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Théâtre - Danse - Arts de la scène

MERODE Cléo de (1875-1966)

90eme division
lundi 20 février 2006.
 

La danse, l’art et la beauté

Cléopâtre Diane de Mérode, dite Cléo de Mérode, est née le 27septembre 1875 à Paris.

Belge, elle descend d’une authentique famille noble d’origine autrichienne.

Elle n’a que huit ans quand sa mère la présente à l’école de danse de l’Opéra de Paris.

Elle est reçue dans la classe de Mademoiselle Théodore. Sans peine, elle gravit rapidement tous les échelons pour entrer dans le corps de ballet à l’âge de onze ans.

Le directeur, Pedro Gailhard admire son jeune talent. Il l’entoure de sa bienveillance et de son intérêt.

A l’âge de 13 ans de Coryphée elle est nommée Petit sujet, ce qui lui confère le droit de fréquenter le foyer de la Danse où elle fait, entre autres, la connaissance de Marcel Proust, Reynaldo Hahn etc.

C’est à cette époque qu’elle adopte sa coiffure en bandeaux qui devient vite célèbre et légendaire. La critique est unanime et la couvre de fleurs. Tout le monde l’admire et s’empare de son image.

Elle est élue Reine de beauté en 1896, par les lecteurs du journal L’Illustration. On lui propose alors le rôle de Phryné de Louis Ganne au Casino de Royan.

Avec l’accord de l’Opéra et devant le corps de ballet de l’Opéra de Bordeaux, elle obtient un triomphe mérité. Le Roi des belges, Léopold II lui voue une grande admiration, on lui prête une supposée liaison avec l’artiste, elle proteste vigoureusement, mais cette histoire restera attachée à sa personne.

Pour échapper aux rumeurs, elle part en Amérique où elle obtient un succès colossal. Elle plie sous les propositions, elle hésite entre accepter ou rentrer à Paris. Finalement, elle opte pour une carrière internationale.

Cléo de Mérode rempli toutes les salles où elle se produit parfois plusieurs semaines de suite. En 1900, on peut l’admirer à l’Exposition Universelle, dans une suite de danses Cambodgiennes, aux Folies Bergères dans Lorenzo.

En 1905, on la voit dans Tanagra. Souvent ses partenaires sont féminines, ainsi pour Endymion et Phoebé, le rôle est tenu par une certaine Régina Badet.

La critique fut flatteuse à souhait. En 1909, elle est au Théâtre du Châtelet. A la déclaration de la Grande Guerre, elle se réfugie à Bordeaux. Elle y rencontre Léon Blum, alors critique dramatique. Quelques mois après, elle s’installe à Biarritz.

Elle donne alors des représentations pour les blessés de guerre. Elle rentre à Paris en 1915. On lui propose beaucoup de rôles. Elle danse à l’Opéra comique, puis quitte Paris pour Pau. Après la guerre, elle reprend sa carrière et retrouve intacte la ferveur du public.

En 1934, elle remporte un grand succès dans La Revue 1900. Bien qu’on lui propose des tournées, elle désire en rester là.

Elle est le modèle du sculpteur Alexandre Falguière, pour le peintre Henri de Toulouse Lautrec et aussi pour le photographe Nadar. Elle écrit aussi ses Mémoires, Le Ballet de ma vie (Paris, Pierre Horay, 1955).

Cléo de Mérode s’est éteinte le 17 octobre 1966 à Paris.

Sa tombe est ornée d’une statue, oeuvre de Luis de Périna.

Au printemps 1908, de fortes intempéries endommagent (déjà !)le cimetière du Père Lachaise, vitraux cassés, portes de chapelles arrachées, arbres couchés etc. Cléo de Mérode s’inquiète sur le sort de sa future sépulture. Dans une lettre adressée à son marbrier, datée du 17 avril 1908, elle exprime ses inquiètudes et veut s’assurer que sa division, la 90e, n’a pas été touchée :

"J’apprends que des arbres sont tombés dans le cimetière du Père Lachaise. Je suis terriblement inquiète. Veuillez me donner des détails, est-ce touché dans ma division ? Veuillez me dire en même temps si le monument de la famille Terry a été endommagé. Ce monument a été fait par vous".

Cléo de Mérode

Cléo de Mérode en images...