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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

DEJEAN Pierre François Marie Auguste , comte (1780-1845)

40eme division (5e ligne, M, 30)
mardi 17 mars 2015.
 

Général et Entomologiste

Pierre François Marie Auguste, 2e comte Dejean voit le jour le 10 août 1780 à Amiens.

Décédé le 17 mars 1845 à Paris.

Militaire français, général dans les armées du Premier Empire, qui devint entomologiste après la fin de sa carrière militaire.

Fils aîné, issu du premier mariage, de Jean François Aimé Dejean (1749-1824) et d’Alexandrine-Marie-Elisabeth LeBoucher d’Ailly, Auguste suivit comme son père la carrière des armes, tout en montrant un goût prononcé pour l’ornithologie et l’entomologie.

Il entra au service en 1795, comme aide de camp provisoire de son père, et fit cette campagne et celles de 1796 et 1797 aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, celle de 1801 à l’armée de réserve en Italie, celle de 1804 et partie de celle de 1805 à l’armée des côtes de l’Océan.

Passé à la Grande Armée, il combattit à Austerlitz le 2 décembre 1805, et passa, le 13 février 1806, du grade de chef d’escadron au 9e régiment de dragons, qu’il remplissait alors, au commandement, comme colonel, du 11e régiment de la même arme.

Il devint officier de la Légion d’honneur le 11 juillet 1807 (après Friedland).

Il se trouva, en 1808, aux batailles d’Eylau et de Friedland, à celle d’Alba de Termes, le 28 novembre 1809, à l’affaire de Buçaco, le 27 septembre 1810, et aux batailles de Fuentes de Onoro en 1811 et de la Moskowa en 1812. Il était général de brigade depuis le 6 août 1811.

Le 8 mai de cette dernière année, le baron Dejean fut présenté à Bonaparte comme député du département de l’Aude (il avait été désigné comme candidat au Corps législatif par ce département (8 mai 1812), mais n’y fut pas nommé par le Sénat conservateur).

L’année suivante, il prêta serment comme aide de camp de Napoléon, et se trouva à toutes les actions importantes de la campagne de cette année, notamment à celles de Lutzen, Wurschen, Wachau, Leipzig et Hanau (après laquelle il fut créé commandant de la Légion d’honneur, 3 novembre 1813), et, en 1814, à celles de Brienne, Montmirail, Vauchamps, Craonne et Arcis-sur-Aube.

Napoléon le nomma, le 23 mars 1814, lieutenant-général de cavalerie. Chargé par Napoléon de s’opposer à la capitulation de Paris, il n’y arriva qu’après la reddition, fut confirmé dans son grade de lieutenant-général par le roi le 23 juin, et fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis le 5 septembre suivant. Au retour de Bonaparte de l’île d’Elbe, le baron Dejean reprit auprès de lui ses fonctions d’aide-de-camp, et fut nommé commissaire extraordinaire dans les départements de la Somme et du Nord.

Divers rapports qu’il fit pendant cette mission ont été imprimés dans le pamphlet intitulé Portefeuille de Bonaparte saisi à Waterloo, dont, au reste, rien ne garantit l’authenticité.

Après avoir rempli cette mission, il rejoignit l’armée, et se trouva aux batailles de Ligny et de Waterloo (où Dejean est le premier aide-de-camp de Napoléon).

Au second retour de Louis XVIII, le général Dejean se trouva compris dans la seconde liste de l’ordonnance royale du 24 juillet. Obligé de sortir du royaume par une autre ordonnance du 17 janvier 1816, il se retira en Allemagne.

Il parcourut alors la Styrie, la Croatie et le Dalmatie, au grand profit de sa collection d’insectes, la plus complète de son temps, et dans laquelle il avait réuni treize mille espèces.

En 1818, son père obtint pour lui, de Louis XVIII, l’autorisation de rentrer en France.

Le 14 juin 1824, le lieutenant-général Dejean fut admis a siéger dans la Chambre des pairs, à titre héréditaire, en remplacement de son père, décédé le 12 mai précédent : il était devenu comte et pair de France, ses titres d’hérédité ayant été vérifiés à la chambre des pairs.

Il fit partie de la minorité libérale, prêta serment au gouvernement de juillet, et prit fréquemment la parole à la Chambre haute, sur la loi électorale, sur la loi municipale, contre l’abolition de l’hérédité de la pairie, sur l’avancement dans l’armée de terre (1832), sur les pensions militaires, sur la remontre de la cavalerie (il avait été nommé membre du comité de cavalerie en 1840) et sur le projet de loi de recrutement de l’armée (1843).

Entre-temps, ayant repris le service actif, il avait commandé la cavalerie, lors de l’expédition d’Anvers de 1832.

Entomologie :

Grand spécialiste des coléoptères et plus particulièrement des Carabidae, il assemble la plus grande collection privée jamais réalisée. Il reçoit des spécimens de tous les coins de la planète et son catalogue final dénombre 22 000 espèces identifiées. Il emploie Jean-Baptiste Alphonse Dechauffour de Boisduval (1799-1879) comme conservateur de sa collection.

Une anecdote indiquait la ferveur de Dejean pour ces animaux : lors de la bataille d’Alcanizas en Espagne, Dejean était sur le point de donner l’ordre de l’attaque lorsqu’il remarqua un coléoptère posé sur une fleur. Il descendit alors de cheval, le ramassa et le piqua au fond de son chapeau. Il remonta sur son cheval, et remporta la bataille après un dur combat où il fit un grand nombre de prisonniers. Son chapeau avait été déchiqueté par des tirs ennemis, mais il eut la satisfaction de retrouver intact son insecte.

Son catalogue a soulevé de nombreuses polémiques car il ne respectait pas la règle linnéenne de l’antériorité :

« Je me suis fait une règle de toujours préserver le nom le plus généralement utilisé, et non pas nécessairement le plus ancien. »

Il est l’auteur de nombreuses publications qui couvrent de très nombreuses espèces. Pourtant, le plan initial de son Species Général des Coléoptères de la Collection de M. le Comte Dejean était encore plus ambitieux car il souhaitait couvrir la totalité des coléoptères connus alors qu’il dut se limiter à décrire ceux de sa collection. Les cinq premiers des six volumes sont de sa main.

Le comte Dejean présida la société entomologique de France en 1840.

Il demandait 50 000 francs pour sa collection, somme que le Muséum national d’histoire naturelle de Paris fut incapable de réunir. Après avoir refusé une offre du roi de Prusse, la collection est mise en vente et dispersée. Elle fut acquise par différents entomologistes comme Maximilien de Chaudoir (1816-1881) puis par Charles Oberthür (1845-1924). On trouve aujourd’hui, dans plusieurs muséums, dont celui de Paris, des parties de la collection originelle.

Le 14 avril 1844, le comte Dejean fut élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur. Il mourut le 17 mars 18453, au 17 de la rue de l’Université, et fut inhumé aux côtés de son père dans la 40e division du cimetière du Père-Lachaise.

Son fils Pierre Charles Dejean devint lui aussi général.

Liste partielle des publications :

Catalogue des Coléoptères de la collection de M. le Comte Dejean (1802, 1833 et 1836).

Species générale des Coléoptères (sept volumes, 1825-1839, in-8), avec Pierre André Latreille (1762-1833)

Iconographie des Coléoptères d’Europe (1822), avec Charles Nicolas Aubé (1802-1869) et Jean-Baptiste Alphonse Dechauffour de Boisduval (1799-1879)

Histoire naturelle et iconographie des Coléoptères (1829). Observations sur l’ordonnance de 1829 relative à la cavalerie (1838), etc...

Reposent également dans cette sépulture : Pierre-Charles, vicomte Dejean (1807-1872), Général de division et Dieudonné Marie Louis, baron Dejean (1809-1884), Lieutenant colonel de cavalerie.

Sources : Wikipédia et divers (APPL 2015) - Éphéméride du Père Lachaise.