Navigation







Médecins - Chirurgiens - Hommes de l’Art

BERNARD Claude (1813-1878)

20eme division (8e ligne, V, 20)
mardi 31 mars 2015.
 

Médecin français

Claude Bernard, voit le jour le 12 juillet 1813 à Saint-Julien (Rhône).

Décédé le 10 février 1878 à Paris.

Médecin et physiologiste français.

Considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale, il a en particulier laissé son nom au syndrome de Claude Bernard-Horner. On lui doit les notions de milieu intérieur et d’homéostasie, fondements de la biologie moderne.

Claude Bernard naît en 1813 dans le petit village de Saint-Julien en Beaujolais où son père est négociant en vin et propriétaire. Il étudie les rudiments du latin auprès du curé du village puis commence ses humanités chez les jésuites du collège Notre-Dame de Mongré de Villefranche-sur-Saône et les achève au collège de Thoissey.

Après un échec au baccalauréat, il rejoint en janvier 1832 un camarade à Lyon, et se place dans la même pharmacie que lui en tant que préparateur. Le manque d’efficacité de nombreux médicaments lui inspire du mépris pour l’art médical.

Son esprit rigoureux s’accommode mal des à-peu-près de la pharmacologie de l’époque, et il se met à écrire pendant son temps de travail, notamment un vaudeville Rose du Rhône qui sera joué à Lyon, mais qui lui vaudra l’ire du pharmacien, qui met fin à son contrat en juillet 1833 lorsqu’il s’aperçoit que Claude travaille ensuite sur une deuxième pièce Arthur de Bretagne.

Grâce au soutien de sa mère, Claude entre alors en contact avec le critique littéraire Saint-Marc Girardin, qui lui fait prendre conscience qu’il ferait mieux d’abandonner l’écriture (il rêvait d’être un auteur dramatique) et de faire bien meilleur usage de ses compétences en se dirigeant vers la médecine.

Cette désillusion le motive pour repasser son baccalauréat, qu’il obtient en 1834. Ses parents payent alors 1800 francs pour qu’il soit dispensé de service militaire, ce qui lui laisse la voie libre pour entamer des études de médecine à Paris mais il échoue à l’agrégation. Partageant une colocation et la vie du Quartier latin avec ses camarades Charles Lasègue (futur éminent neurologue) et Casimir Davaine (qui sera à la base des premiers travaux de microbiologie), il vit modestement à Paris, tout en remboursant ses parents via des cours qu’il donne. Il est particulièrement excité par les cours de François Magendie au Collège de France, et devient vite disciple de Pierre Rayer (dermatologue) et ami de son ancien élève Émile Littré (futur linguiste).

Il passe son externat en 1839 et devient ensuite interne au service de Rayet, puis assistant de recherche de Magendie. Son travail sur le suc gastrique et le glucose lui vaut une thèse de doctorat en 1843, mais sa vision iconoclaste et modernisatrice de la recherche en médecine ne lui permet pas de trouver un poste3.

En 1845, il se marie avec Fanny Martin, fille d’un riche médecin. Ce mariage, en fait arrangé par les amis de Claude Bernard qui s’inquiétaient qu’il ne trouve pas encore de situation stable, lui a apporté les conditions matérielles pour se consacrer à ses travaux, mais lui vaudra aussi de nombreux désagréments, car sa femme est devenue une virulente activiste de la cause animale et de la SPA naissante, au moment même où Claude Bernard faisait faire de gros progrès à la médecine via les expérimentations animales.

En sus de ces divergences de vue, leur mariage pâtit du décès de plusieurs enfants en bas âge ; il eut deux filles qui atteignirent l’âge adulte mais qui restèrent célibataires, Claude Bernard n’a donc pas de descendant.

Ses travaux sont récompensés par trois prix en physiologie de l’Académie des sciences, (en 1845, 1849 et 1851). Il passe un deuxième doctorat (en sciences naturelles) en 1853 et devient professeur au Collège de France, est élu membre de l’Académie des Sciences en 1854 et est ensuite nommé à une chaire de physiologie générale à la Sorbonne, puis au Muséum national d’histoire naturelle.

Il reçoit un prix de l’Académie de médecine en 1861 et il est élu à l’Académie française en 1868. Son grand ami Balzac admirait son travail, qu’il suivait avec attention. Bernard publie son Introduction à l’étude de la médecine expérimentale en 1865 ; cet ouvrage a des répercussions bien au-delà du cénacle médical : il influence notamment Émile Zola, qui, dans son manifeste sur le naturalisme Le Roman expérimental, promeut la méthode expérimentale chère à Bernard.

En accord avec sa vision scientifique, pragmatique, philomatique et positiviste des faits, Claude Bernard se considérait d’ailleurs comme agnostique. À sa mort en 1878, il eut droit aux obsèques nationales.

Il découvrit le rôle de la sécrétion pancréatique dans la digestion des graisses (1848), le rôle du foie dans la sécrétion interne du glucose dans le sang (1848), l’induction du diabète par piqûre au niveau du plancher du 4e ventricule (1849), l’augmentation de la température cutanée après section du nerf sympathique cervical (1851), la libération de sucre par le foie lavé après excision (1855) et l’isolation du glycogène (1857), la spécificité du curare dans la paralysie de jonction neuromusculaire (1856). Il démontra également que le monoxyde de carbone bloque la respiration dans les érythrocytes (1857).

Concernant l’induction du diabète par piqûre au travers du crâne du plancher du 4e ventricule par le "procédé de l’index", sa découverte était l’aboutissement de recherches liées à son hypothèse quant à une origine nerveuse du diabète. Il s’avéra par la suite que l’hyperglycémie provoquée n’était pas durable, et qu’elle était la conséquence de la libération d’adrénaline liée à la stimulation du système nerveux sympathique.

Il confie la garde de son laboratoire au Collège de France à Auguste Tripier, puis plus tard à Paul Bert. Auguste Tripier devient son préparateur dès 1854 et ils publieront ensemble le résultat de leurs travaux.

Il a créé, à partir de 1850, le concept fondamental de la biologie moderne de milieu intérieur . La constance de ce dernier, nommée plus tard homéostasie, est la condition de l’affranchissement des organismes évolués par rapport au milieu extérieur. Ce concept d’homéostasie, étudié au xxe siècle par le physiologiste américain Walter Bradford Cannon, est à l’origine du développement de la cybernétique.

Claude Bernard (1889) par Léon Lhermitte. Cette toile de 1,80 m x 2,82 m est exposée à l’Académie nationale de médecine. De gauche à droite : Nestor Gréhant, Victor Dumontpallier, Louis-Charles Malassez, Paul Bert, Arsène d’Arsonval, Claude Bernard, Le Père Lesage, Albert Dastre.

Dans un mémoire posthume sur la fermentation alcoolique, qui sera à l’origine d’une polémique entre Pasteur et Berthelot, il défendit (contre Pasteur) la thèse du « ferment soluble », qui sera consacrée par la théorie des enzymes, mais va jusqu’à soutenir que la levure (vivante) est produite par le « ferment soluble » (non vivant), ce que les historiens des sciences considèrent comme une régression vers la génération spontanée.

Claude Bernard est considéré comme l’un des principaux fondateurs de la démarche expérimentale hypothético-déductive, formalisée souvent (et parfois rigidifiée) dans l’enseignement par « OHERIC » pour : Observation - Hypothèse - Expérience - Résultat - Interprétation - Conclusion. C’est d’ailleurs une démarche tronquée par rapport à celle présentée dans la Médecine Expérimentale. Il y manque deux étapes fondamentales :

On ne peut pas donner d’hypothèse sans avoir posé le problème à résoudre, puisqu’une hypothèse est une réponse possible à une question suscitée par une observation.

L’expérience teste la conséquence vérifiable de l’hypothèse.

Titres et distinctions :

Au cours de sa vie, Claude Bernard a reçu de nombreuses distinctions :

professeur au Collège de France (1847 à 1878),

professeur à la Sorbonne,

professeur au Muséum national d’histoire naturelle,

prix de l’Académie des sciences (1854),

prix de l’Académie de médecine (1861),

membre étranger de la Royal Society (1864),

membre de l’Académie française (1868),

sénateur du Second Empire (1869),

médaille Copley (1876),

obsèques nationales (1878).

Par ailleurs, divers lieux ont été baptisés en hommage à Claude Bernard, et un musée lui est consacré dans son village natal. Le syndrome de Claude Bernard-Horner associe un ptosis de la paupière, un myosis et une énophtalmie.

Claude Bernard était membre étranger de la Royal Society et membre de l’Académie royale danoise des sciences et des lettres.

Œuvres et publications :

Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, Baillière (Paris), 1865 On retiendra, parmi de très nombreuses publications et communications, ses principaux ouvrages :

Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, 1865. (OCLC 600479635) (Rééd. Champs, Flammarion, (ISBN 2080811371)). Texte intégral au format .html.

Principes de médecine expérimentale, Émile Martinet éditeur, 1867, 160 p. (OCLC 45998924) Texte intégral au format .pdf.

Sa deuxième thèse de doctorat (en sciences naturelles), Recherches sur une nouvelle fonction du foie considéré comme organe producteur de matière sucré chez l’homme et les animaux, Paris, Martinet, 1853, 97 p. (OCLC 8856191) [2] [numérisé par la Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie]

Son enseignement est diffusé dans d’autres ouvrages plus spécialisés :

Leçons de physiologie expérimentale appliquée à la médecine, 2 tomes, 1855-56

Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses, 1857, 488 p. (OCLC 697959494)

Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, 1858, 560 p. (OCLC 37880051)

Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des différents liquides de l’organisme, 1859, deux volumes, (OCLC 8856842) Leçons et expériences physiologiques sur la nutrition et le développement, 1860

Leçon sur les propriétés des tissus vivants, 1866.

Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinière, 1872

Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux, 2 tomes, 1878

La plupart des travaux de Claude Bernard sont numérisés par la Bibliothèque interuniversitaire de santé. Il a notamment publié dans la Gazette médicale, dans les Comptes rendus de la Société de biologie et de l’Académie des sciences, dans la Revue des deux Mondes, des mémoires ou articles sur les usages du pancréas, sur la fonction glycogénique du foie, sur le grand sympathique, sur la chaleur animale sur le cœur, sur la vie, etc. On lui doit aussi un Rapport sur les progrès et la marche de physiologie générale en France (1867).

Le grand praticien repose dans la 20e division.

Sources : Wikipédia et divers (APPL 2015)