Navigation







L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE

H. Naissance d’Alexandre DARRACQ (1855-1931)

2eme division
mardi 10 novembre 2015.
 

10 novembre 1855.

Naissance à Bordeaux d’Alexandre DARRACQ, un des pionniers de l’industrie automobile.

« En 1891, associé à un certain Jean Aucoc, créé son entreprise, spécialisée dans la production de matériel pour les caves (casiers ...), avant de se lancer dans la fabrication de cycles sous la marque Gladiator. Darracq fonde à cette époque l’une des plus belles équipes de course cycliste et de vitesse. Ses nombreux succès et records contribuent à accroître la notoriété de la marque Gladiator.

Les britanniques qui voient d’un mauvais oeil cette concurrence française en Europe font l’acquisition des cycles Gladiator en 1896.

Cela n’empêche pas Alexandre Darracq de poursuivre la production de cycles en pièces détachées sous la marque Perfecta, dans une nouvelle usine qu’il vient de faire construire à Suresnes, grâce à l’argent obtenu lors de la cession de Gladiator. Dès lors, ils vend ses pièces à des assembleurs sans enfreindre les termes du contrat passé avec les britanniques.

Equipé des outillages les plus modernes, Darracq s’intéresse alors à la construction automobile, en plein développement.

En 1897, il présente son premier tricycle électrique : la triplette Darracq-Gladiator, qui prouve ses qualités en parcourant la distance de 10 kilomètres en 9 minutes et quarante-cinq secondes à la vitesse stupéfiante de plus de 60 km/h !

Quelques entrepreneurs sensibles à ce projet lui apportent une aide financière.

Il fonde en 1898 une nouvelle société, Automobiles Darracq SA, à Suresnes, pour y produire des engins motorisés.

En 1901, Darracq présente une automobile entièrement conçue et construite par son entreprise, un runabout qui, grâce à l’utilisation de tôle d’acier emboutie, peut être vendu à un prix compétitif.

En 1902, Darracq dont l’idée était de fabriquer en grande série des voitures économiques se met à la recherche de capitaux. C’est à Londres qu’il trouva des bailleurs de fonds. Il créait sur place la société A. Darracq & Co Ltd qui diffusait des modèles dérivés de ceux construits à Suresnes.

En 1903, l’entreprise acquiert la licence de fabrication du moteur Léon Bollée 5 ch avec changement de vitesses à colonne qui équipera toutes les automobiles de la société jusqu’à la fin de 1910.

Dès 1904, la société Darracq produit 10 % de la production automobile française et, en 1910, il devient le troisième producteur national, après Renault et Peugeot.

Parallèlement, il vend des licences de production à de jeunes constructeurs, comme Fritz Opel en Allemagne, qui produira des Opel Darracq, et Nicola Romeo en Italie. En 1904, la production de Darracq représente environ 10 % du marché français . En 1910, il devient le troisième producteur national, après Renault et Peugeot.

En 1906, Darracq décide de fournir le marché italien en assemblant à Milan des voitures à partir d’éléments en provenance de Suresnes. Peu attractives face aux productions italiennes, les voitures françaises ne se vendent pas bien. L’affaire est mise en faillite en 1909, et cédée à un groupe financier milanais. Les 250 salariés de Darracq seront repris dans la nouvelle société dénommée Alfa (Anonyme Lombarde pour la Fabrication des Automobiles). En 1915, l’ingénieur Nicolas Romeo prenait une forte participation dans le capital d’Alfa, et fondait Alfa Romeo.

Darracq est un précurseur. Il est l’un des premiers à étudier les besoins de sa clientèle en l’interrogeant par le biais de concours. Ses voitures sont visibles dans les plus grandes villes du monde, grâce à la vente en quantité aux compagnies de taxi.

Le compétition est déjà un passage obligatoire pour développer une notoriété, et c’est ainsi que Darracq, qui ne sait pas conduire, recrute les meilleurs pilotes du moment. Ses voiture battent des records de vitesse en 1904 et 1905. La victoire à la Coupe Vanderbilt aux Etats Unis en 1905 et 1906 renforçe une image déjà bien établie.

A partir de 1909, Darracq peine à équilibrer ses comptes en France. Il doit faire face à des difficultés suite au lancement raté d’un moteur sans soupape.

La société Automobiles Darracq S.A. sera vendue en 1912 à la filiale anglaise A.Darracq & Co Ltd qui continuera la production. La même année, Pierre Alexandre Darracq se retire définitivement du secteur automobile et s’établit sur la Côte d’Azur pour se consacrer à l’immobilier et à la gestion de l’hôtel Négresco à Nice. »

Sources :