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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE (27 janvier)

w. décès de Charles NODIER (1780-1844)

49eme division
mercredi 27 janvier 2016.
 

27 janvier 1844.

Charles NODIER décède à Paris.

Né à Besançon en 1780, Charles Nodier est nettement plus âgé que la plupart des écrivains de la génération romantique.

Il ne trouve sa voie qu’assez tardivement : arrivé à l’âge adulte dans l’ambiance de la Révolution française, très marqué par l’influence du Werther de Goethe, il connaît une jeunesse exaltée, puis, s’apaisant quelque peu, se consacre à l’érudition et fait carrière comme bibliothécaire.

Mais le très sérieux directeur de la bibliothèque de l’Arsenal, élu à l’Académie française en 1833, est avant tout un amateur de littérature fantastique, voire fantaisiste.

Un conte fantastique et « frénétique » intitulé Smarra ou les démons de la nuit représente, en 1821, sa première œuvre originale : en entreprenant de peindre les angoisses du cauchemar et en discernant l’importance du rêve dans la vie psychologique, Nodier se situe à la pointe d’un certain romantisme qu’il faudra attendre Nerval et Aloysius Bertrand pour voir le égaler, sinon dépasser.

En privilégiant le rêve et l’imaginaire , Nodier est surréaliste avant l’heure.

Mais Nodier s’impose surtout dans l’histoire des arts et lettres grâce à son cénacle. Nommé bibliothécaire de l’Arsenal en 1824, il sait y attirer, par son éblouissant talent de causeur, les plus brillants représentants de la jeune école romantique : Victor Hugo, Alfred de Vigny, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Théophile Gautier, David d’Angers, Eugène Delacroix...

Pendant toute cette période, Nodier écrit peu ; un voyage en Ecosse, où il rencontre Walter Scott, lui inspire un agréable conte, Trilby.

L’année 1830 est particulièrement dure pour Nodier, à la fois pour des raisons privées et pour des raisons littéraires : en particulier le succès de Hugo rue Notre-Dame-Des-Champs a détourné de l’Arsenal de nombreux habitués. Nodier, malade, découragé par les progrès de l’esprit positif dans le monde moderne, se replie sur lui-même, se consacre définitivement au conte, et, dans ces prenants récits que sont Le Songe d’Or, Jean-François les Bas Bleus et surtout La Fée aux Miettes (1832), il s’abandonne totalement à l’univers chimérique que ce genre lui permet de bâtir.

La tombe de Nodier se trouve dans la 49ème division, secteur où se sont déroulés les derniers combats de la Commune. Des impacts de balles sont visibles sur la tombe ( à mettre au conditionnel pour certains...). Le buste en marbre est de David d’Angers.

Photo : Wikimedia Commons