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Hommes politiques - Représentants du peuple - Conseillers - Maires

ETIENNE Eugène (1844-1921)

94eme division
lundi 15 décembre 2014.
 

Député et ministre

Eugène Étienne est un homme politique français, né le 15 décembre 1844 à Oran (Algérie) et mort le 13 mai 1921 à Paris.

Affilié à l’Alliance démocratique, il fut avant la Première Guerre mondiale l’un des principaux leaders, avec Auguste d’Arenberg, du « parti colonial », en organisant notamment en 1892 le Groupe colonial et des affaires extérieures à la Chambre des députés.

Eugène Etienne, employé aux Messageries maritimes, soutint Gambetta à son élection de 1869. Il est proche d’Émile Bouchet. En 1878, il est nommé inspecteur des chemins de fer. En 1879, il fonde un cabinet d’avocat avec le député radical et Jules Blancsubé.

Député de l’Algérie française de 1881 à 1919.

Sous-secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies du 7 juin au 12 décembre 1887 dans le gouvernement Maurice Rouvier.

Sous-secrétaire d’État aux Colonies du 14 mars 1889 au 27 février 1892 dans le gouvernement Pierre Tirard et le gouvernement Charles de Freycinet, Ministre de l’Intérieur du 24 janvier au 12 novembre 1905 dans le gouvernement Maurice Rouvier.

Ministre de la Guerre du 12 novembre 1905 au 25 octobre 1906 dans les gouvernements Maurice Rouvier, Maurice Rouvier et Ferdinand Sarrien, Ministre de la Guerre du 21 janvier au 9 décembre 1913 dans les gouvernements Aristide Briand, Aristide Briand et Louis Barthou.

Eugène Étienne préside la Société Gambetta, il est par ailleurs le chef du parti colonial, le fondateur et président du Comité de l’Asie, Comité de l’Afrique française ainsi que du Comité du Maroc. Il fut aussi président du conseil d’administration de la Compagnie Générale des Omnibus et membre du comité consultatif des chemins de fer.

Par un arrêté du 15 août 1907, le gouverneur général de l’Afrique-Occidentale française (AOF), Ernest Roume, nomme en son honneur le port de la baie du Lévrier (Mauritanie), « Port Étienne », aujourd’hui Nouadhibou.

L’influence politique prédominante de ce groupe fit désigner Eugène Étienne comme le leader d’un parti colonial qu’il ne faudrait pas, en commettant un anachronisme, assimiler aux partis politiques contemporains.

En réalité, le parti colonial français, au sens actuel du terme « parti » n’exista jamais. Il n’eut ni comité directeur, ni sections organisées, ni programme strictement défini, ni plate-formes électorales, ni discipline.

Simple intergroupe parlementaire, il rassemblait des députés de droite et de gauche - avec une prépondérance du centre-gauche - qui se retrouvaient lors de la discussion des questions coloniales (ils étaient 125 députés après les élections de 1893).

Le parti colonial encourageait la création de plusieurs groupes de pression tels que l’Union coloniale française (1893) et certains comités spécialisés. Il entretenait d’étroites relations avec le Comité de l’Afrique française (fondé en 1890), disposait d’organes de presse dont le plus connu était la France coloniale, et se livrait à une intense propagande en faveur d’une active politique d’expansion ainsi que de la mise en valeur et du peuplement des colonies.

Il organisait de fréquents banquets, qui lui valaient le qualificatif de « parti où l’on dîne », mais il ne paraissait pas, en dernière analyse, avoir grandement influé sur les décisions gouvernementales.

Au début du XXe siècle, le parti fut affaibli par des scissions. Après la Première Guerre mondiale, il s’occupa assez activement des préparatifs de l’Exposition coloniale de 1931 mais, l’époque de l’expansion étant révolue, il ne retrouva ni dans les milieux politiques ni au Parlement son influence d’avant 1914.

Les programmes d’Eugène Etienne, républicain de gauche, préfiguraient les structures de l’administration algérienne telle qu’elle vont se former à la fin du XIXe siècle.

Champion de l’abandon de la « funeste théorie des rattachements », c’est-à-dire l’assimilation à la France et la direction de, et par, Paris de toute l’administration locale, il réclamait la présence d’un gouverneur responsable.

« Il faut, dit-il, peupler l’Algérie de Français », sous peine de voir un jour « la population française... annihilée par la population étrangère et submergée par la population indigène ».

Il réclamait, avec un acharnement qui aura sa récompense, la création d’un « budget spécial » de l’Algérie laissant à la charge de la métropole les dépenses de souveraineté.

Il repose dans la 94e division.

Sources : Dictionnaire de l’Histoire de France (Larousse - Edition 2005)

-  Eugène Etienne