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Hommes politiques - Plénipotentiaires - Ambassadeurs

LEFEBVRE DE LABOULAYE Antoine Paul René (1833-1905)

16eme division (2e ligne, W, 30)
samedi 11 avril 2015.
 

Ambassadeur de France

11 avril 1905. Mort d’Antoine Paul René LEFEBVRE de LABOULAYE, ambassadeur de France en Espagne et en Russie.

Né à Fontenay-aux-Roses (Seine) le 6 juin 1833, il était le fils d’Edouard Lefebvre de Laboulaye, professeur au Collège de France, qui fut l’adversaire de Jules Ferry lors du vote de la loi sur les congrégations, et l’auteur de nombreux volumes, dont Paris en Amérique est le plus connu.

Son père fut aussi connu pour avoir insufflé l’idée d’offrir une statue représentant la « Liberté » aux États-Unis.

Antoine Paul René Lefebvre de Laboulaye entra en 1855 au cabinet du comte Colonna Walewski et resta comme secrétaire auprès des divers ministres des affaires étrangères qui se succédèrent au quai d’Orsay jusqu’à la fin de l’Empire.

Il fut désigné pour Constantinople le 12 avril 1870 par M. Emile Ollivier, lors de son intérim.

Envoyé à Berne (1873) et à Saint-Pétersbourg (1875) comme secrétaire d’ambassade, il demeura dans ce dernier poste jusqu’en 1878, époque à laquelle M. Waddington l’appela à la légation de Lisbonne comme ministre plénipotentiaire.

Le couronnement de sa carrière devait être l’ambassade de Saint-Pétersbourg, où la succession du général Appert lui fut offerte en novembre 1889 par Spuller. Il y demeura jusqu’en juillet 1891, époque à laquelle il fut admis à la disponibilité et fut nommé grand-officier de la Légion d’honneur. Il fut remplacé à Saint-Pétersbourg par M. de Montebello.

Les deux ans que M. de Laboulaye passa à Saint-Pétersbourg furent particulièrement utiles à la préparation de l’alliance franco-russe. Le refroidissement russo-allemand accentué en 1887 dégageait le terrain pour la politique de rapprochement franco-russe.

Les emprunts russes de 1888 et 1891, d’une part, la visite de l’amiral Gervais à Cronstadt en 1891 d’autre part consacrèrent ce rapprochement. On sait que c’est au lendemain de Cronstadt que fut signé le traité d’alliance dont l’existence devait être révélé par M. Hanotaux à la tribune de la Chambre le 10 juin 1895, et par l’empereur Nicolas II en 1896, lors de la visite en Russie du président Félix Faure.

M. de Laboulaye prit une large part à ces événements et ses qualités personnelles facilitèrent la réalisation d’une œuvre qui avait dans le passé des causes profondes.

Il repose dans une Chapelle dans la 16ème division comportant un vitrail de Saint Eugène.

Source :Le Temps daté du 13 avril 1905 (Numéro 16004).(Revue de presse).