Navigation







Chanteurs - Auteurs - Compositeurs - Arts de la musique

HACHIN Edouard Georges (1808-1891)

71eme division (7e ligne, R, 6)
jeudi 19 février 2015.
 

Auteur de chansons

Georges-Édouard Hachin est un poète, chansonnier, vaudevilliste et goguettier français, né à Arras le 20 mai 1808 et mort en mai 1891.

À partir de 1832 et jusqu’à sa mort, il est membre de la célèbre goguette parisienne de la Lice chansonnière.

Dès 1878, il est le plus ancien membre et également le président d’honneur.

Il a également fait partie de la goguette parisienne du Pot-au-Feu.

Après avoir connu une notoriété certaine, il est à présent oublié du grand public.

Partition de la Tour Saint-Jacques, un grand succès de Édouard Hachin. Louis-Henry Lecomte écrit dans La Chanson en juin 18781 :

Le nom d’un auteur fait souvent le succès d’un livre ; une chanson, au contraire, peut réussir complètement sans qu’il vienne à l’idée de ceux qui l’apprennent de regarder la signature qui la termine. De là vient que la réputation de beaucoup de chansonniers émérites ne dépasse pas les cercles spéciaux qu’ils fréquentent ; de là résulte, pour ceux que révolte l’injustice, l’obligation de crier haut et souvent au public les noms de ceux qui le charment par des chants émus, l’instruisent dans de mâles couplets ou l’amusent par de gaulois refrains.

Édouard Hachin est un de ces derniers. Il a surtout cherché et trouvé les effets de rire ; cependant, à l’occasion, sa muse a donné la note philosophique avec une vigueur remarquable. Ce n’est donc pas faute d’aptitude ou de savoir qu’il a souvent préféré la gaudriole au sermon rime, mais par un goût de nature que nous nous garderons bien de blâmer, la chanson devant avoir toujours et partout ses franches coudées. Après tout, le public est juge souverain, et si le poète rencontre le succès dans la voie qu’il a choisie, c’est lui qui a raison contre les plus savantes critiques ; or, c’est le cas du chansonnier que nous racontons aujourd’hui.

Georges-Édouard Hachin est né à Arras le 20 mai 1808, de parents industriels. Venu à Paris en 1822, il y apprit le métier de fabricant d’instruments de mathématiques, qu’il abandonna pour l’ornement militaire ; finalement il devint spécialiste dans la fabrication des porte-mousquetons. Pendant de longues années, Hachin dirigea, rue de Braque, un modeste établissement, cherchant le progrès, améliorant les instruments de son travail. Il se signala principalement par l’invention d’un tour à percer, à conscience mobile, dont l’industrie tira grand parti.

Quand le dimanche fermait l’atelier, Hachin, comme un écolier en vacances, savourait gaiement sa liberté. De bonne heure assidu aux réunions chantantes, il se contenta d’abord d’écouter, puis le désir le prit d’essayer ses forces. La Lice chansonnière, fondée en 1831, le reçut l’année suivante, au nombre de ses sociétaires. Hachin débuta là par un tableau grivois, Javotte. De sa fenêtre, l’auteur observe une voisine qui reçoit de nombreuses visites ; il s’aperçoit bientôt que l’épicier, le bijoutier, et autres négociants libres-échangistes troquent là leurs fournitures pour d’autres non patentées ; dès lors, à chaque arrivant, il exhorte la belle :

Allons, Javotte,

Frippe ta cotte...

tout cela dit en vers lestes, faciles et corrects. Javotte, bien accueillie, eut bientôt une sœur, de même nature charitable. Ayant pris leçons variées d’un berger, d’un prêtre et d’un soldat, Gertrude vient à Paris pour se faire reconnaître femme libre par les Saint-Simoniens. Elle expose ses principes dans ce couplet bien tourné :

On ne veut que plaisirs décents

Pour filles de mon âge,

Moi, j’adore tous ceux des sens

Et j’en fais grand usage.

Fi ! de celle qui blâmera

Cette douce habitude ;

L’apprendra

Qui voudra,

Larira :

Gertrude n’est pas prude.

À ces gauloiseries, publiées dans le premier volume de la Lice Chansonnière, succéda un gracieux portrait peint avec esprit et verve, Ma Lison, ma Lisette. On a parfois attribué cette œuvre à Béranger qui, certes, eût pu la signer sans danger pour sa gloire. Écoutons les principaux traits du caractère de l’héroïne :

Qui, n’ayant pour tout bien

Que sa mine drôlette,

Aux baisers d’un vaurien

Vient la livrer pour rien ?.. . Aux pauvres, en son chemin,

Qui donne à l’aveuglette,

Sans songer que demain

Elle sera sans pain ?

C’est ma Lison, ma Lisette,

La grisette,

C’est ma Lison,

Que j’adore avec raison,

Ma Lisette parut, en 1835, dans le second volume de La Lice. Le même recueil contient de Hachin deux productions qui présentent un contraste intéressant avec cette chanson légère. C’est d’abord une élégie, le Jeune malade. puis un chant patriotique, inspiré par la mort de Lafayette.

Travail et chanson, ces deux mots résument l’homme. Hachin n’a manié la plume que pour se délasser de l’outil ; cela seul explique l’indifférence qu’il affiche pour ses œuvres, remarquables cependant au triple point de vue de la justesse de l’idée, de la simplicité du vers et de la richesse des rimes.

Hachin, dans sa jeunesse, écrivit, en collaboration avec Roland Bauchery, quelques vaudevilles : la Ravaudeuse du carrefour Bussy (3 actes), la Cardeuse de matelas (2 actes), Fleur des champs (1 acte), la Famille du Paveur (1 acte), et des intermèdes comme le Livret de Pichard. Tout cela, quoique applaudi, ne réussit pas à le faire vivre, et il eut la sagesse d’abandonner le théâtre pour ne pas négliger son industrie.

Le Matin, 21 mai 1891 : . Le Temps du 18 juillet 1879, dans son compte-rendu du pèlerinage annuel au tombeau de Béranger au cimetière du Père-Lachaise, mentionne la présence de Édouard Hachin :

Hier, à trois heures et demie, a eu lieu le pèlerinage annuel au tombeau de Béranger.

Le rendez-vous était à trois heures, devant la grande porte du Père-Lachaise. Plus de deux mille personnes, réunies à l’heure précise, ont accompagné les organisateurs au cimetière.

Divers discours, écoutés avec recueillement, ont été prononcés par MM. Édouard Hachin, président d’honneur de la Lice chansonnière ; Henri Lecomte ; Eugène Baillet ; Charles Vincent, président du Caveau ; Alfred Lecomte, député de l’Indre, et enfin Engelbauer, parent de Béranger. En 1881, Édouard Hachin fait partie des habitués de la goguette du Pot-au-Feu3. La même année il écrit une chanson comique : Voyages de la Lice, consacrée aux nombreux déménagements forcés de la Lice chansonnière, entraînés de 1832 à 1856 par les tracasseries policières.

En 1888, il est toujours très actif. Henri Avenel écrit dans Chansons et chansonniers :

Édouard Hachin meurt en mai 1891.