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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE

k. Décès du chirurgien Jacques TENON (1724-1816)

10eme division (1ere ligne)
vendredi 15 janvier 2016.
 

15 janvier 1816.

Mort à Paris du chirurgien Jacques René TENON (10ème division).

On attribuera à hôpital de Ménilmontant en 1879, le nom de Jacques Tenon qui en avait dessiné les principes de construction et d’organisation dans son « Mémoire des hôpitaux de Paris ».

Après avoir suivi l’armée en Flandres, en tant que chirurgien militaire, il obtient la place de chirurgien de la Salpêtrière. Partisan de la doctrine de l’inoculation qu’il contribue à faire adopter, il annexe à cet hospice une maison d’inoculation.

En 1757, il obtient la chaire de pathologie au collège de chirurgie et entre à l’Académie des sciences en 1759.

En 1785, l’Académie des sciences le charge du rapport sur les hôpitaux demandé par Louis XVI. Tenon va en Allemagne et en Angleterre pour visiter les hôpitaux les plus remarquables, et en rapporte les indications nécessaires à la réforme des nôtres.

A son retour, en 1788, Tenon publie son célèbre Mémoire sur les hôpitaux de Paris. Il y indique d’une façon remarquable l’état déplorable dans lequel se trouvent l’Hôtel-Dieu et les autres établissements hospitaliers et propose des mesures pour y remédier.

Il étudie d’abord l’Hôtel Dieu. Les salles sont encombrées de malades qui occupent les lits par quatre et même six. Serrés les uns contre les autres, ils sentent quelques fois un ou deux morts, entre eux, pendant des heures et des heures.

On plaçe pêle-mêle tous les malades sans distinguer ni les maladies contagieuses, ni celles de la peau qui sont particulièrement fréquentes. Les femmes en couches, les nouveau-nés sont dans les mêmes salles. On opère les patients dans les salles. L’aspect redoutable des instruments s’étale devant les yeux des autres personnes alitées.

Les cris des malheureux, attachés sur la table où on les opère, terrorisent ceux qui doivent leur succéder. Le quart des malades qui entrent à l’Hôtel Dieu meurent. La moitié des autres contractent avant leur sortie, une seconde maladie différente de celle qui ont nécessité leur admission.

Pour Tenon, un hôpital doit être aménagé en fonction des malades. Il faut séparer les indigents des malades, d’où la nécessité de pavillons. Les dispositions suivantes doivent être prises : lits individuels, latrines installées en dehors des salles, services généraux indépendants des pavillons des malades et morgue placée nettement à l’écart.

Tenon prévoit aussi des chambres d’isolement et des services spéciaux pour la gynécologie, l’obstétrique et les nouveau-nés. En chirurgie, il préconise des salles pour recevoir les malades et d’autres pour les examiner et les traiter, indépendantes des salles d’hospitalisation. Les salles d’opération doivent être installées à l’écart des autres salles. L’hôpital doit être en outre, un centre d’études et d’instruction médicale.

En conclusion, il propose de détruire l’Hôtel Dieu qui est malsain dans le centre surpeuplé de Paris et de le remplacer par quatre hôpitaux à construire aux portes de Paris. Celui de Ménilmontant est prévu dans son rapport. Il portera son nom . On peut également considérer Tenon comme un précurseur de la médecine du travail. Pour étudier l’intoxication mercurielle des chapeliers, il se rend dans les manufactures où on utilise les peaux de lapin, s’attachant à s’assurer si dans chaque fabrique on use des mêmes procédés. En découvrant une maladie professionnelle et en préconisant les moyens de l’éviter, Tenon se révèle un véritable médecin du travail.

Sources :

Jacques Tenon