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L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE

U. Décès de Jehangir Ratanji Dadabhoy TATA (1904-1993)

89eme division
dimanche 29 novembre 2015.
 

29 novembre 1993.

Jehangir Ratanji Dadabhoy TATA, communément appelé J. R. D. Tata, s’éteint à Genève.

Il repose dans la 89ème division à l’angle de l’avenue circulaire et de l’avenue Aguado.

Pionnier de l’aéronautique indienne, fondateur d’Air India et d’Indian Airlines, J.R.D. Tata est le plus grand des tycoons (magnats) de l’industrie indienne.

Il naît à Paris en 1904 d’une mère française et d’un père indien , Ratanji, cousin du fondateur de l’empire Tata, Jamshedi.

Après avoir servi au Maroc dans un régiment français de spahis, il commence sa carrière chez Tata Steel, la plus grosse filiale de l’empire.

Mais c’est l’aviation qui le passionne. En 1929, il obtint la première licence de pilote attribuée en Inde.

En 1929, il vole de Bombay à Londres sur un vieux coucou dans le cadre d’un rallye patronné par l’Aga Khan. Trois ans plus tard, il inaugure, seul aux commandes d’un De Havilland " Puss moth ", la première ligne postale entre Karachi et Bombay.

J.R.D. Tata devient le père de l’aviation civile indienne en fondant en 1932 la première compagnie aérienne commerciale de l’Inde, Tata Airlines, qui deviendra Air India.

En 1938, à l’âge de 34 ans, JRD prend le contrôle de l’empire tout entier en étant élu Président de Tata & Sons.

J.R.D. Tata commence avec 14 entreprises ; quand il quitte le groupe un demi-siècle plus tard, Tata & Sons est un conglomérat de 95 entreprises composant le plus puissant empire industriel de l’Inde.

Le groupe Tata emploie alors 250 000 personnes. Le nombre de salariés dont la situation dépend des décisions prises par Bombay House (le centre nerveux du groupe) est probablement trois à quatre fois supérieur.

Les activités du groupe Tata sont extrêmement diversifiées : sidérurgie, mines, transports (camions, automobiles, aviation), produits chimiques et pharmaceutiques, machines-outils, horlogerie, hôtels, électronique, ordinateurs, parfums, etc. Tata restera, après le Raj (empire) britannique, le phare incontesté de l’industrie privée.

Pour les Nehru-Gandhi, il est un trouble-fête, un gêneur qui prêchait le libéralisme et la dérégulation. M. Tata, il est vrai, ne mâche pas ses mots : " Le socialisme à la Nehru est une dictature économique ".

Source principale : Le Monde , article paru dans l’édition du 01.12.93 " JRD " Tata, l’homme qui avait eu raison trop tôt.