles.

En 1800, il devient conseiller à la Cour de Cassation. Il peut alors mener une vie paisible, fréquentant les bonnes tables (Véry, Beauvilliers, le Rocher de Cancale, le Véfour), familier des salons à la mode, où on le reconnaît comme un convive spirituel et agréable, un musicien et un gourmet averti.

Outre la Physiologie du goût, Brillat-Savarin a écrit plusieurs autres textes : un Projet d’économie politique (1802), une Théorie judiciaire, un Essai historique et critique sur le duel (1819), des Notes sur l’archéologie du département de l’Ain.]

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