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Révolution - Empire - Restauration - Monarchie de juillet

POZZO DI BORGO Charles André, comte (1764-1842)

57eme division (1ere ligne, Z, 12)
vendredi 5 décembre 2014.
 

L’autre corse

POZZO DI BORGO CHARLES ANDRÉ (1764-1842)

Division 57 - ligne 1 -Càp 70.466

Né le 8 mars 1764 en corse à Alata, près d’Ajaccio (avant que l’ile devienne française), il grandit à Pise, sa famille est à l’époque alliée politique de la famille Bonaparte, il est alors très proche de Napoléon et de Joseph Bonaparte. Leurs petites noblesses, la famille Buonaparte plus encore que la famille Pozzo di Borgo et leur qualité de Corses leur valurent d’ailleurs d’être traités avec condescendance, voire mépris par la grande noblesse française.

Les deux hommes ont dans leur jeunesse été séduits par les idées de Pascal Paoli, cependant, alors que le « paolisme » de Bonaparte s’estompe à partir de 1792, celui de Pozzo se prolongera jusqu’en 1796.La vie politique de Charles André Pozzo di Borgo a été guidée par la haine qu’il voue à Bonaparte devenu Napoléon.

Charles André Pozzo Di Borgo est partisan de l’intégration politique de son île à la France et lorsque celle-ci obtient le statut de département français, il représente la Corse auprès de l’Assemblée législative de 1791 à 1792. De retour en Corse, Pozzo prend en 1793 l’initiative, avec Pasquale Paoli, d’une rébellion visant à faire passer l’île sous protectorat britannique pendant la brève existence de ce royaume anglo-corse, Pozzo se voit confier la présidence du Conseil d’État et devient le premier personnage politique de l’île.

Après le départ des Britanniques en 1796, Pozzo accompagne sir Gilbert Elliot, ancien vice-roi de la Grande-Bretagne en Corse, à Vienne (1798) où Il restera jusqu’à ce qu’il se mette au service de la Russie, devinant que cette dernière va entrer dans une coalition contre Napoléon. Pozzo mène alors des missions diplomatiques délicates à Vienne et à Constantinople mais Il quitte son poste et se retire à Vienne en 1807 après la paix de Tilsit. En 1813, Quand les hostilités reprennent entre Napoléon et Alexandre Ier, ce dernier le rappelle et il reprend du service. Il obtient le soutien de la Suède contre la France et est promu général de l’armée russe.

Après la défaite de Napoléon et l’accession de Louis XVIII au trône de France, Pozzo est nommé ambassadeur de Russie auprès de la cour de France et devient représentant du tsar au congrès de Vienne.

Pendant les Cent-Jours (1815), Pozzo accompagne Louis XVIII, en Belgique. Après la défaite de l’empereur, Pozzo devient défenseur des intérêts français, le gouvernement récompense alors en l’élevant en 1816 au titre de comte et en 1818 à celui de pair de France.

Après la déposition du roi en juillet 1830, il maintient des relations cordiales entre la Russie et la France malgré les réserves du nouveau tsar, Nicolaï Ier, à reconnaître Louis-Philippe en tant que roi des français. Pozzo sera transféré à l’ambassade de Russie à Londres car sa sympathie pour les Français pourrait nuire aux intérêts du tsar.

En 1827, Il est fait « comte héréditaire de toutes les Russies » par oukases du tsar.

Malade, il quitte son poste et revient en 1839 à Paris où il meurt le 15 février 1842 à l’age de 78 ans.

Le monument dans la 57eme division du cimetière est composé d’une stèle surmontée d’un buste en bronze de 95 cm de haut signé Pistrucci Benedetto.

Sources : diverses dont « pozzo di borgo, diplomate de l’Europe française » Plon 1935 - Yvon TOUSSAINT, "L’autre Corse" Fayard - 2004