Navigation







Monuments remarquables - Mécènes - Amateurs d’art

UHDE Wilhelm (1874-1947)

1ere division
mardi 17 février 2015.
 

Critique d’art et galeriste

Wilhelm Uhde voit le jour le 28 octobre 1874 à Friedeberg (Brandebourg) actuellement : Strzelce Krajeńskie, Pologne.

Décédé le 17 août 1947 (à 72 ans) à Paris).

Collectionneur, galeriste et critique d’art allemand. Il a travaillé surtout à Paris et joué un rôle important dans l’histoire de la peinture française du début du xxe siècle.

Après des études de droit à Lausanne, Göttingen, Heidelberg, Greifswald et Berlin, Wilhelm Uhde se rend pour la première fois en 1899 en Italie, et notamment à Florence, où il se consacre à l’histoire de l’art, il y écrit ses premiers romans et essais esthétiques. Il tente de concilier en lui l’unité de « la verticale gréco-allemande de la mélancolie et l’horizontale romane de la satisfaction ».

Il s’installe à Paris en 1904, où « la beauté était omniprésente » ; il y est accueilli par Erich Klossowski, rencontre Ambroise Vollard, Kahnweiler, les Stein, etc. Il commence à acheter des œuvres de Pablo Picasso et de Georges Braque, encore inconnus.

Il contribue à faire également connaître la peinture naïve, et en particulier les œuvres de Henri Rousseau, il organise sa première exposition personnelle en 1909 et publiera en 1911 la première monographie concernant ce peintre. Il se marie en 1908 avec Sarah Stern (Sonia Terk) qui le quitte quelques mois plus tard pour Robert Delaunay.

En 1911, il organise sa seconde exposition pour l’égérie d’Apollinaire, inconnue du public que Pierre Roché, ex amant de celle ci, lui a présenté un an plus tôt, Marie Laurencin.

Il réussit à vendre une aquarelle, Les Jeunes filles, à Rolf de Maré, qui ne comprend rien à l’art moderne, pour une somme exorbitante, quatre mille francs. La vente, reprise dans la presse et commentée dans les salons, lance irréversiblement la carrière de « la nymphe d’Auteuil », qui cependant quittera dès 1913 Uhde pour Paul Rosenberg.

En 1912, Uhde s’installe à Senlis, où il découvre par hasard les réalisations picturales de Séraphine Louis, qu’il encourage et fait connaître à Paris.

En août 1914, la déclaration de guerre l’oblige, en tant que ressortissant d’un pays ennemi, à fuir précipitamment la France. Les biens qu’il avait à Senlis, dont des tableaux de Séraphine, sont dispersés. Par ailleurs, sa magnifique collection, qui comprend notamment 12 toiles de Picasso et 20 de Braque, est confisquée par l’État français, puis vendue aux enchères à l’hôtel Drouot le 31 en mai 1921.

Dans l’Allemagne de Weimar, il lutte pour le pacifisme et s’engage dans certains mouvements de jeunesse. Mais son pays lui devient invivable et il revient en France en 1924. Cette fois, il se met à collectionner ceux qu’il appelle les « primitifs modernes ».

En 1927, il s’installe à Chantilly et, à l’occasion d’une exposition locale à Senlis, reprend contact avec Séraphine Louis qu’il prend largement en charge matériellement. En 1929, il organise une exposition de ces artistes sous le titre Les Peintres du Cœur sacré, puis une autre en 1932 (l’année où Séraphine de Senlis est internée et cesse de peindre) sous le titre Les Primitifs modernes.

En 1928, il publie aux Éditions des Quatre Chemins Picasso et la tradition française, ouvrage dans lequel il développe l’idée que la « mentalité gothique » serait née à la confluence de l’esprit germanique des Francs et de celui des Gallo-romains ; selon lui, Picasso répondrait au gothique, et Braque, davantage au roman.

En 1934, Uhde obtient de Pierre Loeb, propriétaire de la galerie Pierre, sur la Rive gauche à Paris, la première exposition de Balthus (jeune peintre de 26 ans - deuxième fils de Erich Klossowski et de Baladine Klossowska).

À cause de ses écrits pacifiques et de ses ouvrages consacrés à des peintres qualifiés « dégénérés » par le IIIe Reich, il se trouve déchu de sa nationalité allemande par les nazis peu avant la Seconde Guerre mondiale. Il est poursuivi par la Gestapo durant la guerre mais parvient pourtant à leur échapper en se cachant à Saint-Lary ; il a en particulier été protégé pendant quelques mois par Jean Cassou.

Il meurt à Paris en 1947. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Œuvres :

Picasso et la tradition française, Paris : Les Quatre Chemins, 1928 Cinq Maîtres primitif - Rousseau, Vivin, Bombois, Bauchant, Séraphine, préface de Henri Bing-Bodmer, [Librairie Palmes]https://sites.google.com/site/jacquesdanielpeintre/1950, Philippe Daudy Editeur, Paris, 1949 (ASIN B001BNZIXO)

De Bismarck à Picasso, réédité en 2002 Éditions Du Linteau (ISBN 2910342220) Wilhelm Uhde, Von Bismarck bis Picasso : Erinnerungen und Bekenntnisse. Römerhof Verlag, Zürich 2010, (ISBN 978-3-905894-06-6) (Autobiographie mit einem kommentierenden Essay von Prof. Dr. Bernd Roeck).

Sources : Wiki et divers (APPL 2015)

Crédit photo :

Cimetières de France et d’ailleurs.