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CASTORIADIS Cornelius (1922-1997)

6eme division
lundi 16 février 2015.
 

Philosophe français

Cornelius Castoriadis (Κορνήλιος Καστοριάδης), voit le jour le 11 mars 1922 à Constantinople.

Décédé le 26 décembre 1997 à Paris.

Philosophe, économiste et psychanalyste français d’origine grecque, fondateur avec Claude Lefort du groupe Socialisme ou barbarie.

Il consacra une grande part de sa réflexion à la notion d’autonomie, dont il proposa une conceptualisation particulière et qu’il défendit en élaborant un « projet d’autonomie », projet de société visant l’autonomie individuelle et collective, soit une démocratie « radicale », qu’il opposait à l’hétéronomie, constitutive selon lui des sociétés religieuses et traditionnelles, des régimes capitalistes mais aussi du régime de l’URSS.

Son œuvre témoigne de la variété des champs disciplinaires auxquels il s’intéressa : l’épistémologie, l’anthropologie, la politique, l’économie, l’histoire, ou encore la « théorie de l’âme », voire la psychanalyse.

Il est issu d’une famille grecque de Constantinople (Istanbul), capitale de l’Empire ottoman. Dès 1922, comme des dizaines de milliers de Grecs de Turquie, la famille Castoriadis part pour la Grèce et s’installe à Athènes.

Cornelius Castoriadis y fait ses études secondaires, puis étudie le droit et les sciences politiques et économiques. En 1937, alors que la Grèce subit le régime de Métaxas, il entre dans les Jeunesses communistes. En 1941, il devient membre du Parti communiste (KKE), mais le quitte en 1943 et s’affilie au groupe trotskyste de Spyros Priphtès (dit « Agis Stinas (el) »), en butte à l’hostilité à la fois de l’occupant allemand et des communistes orthodoxes de l’EAM-ELAS.

Ayant achevé sa formation à l’université d’Athènes, il vient la compléter à Paris en 1946, grâce à une bourse de l’Institut français d’Athènes alors dirigé par Octave Merlier. Il fait le voyage (via le Pirée, Tarente et Marseille) à bord du Mataroa dans un groupe d’étudiants où se trouvent, entre autres, Kostas Axelos et Kostas Papaioannou.

En 1948, il devient économiste à l’OCDE, poste qu’il occupe jusqu’en 1970.

Socialisme ou barbarie (1949-1967) :

En France, il est membre du Parti communiste internationaliste, qui appartient à la IVe Internationale (trotskiste).

En août 1946, sous le pseudonyme de Chaulieu, il y crée, avec Claude Lefort (dit Montal) une tendance minoritaire, la tendance « Chaulieu-Montal », qui se sépare ensuite du PCI pour constituer le groupe indépendant Socialisme ou barbarie, proche plutôt du communisme de conseils. Une revue du même nom est créée, dont le premier numéro paraît en mars 1949.

Cornelius Castoriadis avec la chorégraphe Clara Gibson Maxwell

En novembre 1956, suite aux événements de Hongrie, il participe avec quelques membres de Socialisme ou barbarie (dont Claude Lefort) à un Cercle international des intellectuels révolutionnaires, où se retrouvent entre autres Georges Bataille, André Breton, Michel Leiris, Edgar Morin et Maurice Nadeau.

En 1958, le groupe Socialisme ou barbarie connaît une scission autour de la question de la constitution d’une organisation révolutionnaire. Claude Lefort et Henri Simon quittent le groupe pour créer ILO, qui devient Informations et correspondances ouvrières (ICO). Castoriadis fait partie de ceux qui maintiennent Socialisme ou barbarie. Une nouvelle scission a lieu en 1963.

Le 13 mars 1964, Castoriadis tient conférence sur le thème « Marxisme et théorie révolutionnaire », et le 15 mai sur la question : « Qu’est-ce qu’être révolutionnaire aujourd’hui ? ».

À partir de 1964, il devient membre de l’École freudienne de Paris (EFP), fondée par Jacques Lacan, auquel il s’opposera dès 1967.

En 1967, le groupe Socialisme ou barbarie se saborde officiellement et publie un texte d’auto-dissolution4.

La psychanalyse :

En 1968, Castoriadis se marie avec Piera Aulagnier.

En 1969, il quitte l’EFP. Il participe à la formation du « Quatrième groupe » (ou Organisation psychanalytique de langue française). Il commence une deuxième analyse didactique avec Jean-Paul Valabrega. Il exerce comme analyste à partir de 1973.

La philosophie :

Castoriadis s’intéresse également à la recherche philosophique. À la fin des années 1970, à partir du livre de François Roustang Un destin si funeste, il écrit dans la revue Topique un long article contre la pensée structuraliste, visant aussi bien Michel Foucault que Roland Barthes, Louis Althusser, Gilles Deleuze et Félix Guattari.

En 1980, il est nommé directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Il meurt le 26 décembre 1997. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (6e division).

Sources : Wiki et divers (APPL 2015) Crédit photo : Portrait de C. Castoriadis par Pablo Secca (APPL 2015)