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CAHEN Claude (1909-1991)

5eme division
vendredi 13 février 2015.
 

Historien français

Claude Cahen, voit le jour le 26 février 1909 à Paris.

Mort le 18 novembre 1991 à Savigny-sur-Orge.

Historien et orientaliste français du xxe siècle.

Professeur à la Sorbonne, il était spécialisé dans l’histoire de l’islam, en particulier le Moyen Âge islamique, les sources musulmanes sur les Croisades et l’histoire de la société islamique au Moyen Âge.

Dès la première moitié des années 1950, Claude Cahen est internationalement reconnu comme le premier spécialiste de l’histoire économique et sociale de l’histoire médiévale.

Né à Paris, Claude-Louis-Alfred Cahen est le fils aîné de Louis-David Cahen et de Geneviève, née Lévy. Son grand-père paternel Alfred Cahen, originaire de Metz, était ingénieur des Ponts et Chaussées. Un de ses oncles maternels était le mathématicien Paul Lévy, membre de l’Académie des Sciences.

Il entre à l’École normale supérieure (rue d’Ulm), puis étudie à l’École nationale des langues orientales. Il est agrégé d’histoire et de géographie en 1932. Après un court passage au lycée d’Amiens en 1933, il est détaché à la Fondation Thiers de 1933 à 1936), puis il part en Turquie des 1936 à 1939. Il adhère au Parti communiste, illégal en 1939, se définissant en tant qu’historien, scientifique, qui utilise la méthodologie du matérialisme dialectique. De 1938 à 1940, il est chargé de cours à l’École des langues orientales et professeur au lycée de Rouen. Il devient docteur en Lettres en 1940.

Mobilisé le 15 avril 1940, il est fait prisonnier de guerre, échappant ainsi à la déportation. Libéré au printemps 1945, il est démobilisé le 9 juin 1945.

Il est nommé professeur le 1er octobre 1945, maître de conférences à l’université de Strasbourg, puis professeur des universités en 1948.

Dans les années 1950, il s’engage dans un débat virulent pour la défense de la pédagogie Freinet, qui subissait alors les attaques du Parti communiste. Pauline Cahen, son épouse, était institutrice, adepte de la méthode Freinet, et Célestin Freinet était à cette époque membre du Parti communiste.

Il quitte l’université de Strasbourg en 1959 lors de sa nomination comme professeur à la Sorbonne et, de 1970 à 1979, il choisit comme rattachement principal l’université Paris-I, où enseignent ses pairs historiens que sont Fossier, Goubert, Toubert, Person, Devisse etc.), et non pas l’Université Paris III.

Claude Cahen ne reprend pas sa carte du Parti communiste en 1960, lors de son arrivée à Paris. Sur le tard, sa vue ayant fortement baissé, il est contraint de ne plus participer aux colloques et des tables rondes où il était invité en tant que spécialiste du monde islamique ou de l’histoire médiévale, thèmes qui lui tenaient pourtant particulièrement à cœur. Aveugle, presque sourd, immobilisé, mais l’esprit toujours aussi vif, Claude Cahen s’éteint le 18 novembre 1991. Son épouse le suit treize mois plus tard.

Défenseur d’une conception très exigeante de la science, très réservé par rapport à tout ce qui ressemblait à un événement mondain, Claude Cahen n’a droit dans le journal Le Monde, à son décès, sous la plume de Maxime Rodinson, qu’à deux petites colonnes placées à la rubrique "Carnet", sans qu’une seule ligne ne soit placée aux informations scientifiques. Maxime Rodinson écrivit alors : « Un très grand savant français, reconnu comme maître par tous ses pairs à l’étranger, vient de disparaître. Il est peu connu du grand public. C’est le prix payé pour son mépris de la facilité. »