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Seconde Guerre mondiale - Résistance - France libre

CLAIROIN Denyse (1900-1945)

24eme division (Cénotaphe)
jeudi 12 mars 2015.
 

Femme de lettres, résistante

Denyse Henriette Léonie Clairouin, voit le jour le 27 août 1900 à Paris 6e

Décédée le 11 (ou 12) mars 1945 à Mauthausen (Autriche).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fait partie de la Résistance (groupe Armée Secrète). Arrêtée en 1943, elle est déportée à Ravensbrück puis à Mauthausen, et meurt en mars 1945.

En 1945 est créé le Prix Denyse Clairouin en sa mémoire.

Femme de lettres, résistante dans l’armée Secrète, morte pour la France en déportation à Mauthausen le 11 mars 1945.

Remarquable traductrice d’œuvres de langue anglaise, on lui doit la traduction des premiers romans de Graham Green, des œuvres les plus célèbres de D.H Laurence (Le Serpent à plume) et d’un nombre important de nouvelles.

Dès l’été 1940, elle offrit sa connaissance de la langue anglaise et sa générosité à la Résistance de la première heure. Elle rencontra le capitaine d’aviation de l’armée secrète, Jean Biche, devint son épouse, sa compagne dans l’organisation, l’action et le péril.

En octobre 1941, elle eut raison des obstacles qui s’opposaient alors à un voyage en Amérique, s’y rendit, et fut là, à la veille de l’entrée en guerre des Etats-Unis, une propagandiste précieuse de la cause française.

Mais elle n’attendit pas d’être coupée de sa patrie et y revint en hâte, préférant à la sécurité la lutte comme chef-adjoint de son mari.

La Gestapo les arrêta tous deux , à Lyon, en 1943.

Emprisonnée cinq mois, au fort de Montluc, elle y montra une âme inflexible. Le 15 mars 1944, elle fut déportée à Ravensbrük. Durant un martyre d’un an, elle ne cessa de réconforter ses compagnes, sachant sourire dans la tourmente.

Elle gardait pour elle, se révélant poète, le merveilleux Appel qui est le digne pendant du De profundis de Jean-Marc Bernard.

Deux mois avant la capitulation allemande, alors que l’espoir se faisait jour, elle fut transportée à Mauthausen et, à bout de souffrances, expira, à peine arrivée au camp sinistre.

Extrait de l’article d’André Piot (Anthologie des écrivains morts à la guerre 1939-1945).

...

L’appel

Le ciel est noir, la terre est noire,

Dur est le gel, lourd est mon cœur.

Tristes victimes expiatoires,

Nourries de haine et de rancœurs.

Nous attendons. L’aube blafarde

Sans cesse creuse nos rangs,

Nul sang ne ranime et ne farde

Ces visages de chiens errants.

Reverrons-nous ces jours qu’en rêve

Nuit et jour nous imaginons ? ...

Visages aimés, heures brèves,

Un feu, un pain, une maison ...

Se souvient-on encore d’elles,

Celles qui paient argent comptant

Pour que la vie soit libre et belle

Et que la France ait un printemps ?

Et si nous revenons un jour

Comme un troupeau de spectres hâves,

Affamées de joie et d’amour,

Serons-nous les tristes épaves

Qu’on enfouit sous un sable lourd ? ...

...

Traductions :

Graham Greene, L’Homme et lui-même

Graham Greene, Orient-express

Henry James, L’Autel des morts

DuBose Heyward, Porgy

David Herbert Lawrence, Le Serpent à plumes

Joan Lowell, Le Berceau sur l’abîme

Helen Ashton, Le Docteur Serocold ou la Journée d’un médecin

Carl Wilhelmson, La Nuit de la Saint-Jean

Catherine Carswell, D. H. Lawrence, le pèlerin solitaire

Keith Winter, Avant la vie

Distinctions :

Légion d’Honneur

Croix de Guerre

Sources : Wikipédia et divers (APPL 2015)

Extrait de l’article d’André Piot (Anthologie des écrivains morts à la guerre 1939-1945).

Crédit photo : Pierre-Yves Beaudouin / Wikimedia Commons / CC-BY-SA-4.0