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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE (20 janvier)

o. Naissance d’Yvette GUILBERT (1865-1944)

94eme division
jeudi 21 janvier 2016.
 

20 janvier 1865.

La "diseuse fin de siècle" Emma Guilbert, dite Yvette GUILBERT, voit le jour à Paris, au 78 rue du Temple (3ème arrondissement).

Morte en février 1944 à l’hôtel Nègre Coste d’ Aix-en-Provence, cours Mirabeau, elle repose depuis 1946 dans la 94ème division.

" Pas jolie, engainée dans sa robe étroite, couvrant des bras frêles de longs gants noirs et qui chantait sans les gestes explicatifs de ses consœurs, immobile, ne soulignant que par le rictus de sa bouche, d’où sortait une diction originale, sèche, saccadée, mais nette, prenante, portant loin, ne laissant pas mourir une syllabe".

Ainsi parlait Paulus, une des gloires du music-hall en 1900, de la "vedette fin du siècle", de la "chanteuse la mieux disante", Yvette Guilbert. Elle avait débuté vers 1890 au Moulin-Rouge dans une imitation de nurse anglaise. Sans succès, C’était l’époque, la grande époque des cafés-concerts, des"caf’ conc".

Et c’est dans un de ceux-ci, (le Divan japonais, rue des Martyrs) que, deux ou trois ans plus tard, Yvette Guilbert apparut telle que l’immortalisa Toulouse-Lautrec, en robe jaune, avec ses gants noirs, son long cou, son toupet de clown aux cheveux rouges, ses lèvres avancées, chantant le Fiacre et Madame Arthur.

Dès lors, elle régna sur le music-hall, d’abord rue des Martyrs, en compagnie de Dranem, puis au Concert parisien, aujourd’hui Concert Mayol. Toulouse-Lautrec a grandement contribué à la notoriété de la diseuse et a assuré sa postérité.

Par sa volonté de se construire un personnage de toute pièce, simplifié à l’extrême, sans bijou ni fioriture, elle se démarqua du Paris nocturne de la Belle Epoque, et en devint finalement l’une des effigies aujourd’hui, grâce à l’image conçue par Toulouse-Lautrec.

Source principale : Le Monde 19.04.1968