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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE

Q. Naissance de Marie de HEREDIA (1875-1963)

94eme division
dimanche 20 décembre 2015.
 

20 décembre 1875.

Naissance à Paris de Marie de Heredia, fille cadette du poète José-Maria de Heredia et de Louise Cécile Despaigne, tous deux de nationalité espagnole et originaires de Santiago de Cuba.

Marie et ses deux sœurs, Hélène et Louise, grandirent au milieu du salon littéraire que tint leur père à son domicile, 11 rue de Balzac.

Plus connue sous le nom de Marie de Régnier, Marie de Heredia fut à la fois une muse, une femme de lettres et une femme fatale de la Belle Époque :

« Marie de Heredia passa sa jeunesse au milieu de poètes, parnassiens pour la plupart, mais pas uniquement. Heredia, très accueillant, aimait en effet recevoir, dans son salon, de jeunes écrivains qui se plaçaient sous son patronage ou celui de Mallarmé.

Parmi eux, le poète Henri de Régnier et son ami Pierre Louÿs. Le premier épousa Marie de Heredia, le second devint son amant.

Ce fut le début pour elle d’une vie plus romanesque que celle des héroïnes de ses romans qu’elle signait du nom de Gérard d’Houville.

Marie de Régnier eut à ses pieds tant d’écrivains de la Belle Époque qu’on ne peut ici tous les énumérer. Citons tout de même Jean de Tinan, Gabriele D’Annunzio, Henry Bernstein et bien sûr Pierre Louÿs, très attaché à Marie de Régnier (dont il épousa la sœur cadette).

Il écrivit pour elle de magnifiques poèmes, et, contre les Heredia, un roman pornographique extrêmement violent, Trois filles de leur mère, publié après sa mort, en 1925.

De sa liaison avec Louÿs, Marie de Régnier eut un fils, surnommé Tigre, qui fut pour l’état civil (mais seulement pour l’état civil) Pierre de Régnier. Ce Tigre, dessinateur doué, un peu romancier, un peu poète, mais terriblement dilettante, mourut alcoolique en 1943, quelques années après Henri de Régnier, qui avait été réduit à jouer les maris bafoués et qui s’était vengé de sa femme dans plusieurs romans ou poèmes.

Marie de Régnier fut aussi écrivain, à une époque où beaucoup de femmes se lançaient dans la carrière des lettres. Elle a consacré ses romans à l’amour, suivant en cela l’air du temps, et écrivit de nombreux poèmes sur la mort. Elle était parfois comparée à Anna de Noailles et à Colette, qu’elle connaissait bien ».

Extrait de l’article de Marie de Laubier, conservateur à la bibliothèque de l’Arsenal, sur :

Marie de Heredia repose dans la 94ème division.